27 septembre 2004

Si le viel adage dit vrai, Alexandre Despatie avait des ailes quand il a exécuté le plongeon qui lui a procuré la médaille d'argent à Athènes.

Le jeune homme de 19 ans est « tombé » en amour deux semaines avant son départ pour les Jeux olympiques !

Son entraîneur était-il inquiet ?

« Non, je ne suis pas du genre à devenir fou en amour », précise Despatie, comme s'il fallait encore nous convaincre de son calme olympien.

« Et puis, je ne vis pas le sport comme une religion. Je suis sérieux mais je suis aussi convaincu que je performe mieux quand je suis bien dans ma peau. »

Bien dans sa peau, Despatie l'est très certainement ces temps-ci. Fier de ses accomplissements à Athènes, il déguste de longues vacances (six semaines) après de longues années consacrées à son sport. L'an passé, il s'est entraîné six heures par jour et il a été parti 100 jours en compétition.

« En fait, depuis 1998, le plongeon prend toute la place dans ma vie mais je ne me plains pas, c'est ma passion, j'aime tout de cette vie », confie-t-il avec conviction.

« J'aime plonger, j'aime l'eau, j'aime voyager, j'aime les entrevues... Il n'y absolument rien que je n'aime pas ! »

Un gars de party
Et que fait-il quand il n'est pas dans l'eau ?

« J'en profite pour voir mes amis et ma copine et sortir tard », dit Despatie, un client assidu du Bourbon Street dans les Laurentides, la discothèque où sa blonde, Julie Maisonneuve, est barmaid.

« Je suis un gars de party, vous savez, quand je ne suis pas en période de compétition ! »

Despatie en profite aussi pour manger des BigMac et des MacCroquettes.

« Au McDo du Village olympique, je n'ai mangé que des salades », assure-t-il, tandis que nous nous attablons, plus humblement, à un McDonald de Laval, angle Saint-Martin et Le Corbusier.

« Ici, c'est MON McDo. C'est ici que ma mère m'amenait, petit, après le magasinage ou une visite chez mamie», relate-t-il.

Mamie et McDo
Mamie et McDo sont deux personnages-clés dans les succès sportifs de Despatie. C'est Mamie, la grand-mère maternelle de l'athlète, qui, la première, s'est amusée à donner des notes à Despatie et sa soeur aînée, Anouk quand ils exécutaient des plongeons dans la piscine familiale.

« Comme Despatie aimait beaucoup ce jeu nous nous sommes renseignés auprès de Sylvie Bernier pour une école de plongeon et elle nous a orientés vers le Centre Claude-Robillard », raconte Pierre Despatie, le père d'Alexandre, un promoteur immobilier aussi chef entraîneur à la station de ski Chantecler dans les Laurentides.

Très vite le jeune Lavallois se distingue sur les tremplins et décide de se consacrer à ce sport, abandonnant ski et football. Et quand, à 13 ans, il revient des Jeux du Commonwealth avec une 1ère position et déclare rêver d'un BigMac, le grand M jaune est séduit.

Pas millionnaire, mais privilégié
« Mettons les choses au clair, la commandite de McDonald fait de moi un athlète privilégié mais je suis loin d'avoir des millions de dollars en banque comme certains se l'imaginent », souligne Despatie.

« Avec l'aide des gouvernements (1 200 $ par mois du fédéral et un crédit d'impôt de 6 000 $ de Québec) et de McDonald, j'ai ce qu'il me faut pour financer mon entraînement et mes compétitions et en mettre un peu de côté pour ma réorientation après ma carrière sportive, mais c'est tout.

« D'ailleurs, pour que le Canada puisse briller aux Olympiques, il faudrait que tous les athlètes bénéficient de ce minimum de confort financier. »

Et pourquoi faut-il briller aux Olympiques ?

« Parce que les jeunes ont besoin de modèles, pour avoir le goût du sport, de la fierté et de la réussite » répond Despatie.

Questions en rafale

Sa deuxième grande passion ?
La vie.

Son plat préféré ?
Le spaghetti de ma mère.

Ce qu'il pense de l'amour ?
C'est bien d'être en amour, je le souhaite à tout le monde.

S'il revenait dans une autre vie, où son sport n'existait pas, il aimerait être...
Acteur! J'espère d'ailleurs pouvoir le devenir dans ma deuxième vie, après le sport.

Le parfum qui l'allume ?
Ralph pour femmes, de Ralph Lauren.

S'il avait un million de dollars à donner à une bonne cause, ce serait...
Pour les enfants malades, bien sûr. À chaque fois queje visite le Manoir Ronald McDonald, je me demande toujours pourquoi j'ai été si choyé alors que ces enfants sont tellement éprouvés. Ça me bouleverse terriblement.

Son genre de film ?
Scarface. Je l'ai vu 15 fois.

Son type de femme ?
Une fille qui sait ce qu'elle veut et qui est sociable. Pas nécessairement athlétique, mais en forme.

La personnalité publique qu'il aimerait rencontrer ?
L'acteur Colin Farrell.

Sa musique ?
Le classique, le techno, l'alternatif, le pop.

Sa coiffeuse ?
Louise, chez Saint-Laurent Coiffure, sur Le Corbusier à Laval. Depuis queje suis bébé.

Ses loisirs ?
Cinéma, golf, ski.

Son meilleur ami ?
Mon coéquipier Arturo Miranda, c'est comme un frère pour moi.

Un surnom ?
Casper, comme le petit fantôme.

Une règle de vie ?
Pas encore...



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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