Alexandre Despatie

le retour à Montréal
après les Jeux du Commonwealth de 1998

23 septembre, 1998

Accueilli em héros à l'aéroport de Dorval

« Mon prochain objectif : les Jeux olympiques de Sydney "
- Alexandre Despatie

Gilles Vachet

Le jeune plongeur lavallois Alexandre Despatie n'oubliera jamais la cérémonie de remise des médailles dimanche à Kuala Lumpur, en Malaisie, ni l'accueil triomphal qu'il a reçu à son arrivée à l'aéroport de Dorval dans la nuit de lundi à mardi.

Rappelons qu'Alexandre Despatie est devenu, à l'âge de 13 ans, le plus jeune médaillé d'or canadien de l'histoire des Jeux du Commonwealth ainsi que le plus jeune médaillé de toute l'histoire des Jeux.

Despatie, qui a quitté le pays il y a un mois pour un camp d'entraînement en Tasmanie (un État du Commonwealth d'Australie) avant de participer aux Jeux, est revenu au Québec à 1 h 10, hier matin.

Ils étaient peut-être moins d'une centaine à l'attendre à l'aéroport, la plupart des parents et amis ainsi que plusieurs représentants des médias, mais on aurait dit qu'ils étaient 1 000 lorsque le petit bonhomme de cinq pieds et 98 livres a été aperçu pour la première fois, descendant tranquillement les marches de l'escalier menant à l'arrivée des voyageurs.

Sous les applaudissements nourris et les cris, Alexandre Despatie s'est jeté dans les bras de sa mère, Christiane, qui pleurait à chaudes larmes.

" Vous ne pouvez imaginer comme je suis heureux d'être enfin arrivé, ont été les premiers mots qu'a prononcés le petit prodige, comme on l'appelle. Je suis fatigué et j'ai vraiment hâte de retrouver mon lit et une vie normale avec mes amis. "Après avoir embrassé les membres de sa famille, il a dû répondre aux questions des représentants des journaux et de la télévision durant une bonne quinzaine de minutes.

" Pour vous dire la vérité, je ne m'attendais pas à voir autant de monde ici cette nuit pour m'accueillir, a-t-il admis en versant quelques larmes. Ça me touche énormément.

" Je sens mon coeur battre à 100 milles à l'heure et j'ai chaud comme ce n'est pas possible. "Reprenant son souffle, Alexandre a répété qu'il était encore surpris d'avoir gagné la médaille d'or à la tour de dix mètres.

" J'aurais été plus que satisfait d'une médaille de bronze, mais aujourd'hui, je peux dire mission accomplie ", a-t-il poursuivi.

" J'ai été surpris parce que je n'étais pas nerveux lors des plongeons. Je l'étais même moins que lors des sélections.

" Mon prochain objectif maintenant est de participer aux Jeux olympiques de Sydney, en Australie, en l'an 2000. "

Un bon Big Mac !
Il a fait rire les gens lorsqu'il a déclaré qu'il avait bien hâte de croquer dans un bon Big Mac. " Ce n'est pas que j'aie mal mangé en Malaisie, mais j'aime bien les Big Mac et il n'y a pas de restaurant McDonald là-bas, a-t-il dit. Pour ce qui est de dormir, les matelas étaient durs comme du ciment. Oui, j'ai bien hâte de retrouver mon lit. "Avant de prendre le chemin de son domicile à Laval-sur-le-Lac, il a promis de ne pas changer, même s'il s'attend de voir sa vie se transformer au cours des prochaines semaines.

" Ce n'est pas parce que j'ai gagné une médaille d'or aux Jeux du Commonwealth que je vais changer de comportement ; je serai toujours la même personne ", a conclu Despatie.

" Après notre mariage, ce fut le plus beau jour de notre vie " ses parents
Une ambiance de fête régnait à l'arrivée des voyageurs à l'aéroport de Dorval une heure avant le retour d'Alexandre Despatie. La famille avait particulièrement hâte de revoir le jeune garçon, après un mois d'absence.

" Nous nous sommes tellement ennuyés de lui, a admis sa mère, Christiane Despatie. C'est la première fois qu'il part aussi longtemps. En février, il nous avait quittés pour deux semaines et ça n'avait pas été facile. "Il va sans dire que la cérémonie de remise des médailles, dimanche dernier, fut très émotive pour Mme Despatie ainsi que pour son mari, Pierre, et pour leur fille, Anouk, âgée de 15 ans.

" Après notre mariage, ce fut le plus beau jour de notre vie, a déclaré Pierre Despatie. Nous avons téléphoné à des amis pour partager notre bonheur avec eux et, à 19 h 30, nous avons sablé le champagne pendant l'hymne national lorsque nous avons vu Alexandre à la télévision. "

Le souffle coupé
À 9 h 15 dimanche matin, les Despatie avaient appris la bonne nouvelle d'un journaliste de la CBC.

" Nous étions en train de prendre le café dans le salon lorsque la sonnerie du téléphone a retenti, a dit Christiane Despatie. Cette nouvelle nous a coupé le souffle. On ne s'attendait jamais à ce qu'Alexandre remporte l'or. "À vrai dire, Anouk est peut-être la seule qui croyait aux chances de son frère de gagner une médaille. " Je le connais parfaitement puisque j'ai plongé avec lui avant de prendre ma retraite, il y a quatre ans, et je savais qu'il était capable de monter sur le podium, a-t-elle affirmé. Par contre, je dois admettre que j'ai moi aussi été surprise qu'il décroche la médaille d'or. "En terminant, Christiane Despatie a promis de veiller à ce que le succès ne monte pas à la tête de son fils. " Nous allons faire en sorte qu'Alexandre demeure aussi simple et humble qu'il l'était auparavant, a-t-elle assuré. C'est notre mission à nous, les parents.

Les parents d'Alexandre Despatie sont un véritable exemple à suivre

Le jeune Alexandre Despatie, 13 ans, nouveau champion québécois en plongeon qui vient d'être couvert d'or, est remarqué dans le milieu du sport d'élite depuis déjà quelques années pour son équilibre et l'environnement très sain dans lequel il évolue. Ses parents ont toujours vu en lui le fils, et non le champion ! La clé de son succès !

Michelle Coudé-Lord

Dans une série intitulée " L'envers de la médaille ", parue dans le Journal de Montréal il y a deux ans, où des psychologues et des spécialistes du sport d'élite analysaient la vie parfois insensée et injuste de ces jeunes compétiteurs, Alexandre Despatie était déjà cité comme un enfant des plus équilibrés.

L'équilibre
Plusieurs jeunes sportifs craquent sous la pression de leur entourage. Pourquoi Alexandre a-t-il pu être préservé ?

Il faut savoir qu'il y a quelques années, les parents d'Alexandre, Christiane et Pierre Despatie, ont respecté le choix de leur fille aînée, Anouk, plongeuse comme son frère, d'abandonner la compétition. Ce qui en dit long sur l'attitude des parents du jeune champion.

" On ne le voit pas sur un podium, il est notre petit garçon. C'est le secret pour ne pas tomber dans la performance à tout prix ", a raconté sa mère, qui avait participé à ce reportage. Leur attitude n'est pas différente aujourd'hui avec Alexandre.

Le Dr Jean Wilkins de la clinique des adolescents de Sainte-Justine a dénoncé à maintes reprises les parents qui rêvaient d'un podium à tout prix pour leurs enfants.

Ce ne fut jamais le cas pour Alexandre Despatie. Déjà ça se sentait il y a deux ans.

La psychologie
Christiane Despatie est professeure de golf et son mari, un homme d'affaires, est aussi entraîneur de ski. La psychologie du sport est primordiale pour ce couple.

" Alexandre est encore un enfant, il ne faut jamais l'oublier. Le sport d'élite à ce niveau est d'une très grande exigence pour un jeune corps. Si je le sens fatigué, nous lui disons d'oublier l'entraînement pour aujourd'hui et de s'accorder du repos. Si on nous passe des remarques sur son petit ventre rond, on ne l'empêchera pas de manger un bon hamburger. Il ne souffrira pas de trouble alimentaire ", a raconté sa mère.

Vivre sa vie
Le sport est un merveilleux monde pour aller chercher tout ce que tu possèdes en toi. Mais il peut aussi détruire si l'enfant est mal guidé.

" Il n'est pas question pour nous que la performance et la compétition lui volent son enfance ", conclut Christiane Despatie.

C'est ainsi que le jeune Alexandre peut poursuivre son rêve olympien sans se faire voler sa propre identité et sa jeune vie !

Un exemple à suivre et un message à tous les parents qui voient en leurs enfants de futurs champions.


De son côté, le quotidien publiait 3 photos de M. Denis Courville, dont vous voyez une partie ci-haut, en couverture de son cahier des Sports, avec le légende

La nouvelle coqueluche du sport québécois ...
Alexandre Despatie est arrivé des Jeux du Commonwealth, à 1 h dans la nuit de lundi à mardi, à Dorval. Le médaillé d'or à la tour de dix mètres a été accueilli par ses parents Christiane et Pierre. Hier, il se retrouvait en conférence de presse pour la deuxième fois en 24 heures, au Centre Claude-Robillard, et la nouvelle coqueluche du sport québécois a fait rigoler bien du monde, dont la plongeuse Anne Montminy et son entraîneur Michel Larouche, à sa gauche. Il a offert de jolies leçons de vie que d'autres athlètes, beaucoup plus vieux, riches et célèbres, auraient avantage à noter, écrit Ronald King en page 5.

Et en page 5 on pouvait lire :

Alexandre Despatie est poursuivi par des journalistes depuis son atterrissage à Dorval à 1 h, dans la nuit de lundi à mardi. La nouvelle coqueluche du sport québécois était au Centre Claude-Robillard, son lieu d'entraînement, hier à 16 h, pour une autre conférence de presse, la deuxième en moins de 24 heures.

Du haut de ses quatre pieds quelque, Alexandre nous a offert de jolies leçons de vie que d'autres athlètes, beaucoup plus vieux, riches a célèbres, auraient avantage à noter.

" C'est pas facile de se faire suivre comme ça par les médias. J'essaie de le prendre le mieux possible. Mais y a pas juste moi qui ai bien fait aux Jeux ( du Commonwealth ). Gênez-vous pas pour interviewer les autres…"

Les autres, c'était Anne Montminy, Anne-Josée Dionne, Myriam Boileau et Philippe Comtois dont les excellents résultats passent un peu inaperçus. Il y avait aussi une vingtaine des confrères et consoeurs du programme Sports-Études de l'école Saint-Exupéry, à Saint-Léonard. Alexandre a d'ailleurs salué tous les amis de l'école ainsi que les gens qui lui ont envoyé " des félicitations, des ballons et des invltations à des partys... "

Il a aussi répondu aux questions avec l'aplomb qui lui permet, à 13 ans, de se mesurer aux meilleurs plongeurs du monde.

Alexandre est-il conscient d'être un modèle pour la jeunesse québécoise ? lui a demandé un des phares de la confrérie.

- Pas vraiment. S'il y en a qui voudraient être comme moi, tant mieux. Sinon, allez-y, restez vous-mêmes… Si j'ai un conseil à donner ? Ne pas lâcher. Des fois ça va mal, mais il ne faut pas lâcher.

- Non , je n'ai pas de blonde. Je ne cherche pas. J'ai toute la vie pour ça.

- J'ai hâte de retourner à l'école. Mes matières préférées ? Je les aime toutes. Peut-être le français un peu moins.

- J'ai déjà voulu être cosmonaute mais, actuellement, je n'ai pas de projets précis.

-En tout cas, si jamais vous avez la chance de vivre ce que je viens de vivre, allez-y. Ça vaut la peine… ( Merci, Alex mais dans mon cas, ça ne sera pas possible cette année. Agenda trop chargé, sans parler de l'agenda biologique).

- Ma médaille ? Je vais la mettre dans ma chambre. Et si un jour elle se retrouve dans un musée, le monde passera devant.

- Sur le tremplin, je me sent libre, complètement libre. Je peux faire tout ce que je veux. Tout le reste n'existe plus dans ma tête.

- J'commence à être fatigué là...

Julio Abate, 13 ans lui aussi, étudie et plonge avec Alexandre Despatie dans le cadre du Sports-Études de Saint-Ex. Il s'agit d'ailleurs d'un ami proche. Julio semblait surpris par une des réactions des étudiants devant les exploits de son copain: " Même les gars du programme de hockey étaient contents ! "

" Tout le monde en parlait. Je pense qu'il va être bien accueilli à son retour. "

" Alex est un super gars. Il est calme et jamais achalant. C'est le fun de I'avoir comme ami. En compétition, Il encourage tout le monde. Il est bon pour encourager les autres. "

Maman Despatie, Christiane, a des nouvelles pour ceux qui voudraient faire de son fils un enfant gâté.

" Jeudi matin, on retourne à l'école et à la routine. Depuis son arrivée, la vie est vraiment épouvantable. Lui et son père sont dépassés par les événements.

" J'imagine que c'est la rançon de la gloire mais ça va se calmer, je vous le promet. Alexandre va demeurer simple et modeste. C'est notre priorité. Le Jour où il risque de changer, les médias vont disparaître, croyez-moi."

On ne vous recommande pas de marcher sur les pieds de Madame Despatie...


Pour lire ce qui a été publié en français après sa victoire à Kuala Lumpur.

Pour lire ce qui a été publié en anglais après sa victoire.



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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