5 août 2003


Philippe nous montrant la première photo de Charlotte.
photo : Guy Maguire

Un double plongeon : Famille et Jeux panaméricains

Le lendemain de la naissance de son premier enfant, le plongeur Philippe Comtois est tombé de haut une seconde fois, littéralement - il participait aux Championnats du monde de natation.

Au moment où son épouse Christiane, le 19 juillet à Montréal, mettait au monde une petite fille d'un poids respectable de huit livres, M. Comtois était à Barcelone (Espagne) où il se préparait à l'épreuve de plongeon synchronisé à la tour de 10 mètres, qui avait lieu le lendemain matin. Tous deux avaient espéré que leur fille, Charlotte, attendrait son retour, deux jours plus tard. Au lieu de cela, il apprit la nouvelle au téléphone ce soir-là.

" On ne peut pas décrire ce que je ressentais : tout était enfin réglé ", déclare M. Comtois en évoquant sa réaction à la nouvelle que lui donna son épouse au téléphone, après un accouchement rapide. " Elle allait bien, mon bébé était parfait. J'étais fier et heureux, mais un peu triste de ne pas être là avec elles. "

Ce fut une soirée pleine d'émotions. Surtout quand on ajoute à la joyeuse nouvelle, un peu plus tôt ce jour-là, la victoire éclatante à la tour, de son coéquipier en plongeon synchronisé, Alexandre Despatie. Pour l'entraîneur Michel Larouche, les deux étaient sans doute quelque peu fatigués et décousus le lendemain matin. Ils finirent en effet en neuvième place au plongeon synchronisé de 10 mètres et ne se qualifièrent donc pas pour les finales. Au début de la compétition, ils avaient aussi fini en neuvième place au plongeon synchronisé de trois mètres. Mais ils se sont rendus aux Championnats du monde pleins de confiance, après avoir décroché trois médailles dans la saison au plongeon de trois mètres sur le circuit du Grand Prix.

Ils sont maintenant chez eux en attendant de se rendre à Saint-Domingue (République dominicaine) pour les Jeux panaméricains, du 3 au 11 août. Ils entendent valoir une médaille en plongeon synchronisé de trois mètres et de dix mètres. Mais ils s'attendent à un défi de taille face aux plongeurs des équipes américaine, cubaine et mexicaine.

Le plongeon synchronisé est devenu un sport olympique officiellement aux Jeux olympiques de Sydney, en 2000, mais aucun membre de l'équipe masculine du Canada ne s'y était qualifié. Anne Montminy et Émilie Heymans avaient remporté la médaille d'argent pour le Canada, cette année-là. Messieurs Comtois et Despatie auront l'occasion de se qualifier en plongeon synchronisé en février prochain, à une rencontre de la coupe du monde, à Athènes.

Individuellement, M. Comtois a pris la 16e place à l'épreuve du plongeon de trois mètres aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996. Il espère être parmi les plongeurs qui participeront à cette même rencontre à Athènes, en 2004. Mais il n'a pas participé au championnat national cette année, à cause d'une blessure peu commune : une perforation du tympan droit, survenue quand il a frappé la surface de l'eau sur le côté, au début juin. Bien que la blessure soit plus gênante que douloureuse, il se soumettra à un examen auditif le mois prochain, pour s'assurer que tout va bien.

Mais cela est peu de chose en comparaison avec ses blessures précédentes - en mars 2000, alors qu'il plongeait au Grand Prix de Sheffield (Grande-Bretagne), M. Comtois a frappé le plongeoir de la jambe gauche. Le choc a causé la déchirure de trois ligaments, la fracture du péroné et, le plus grave, une lésion nerveuse.

Cette année-là, c'est donc à la maison que M. Comtois a suivi les Jeux olympiques de Sydney. Retourné au plongeoir en octobre, il a dû réapprendre à plonger en prenant appel de la jambe droite. Les nerfs de la jambe gauche ne se sont jamais réparés, de sorte qu'il ne peut plus lever les orteils, son pied gauche pointe toujours légèrement vers le bas et il ne peut pas fléchir le genou gauche autant que le droit.

" Aucun doute, ma jambe gauche n'est pas parfaite ", déclare-t-il. " Il faut que je donne un coup de pied chaque fois que je pose le pied par terre. "

Cette année, l'équipe nationale de plongeon a reçu une subvention du Fonds d'excellence du Comité olympique canadien de 92 500 $ pour couvrir ses frais d'entraînement, de compétition et d'appui en sciences des sports. Le Fonds vise les athlètes et les équipes présentant les meilleures chances de réussite aux Jeux panaméricains et aux Jeux olympiques.

Selon M. Larouche, M. Comtois a d'excellentes chances à Athènes en 2004, à condition qu'il maintienne sa concentration sur son plongeon. Cette année, M. Comtois envisage un arrêt temporaire de ses études de comptabilité et de son travail d'entraîneur auprès des jeunes athlètes. Et en tant que parent, les offres de gardiennage ne manquent pas, ainsi que les conseils de ses coéquipiers : " Amuse-toi, profites-en et repose-toi bien ".



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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