31 mars 1999

L'ascension d'un prodige

Michel Blanchard

Pendant que dans les journaux de lundi on n'en avait que pour les Orioles et Fidel, que pour les soeurs Venus et Serena Williams, que pour papa et fiston Duval à Toronto, au Championnat canadien de plongeon, le jeune Alexandre Despatie, 13 ans, fracassait un autre record canadien et obtenait six notes parfaites de 10.

"Du jamais vu", selon son entraîneur Michel Larouche, du club CAMO.

"Si les Jeux de Sydney s'ouvraient demain, Alexandre serait parmi les favoris pour l'obtention d'une médaille."

Il y a trois semaines, en Allemagne, Alexandre est devenu le premier Canadien en 44 ans à récolter une médaille à cette importante compétition.

Qu'est-ce qui, du tremplin de 10 mètres, fait plonger Alexandre si bien ?

"Nous avons véritablement affaire à un phénomène. Une espèce de prodige du plongeon. Lorsqu'il s'est amené à CAMO, à l'âge de cinq ans, on pouvait déjà percevoir en lui les grandes qualités d'un champion. Alexandre avait cette capacité de s'adapter aux situations. Son cerveau réagissait instantanément aux conseils reçus et commandait immédiatement à son corps les ajustements à apporter."

Mais Alexandre n'a que 13 ans. À l'âge où ses compagnons de classe usent leurs souliers sur les planches à roues alignées, Alexandre s'entraîne plus de 20 heures par semaine. Bon an, mal an.

"Même s'il démontre une très grande maturité, il est important qu'Alexandre s'amuse. Et nous veillons à ce qu'il le fasse. Il lui arrive de s'emporter ou de se mettre trop de pression sur les épaules. Ça lui est arrivé après les Jeux du Commonwealth. Il nous incombe alors de lui rappeler que le plongeon n'est qu'un jeu comme tant d'autres."

Le prochain défi de Despatie, maîtriser le plongeon de quatre sauts périlleux et demi avec rotation avant. Actuellement, au monde, seul l'Australien Robert Newbery est en mesure de le réussir. Alexandre sera bientôt le deuxième.

Mais à 13 ans on risque de grandir vite et le processus de croissance qui guette Alexandre au tournant du deuxième millénaire n'est pas sans inquiéter son entraîneur.

"Ses parents sont plutôt petits et nous avons confiance que d'ici aux Jeux de Sydney la morphologie d'Alexandre n'évolue pas trop rapidement. Lorsqu'il est en période de repos, nous suivons son développement musculaire de près. Si sa masse musculaire à tendance à trop se développer, nous reprenons l'entraînement afin de bien canaliser ses énergies. En s'entraînant comme il le fait, l'énergie dépensée "retarde" en quelque sorte sa croissance ".

Au Championnat canadien, rappelons que CAMO a remporté cinq des six épreuves au programme.

Au Canada, en plongeon, il n'y a pas meilleur entraîneur que Michel Larouche et il n'y a pas meilleur club que CAMO.

À CAMO, de la tour de 10 mètres, croit, en finesse et en sagesse, le jeune Alexandre, le meilleur plongeur au monde.

Un prodige.

Un vrai, celui-là.



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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