20 août 2000


À 15 ans, Alexandre va participer à ses premiers Jeux olympiques.
Pour bien montrer qu'il n'entend pas se contenter de participer,
selon la formule consacrée, il vient de réaliser deux grandes performances.
photo : Patrick Sanfaçon

Alexandre Despatie

Alexandre Despatie, le petit prodige de 13 ans qui a remporté la médaille d'or de plongeon à la tour de dix mètres aux Jeux du Commonwealth de Kuala Lumpur en 1998, est de retour. Deux ans plus vieux, six pouces plus grand, le jeune athlète n'a plus la silhouette, gracile, du garçon au seuil de l'adolescence que le Québec fêtait il y a deux ans à son arrivée de Malaisie. Le muscle affirmé a pris du volume, même s'il reste délié. À 15 ans, l'athlète est devenu un jeune homme. Le regard, lui, n'a pas changé : calme et direct, toujours confiant. Depuis trois ans, Alexandre a travaillé avec le même entraîneur Michel Larouche. Depuis le début de l'année 2000, il a participé aux premières compétitions de la Coupe du monde. «Ça n'avait pas très bien marché, constate Alexandre, j'ai été un peu déçu par ma 15e place.» Une déception qui l'a sans doute fouetté. Aux compétitions suivantes, en Russie et en Angleterre, il se classe chaque fois sixième. «Ça, c'était bon !»

Ça allait devenir encore meilleur à Montréal, où il décroche une cinquième place, pour ensuite remporter, en première place, sa qualification pour les Jeux olympiques de Sydney, au mois de septembre.

À l5 ans, Alexandre va participer à premiers Jeux olympiques. Pour bien montrer qu'il n'entend pas se contenter de participer, selon la formule consacrée, il vient de réaliser deux grandes performances : à Thuder Bay, le 22 juillet, il a obtenu 685,59 points, battant son ancienne marque de 683,04 établie lors des championnats nationaux de 1999. Il a obtenu ce jour-là trois notes parfaites de dix : deux pour son deuxième plongeon, un 3 et demi en position groupée, et, une autre pour son 3 et demi avant. La semaine dernière, Alexandre confirmait ses ambitions olympiques en décrochant une quatrième place dans une compétition avec l'élite mondiale de sa discipline à Messine en Sicile. La Presse souligne les excellents résultats du très jeune athlète qui parachève par un travail sans relâche sa préparation pour les Jeux olympiques du mois prochain et nomme pour la seconde fois Alexandre Despatie Personnalité de la semaine.

Avoir été le meilleur plongeur aux Jeux du Commonwealth de 1998 n'a pas changé grand-chose dans la vie d'Alexandre. «Après ? L'entraînement a continué», dit-il très simplement. L'école aussi, en classe sport-études à Antoine-de-Saint-Éxupéry, où il entre en quatrième secondaire en septembre. «Le public s'attend à quelque chose de moi, mais je ne ressens pas de pression. En compétition, l'âge n'a pas d'importance, ni le fait d'être un nouveau ou un champion reconnu.» Et les juges ? «Il y en a qui aiment, d'autres qui n'aiment pas, mais c'est ce qui arrive dans les sports où il y a des juges. Il faut faire face parfois à une certaine forme de favoritisme.» Comme sa place dans le sport, celle, qu'il occupe à l'école est bien définie. «Je ne suis pas différent des autres, sinon que mon parascolaire à moi est un peu chargé. Je ne peux pas faire d'autre sport que le plongeon.»

« L'entraînement, il ne faut jamais prendre ça à la légère, affirme le jeune garçon, extrêmement séreux. C'est 25 heures par semaine, dont de 10 à 12 heures de musculation, surtout au début de la saison.» Pas différent des autres c'est bien certain. Alexandre a toujours le même groupe d'amis. Toujours fidèles, et très attentionnés. Pas question que leur copain champion se blesse stupidement. Alors ils ont démonté son skateboard et chacun en a gardé une pièce. Alexandre ne fait plus de ski avec sa soeur, lui qui aimait tant ça. Pourtant il a souffert d'une douleur au dos qui l'a empêché, l'an dernier, de sauter du 10 mètres. «Je commençais à aimer le 3 mètres. Plus tu viellis, plus c'est dur l'impact de la tour de 10 mètres. Il n'y a pas beaucoup de vieux plongeurs - de 25 ou 28 ans - au 10 mètres. Ils sont tous au 3 mètres.»

Les plans de carrière, un athlète de 15 ans en fait, comme tout le monde. «Je vais faire les Jeux de Sydney, et puis ceux d'Athènes. Mais après...» Dans l'immédiat, il y a aussi les études. Alexandre étudie l'anglais, et il aimerait ajouter l'espagnol. Un point semble pourtant acquis, celui de sa taille. À cinq pieds six, il dépasse déjà son père d'un centimètre. «C'est difficile de grandir, pour un plongeur. Tout devient plus lent. Mais là, c'est stabilisé. j'espère que c'est fini.»

En septembre, Alexandre va partir en Australie avec sa famille, le père administrateur, et ancien marathonien, sa maman professeur de golf et chauffeur, sa soeur cégépienne et skieuse. Sa grand-mère suivra ses exploits à la télévision : «Elle est beaucoup trop nerveuse pour venir sur place !» Et tout de suite après Sydney, Alexandre va prendre un mois de repos bien mérité en allant à l'école, comme tout le monde.



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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