22 février 2002

Heureux en plongeon comme Despatie

« Je trouve ça désolant qu'un système puisse faire en sorte qu'on ne juge plus un athlète pour sa performance, mais en fonction de sa nationalité. »

Des articles de Martin Smith

Alexandre Despatie n'a pas apprécié le scandale olympique en patinage artistique.

« Ça coupe les jambes aux athlètes. Ça leur sert à quoi de s'entraîner en sachant d'avance que les dés sont pipés? Aussi bien changer de nationalité pour être sûr de pouvoir, connaître des succès sur la scène internationale. »

Le jeune plongeur affirme ne jamais avoir été témoin de telles magouilles dans son sport de prédilection.

« Comme dans tous les sports jugés, on fait des relations publiques. On voit les juges avant les compétitions. On leur parle. Veut, veut pas, certains vont ressentir plus de sympathie envers un athlète ou un autre.

« Tout le monde le sait, personne ne peut le cacher. Moi aussi, j'ai certaines affinités à l'endroit de certains juges que je préfère aller voir. C'est même considéré comme normal qu'un juge donne un petit peu plus à un athlète parce qu'il a été gentil avec lui.

« Cependant, personnellement, je n'ai jamais vu un juge donner des notes systématiquement plus élevées ou plus basses à un athlète de façon à le favoriser ou à le défavoriser. »

Tous les sports jugés ne peuvent pas être soumis à des manipulations, telles que le vote en bloc, parce que leurs formats diffèrent énormément.

« En patinage artistique, ils ont juste un programme court et un libre. Nous, on passe à travers une qualification, une demi-finale et une finale. Au total, on effectue 16 plongeons. Ça devient presque impossible pour une personne ou un groupe de fausser les résultats. »

Autre facteur à considérer, les enjeux de prestige et d'argent. À peu près tout le monde peut nommer un champion ou une championne de patinage artistique. Ce n'est pas le cas en plongeon.

Pas de blâme aux juges
Par ailleurs, Despatie n'est pas prêt à lancer la première pierre à un juge dont une note plus basse que la moyenne coûterait une médaille à un athlète de même nationalité.

« Un juge peut faire des erreurs comme un athlète ou n'importe qui d'autre. Il donne sa note et quand il compare avec les autres, il se rend compte qu'il n'était pas dedans pantoute.

« J'ai déjà vu ça se produire lors d'une compétition internationale. Le juge canadien était complètement off, ce qui a causé la perte de médaille d'un plongeur que je connais. Doit-on le blâmer pour autant? Ça arrive dans tous les sports jugés. »

Alexandre Despatie recommence très bientôt à se soumettre au regard critique des juges. Dès lundi, il s'envole pour l'Allemagne pour le Grand Prix Springertag de Rostock.

«La saison 2002 commence», dit-il. Et elle sera chargée.

« Je vais aller trois fois en Allemagne et on aura la Coupe du monde en Espagne, à la fin de juin. »

Après avoir vécu les J.O. de Sydney et avoir regardé ceux de Salt Lake City, Despatie est heureux d'avoir opté pour le plongeon.

« Jusqu'à maintenant, conclut-il, j'ai été vraiment jugé en fonction de mes performances, de mon travail sur le tremplin ou sur la tour. »



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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