Alexandre Despatie

sa médaille d'or à Kuala Lumpur
aux Jeux du Commonwealth de 1998


Alexandre dans les bras de Toni Ali, d'Angleterre,
(médaillé de bronze au tremplin de 3 mètres)
Cette photo de Frank Gunn de la Presse candienne est la plus grande photo
de première page du quotidien La Presse de Montréal du 21 septembre

Voici ce qu'on pouvait lire sur Alexandre après sa médaille d'or à la tour aux Jeux du Commonwealth à Kuala Lumpur en Malaisie le 20 septembre 98 :

à
le 21 septembre 98 :
Despatie passe à l'histoire des Jeux du Commonwealth
Article également publié dans le quotidien La Presse de Montréal le 21 septembre 98(en page S12) sous le titre :
À 13 ans, Alexandre Despatie passe à l'histoire

KUALA LUMPUR, Malaisie (PC)
Les quelque 3000 spectateurs au Centre national des sports aquatiques de Bukit Jalil, hier, ont assisté à une performance historique et à un moment de grande émotion quand le plongeur Alexandre Despatie est devenu, à l'âge de 13 ans, le plus jeune médaillé d'or canadien de l'histoire des Jeux du Commonwealth.

Il serait également le plus jeune médaillé de l'histoire des Jeux, selon la BBC (British Broadcasting Corporation). Comme l'information est invérifiable auprès de la Fédération des Jeux du Commonwealth, qui ne possède pas de livre de records, on ne peut l'avancer avec certitude. Mais on peut assurément dire qu'il est un des plus jeunes. .

Peu importe, Despatie -- qui est haut comme trois pommmes -- a raflé l'or à la tour de 10 mètres, et il a accompli l'exploit de façon éclatante en amassant presque 47 points de plus que son plus proche rival, l'Australien Robert Newbery. Son score incroyable de 652,110 points aurait peut-être été suffisant pour décrocher un podium aux championnats mondiaux, a souligné son entraîneur Michel Larouche pour faire saisir l'importance du fait d'arme.

"Alexandre est sans doute le premier dans l'histoire du plongeon nord-américain à atteindre un tel niveau d'excellence à l'âge de 13 ans. C'est indescriptible comme performance."

Scènes émotives
Après avoir effectué son dernier plongeon, Despaties s'est jeté dans les bras de son entraîneur après avoir constaté sa victoire au tableau indicateur. "J'ai versé quelques larmes, mais personne ne s'en est rendu compte parce que je sortais de l'eau", a-t-il confié après coup. "C'était incroyable, a commenté Larouche en parlant de l'étreinte. Dans un éclair, j'ai revu tout le travail accompli. C'est un beau cadeau qu'il m'a fait."

Tout près de la scène, ses coéquipiers québécois dans l'équipe canadienne -- Anne-Josée Dionne, Myriam Boileau et Philippe Comtois -- pleuraient de joie. Despatie a agité le drapeau canadien qu'on lui a remis et la foule, qui a tôt fait de l'adopter comme son favori, l'a encore ovationné. Despatie a par la suite été porté en triomphe par le plongeur Anglais Antonio Ali, médaillé de bronze au tremplin de trois mètres.

Quelques minutes après la cérémonie de remise des médailles, au cours de laquelle il n'a montré aucune émotion particulière, Despatie était encerclé par une trentaine de journalistes. "Sur le podium, je ne pensais à rien. Je pensais simplement à mon lit que j'ai hâte de retrouver à mon retour à la maison", a lancé le prodige de Laval, qui avait également hâte de parler à ses parents au téléphone.

Il a dit ne pas réaliser toute l'ampleur de son succès. Il semblait d'ailleurs dépassé par les événements par moments. On l'aurait été à moins. Il était sollicité de toutes parts et la délégation canadienne n'était visiblement pas prête à faire face au tourbillon. "C'est génial, a-t-il répété. Je voudrais remercier les gens qui m'ont encouragé ici ce soir, mes parents, ma famille, mon entraîneur. Je ne sais pas trop quoi dire ou quoi faire. J'ai juste envie d'aller me coucher. Je suis tellement fatiguée."

Note parfaite
Au sujet de la compétition, il a expliqué avoir commencé à croire à la victoire après ses premiers plongeons au cours des qualifications en matinée. "Je me suis dit que j'étais capable de gagner si je continuais de bien faire." A son cinquième plongeon en finale, il a obtenu une note parfaite de 10 du juge de la Malaisie. J'ai été surpris. Je ne ne m'attendais pas à ça." Avant d'effectuer son dernier plongeon, il savait qu'il possédait une bonne avance, mais il n'y a pas pensé. J'étais concentré sur ce que je devais faire."

Pendant qu'il multipliait les entrevues aux abords de la piscine, les plongeurs et les entraîneurs des autres pays hochaient la tête d'admiration. L'Australien Dean Pullar, double médaillé d'argent aux tremplins, n'en revenait tout simplement pas. "Il est petit, n'est-ce pas ?, a-t-il d'abord dit en riant, avant d'ajouter ensuite : C'est exceptionnel ce qu'il a fait. J'ai été grandement impressionné par la constance qu'il a affichée dans ses plongeons. C'est un champion. Il sera assurément un sérieux aspirant pour le titre olympique à Sydney. Dans deux ans, il pourra atteindre le plateau des 700 points."


Dans du mardi 22 septembre 98

La mère d'Alexandre le voit déjà aux Jeux olympiques

Premier de classe, le jeune médaillé d'or en plongeon veut devenir astronaute

JEAN-PAUL CHARBONNEAU

"Il s'est ouvert une porte pour les Jeux olympiques qui auront lieu dans deux ans. Et je suis certaine qu'il va s'y rendre. Il va alors avoir 15 ans, il ne sera pas trop jeune. Des Chinois ont fait les Jeux à 14 ans."

Christiane Despatie avait plus que hâte, hier matin, de serrer dans ses bras son fils, qui a eu 13 ans le 8 juin, et qui devait arriver à lh ce matin à l'aéroport de Dorval. Alexandre, qui vient d'inscrire son nom dans les annales sportives en devenant dimanche le plus jeune médaillé d'or aux Jeux du Commonwealth, en Malaisie, était absent du domicile familial de Laval-sur-le-Lac depuis près d'un mois.

Mme Despatie, aussi mère d'Anouk, une excellente skieuse de 15 ans, a raconté en détail à La Presse le chemin que son fils a parcouru pour arriver à ce premier sommet.

"Alors qu'il avait quatre ou cinq ans, Alexandre plongeait ici dans la piscine. Pour l'encourager, ma mère lui accordait des notes et lui donnait toujours 10.


Alexandre Despatie a été félicité par sa grand-mère pour sa médaille d'or au 3 mètres à la
Compétition internationale CAMO Invitation le 6 décembre 2002. C'est elle qui lui donnait toujours des 10 !
photo : Guy Maguire

Constatant sa facilité pour le plongeon, nous avons contacté Sylvie Bernier - mon mari travaillait avec son conjoint - afin de connaître le meilleur endroit pour suivre des cours. Elle nous a suggéré le club CAMO à Montréal. Après deux séances, l'entraîneur Michel Larouche nous a dit qu'Alexandre avait un potentiel très évident. Je pense qu'il est ce que l'on appelle un "naturel".

Voir aujourd'hui que notre garçon de 13 ans fait les manchettes, ça fait réellement un velours. Nous avons le sentiment du travail accompli, car Alexandre nous avait dit qu'il se rendait à ces jeux pour donner le meilleur de lui-même. Il a livré la marchandise. Nous avons un grand orgueil, non seulement à cause de lui, mais aussi grâce à notre grande fille. J'aurais beaucoup aimé être en Malaisie. J'ai demandé à Alexandre s'il voulait que j'aille, il a dit non mom. Je pense que ma présence aurait pu l'affecter, Il me sait très émotive, je ne voulais pas défaire sa concentration."

Selon Christiane Despatie - une excellente golfeuse et skieuse comme son mari -, Alexandre, qui mesure cinq pieds et pèse 100 livres, est très autonome et il est très bien encadré par ses entraîneurs.

Même s'il s'entraîne de 23 à 30 heures par semaine au centre Claude-Robillard, il ne néglige pas pour autant ses études. Il est en deuxième secondaire à 1'école Saint-Exupéry, à Saint- Léonard, qui offre un programme sport-études. C'est papa ou maman qui vont le reconduire trois fois par semaine le matin ; les deux autres jours, il couche chez sa grand-mère qui habite aussi à Laval, mais dans le quartier Duvernay, pas très loin du centre Claude-Robillard.

Il a une moyenne générale de 89 %. Il est fort en mathématiques. À tous ceux qui lui demandent ce qu'il veut faire plus tard, il dit ne pas le savoir. Mais quand nous sommes seuls, il me dit qu'il aimerait devenir astronaute. Je pense que s'il le désire réellement, il pourra y arriver. Il est extrêmement dur avec lui-même, il est son pire juge."

Médailles et crucifix
Les murs de sa chambre à coucher sont couverts de médailles et de trophées remportés lors de différentes compétitions de plongeon au Québec, au Canada et à 1'extérieur du pays.

Dans un coin, près du lit, il y a un crucifix sur une petite table. "Si vous saviez comment il parle à ce gars-là, en haut! Il ne faut pas que je déplace ça", a confié à La Presse la mère du jeune prodige.

La famille Despatie est préparée à faire face à la "jungle" des médias et de tous ces autres intervenants qui voudraient "le bien d"Alexandre".

"J'ai parlé à Sylvie Bemier hier (dimanche) et elle a fait une mise en garde. Il est très bien entouré par la Fédération et son entraîneur Michel Larouche. Mais nous allons bientôt avoir un conseiller, nous n'avons pas le choix."

Depuis qu'Alexandre s'est lancé dans le plongeon, la famille a dû dépenser des milliers de dollars. "Une chance qu'il ne pratique pas le ski alpin, en plongeon nous avons seulement des maillots à acheter. Nous sommes aidés financièrement par la Fédération. Le billet d'avion pour aller en Malaisie a coûté 3200 $, ce n'est pas nous qui l'avons payé. Je pense que les gouvernements pourraient faire plus", a conclu Mme Despatie juste avant d'aller répondre à une autre équipe de reporters.

Pour lire ce qui a été publié en français après son retour à Montréal.

Pour lire ce qui a été publié en anglais après sa victoire et ce qui a été publié en anglais après le retour d'Alexandre à Montréal.



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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