En mettant les pieds dans le hall du Centre aquatique Malcolm-Knox, à Pointe-Claire, on voit près du mur du fond une plaque argentée (pratique, le papier d'aluminium) surmontée d'une réplique d'une médaille d'argent des Jeux olympiques de Pékin.

Trois photos de la plongeuse Émilie Heymans y sont apposées, sous un message simple: «Félicitations, Émilie!» Visiblement, le club de plongeon de Pointe-Claire n'a pas tardé à manifester sa fierté de voir l'une des siennes monter sur la deuxième marche du podium aux JO.
Au club où Émilie Heymans s'entraîne depuis 2004, beaucoup de jeunes plongeurs côtoient la triple olympienne (et triple médaillée). La Presse en a rencontré quatre pour discuter de la victoire d'Émilie.
« Ce sont tous des jeunes qui, il n'y a pas si longtemps, se collaient le nez sur la vitre de la piscine pour voir les entraînements d'Émilie », a souligné Gary Malcolm, directeur des sports à la Ville de Pointe-Claire et père de Michelle, une plongeuse de 16 ans.
Hier, ces jeunes étaient plutôt rivés au téléviseur pour voir la plongeuse de Saint-Lambert en route vers le podium.
« Émilie a vraiment bien plongé, et je crois qu'elle était très heureuse avec la médaille d'argent », a dit Michelle, qui, comme Heymans, est une spécialiste de la tour.
Vincent Riendeau, 11 ans, spécialiste des tremplins mais qui songe déjà au 10 mètres, dit remarquer certains points techniques quand il regarde les meilleurs. Son constat : « Émilie a vraiment bien concouru. »
« Elle a plongé de manière très constante », a analysé Sarah Macleod, 14 ans, très bonne à la tour mais plutôt une amateur du 3 mètres. Même à cet âge, Sarah sait que la constance est gage de succès dans son sport.
Pour ces jeunes plongeurs, Émilie Heymans, est, comme Alexandre Despatie, un modèle à suivre. « Elle a une très bonne attitude, a noté Michelle Malcolm. Elle travaille très fort et est très concentrée sur ce qu'elle a à faire. »
« C'est fantastique de la voir aller, a dit Kathleen Tooker, 14 ans, spécialiste des plateformes de 5 et 7,5 mètres. Elle a tellement bien réussi, et elle a commencé comme nous. Elle a eu une médaille d'argent avec les mêmes entraîneurs que nous. »
« C'est une motivation particulière pour nous de voir que ces efforts ont payé », a souligné Michelle Malcolm.
Voilà de quoi encourager ces jeunes athlètes qui s'entraînent de 15 à 25 heures par semaine, presque toute l'année. Ils sont d'ailleurs dans leur courte période de vacances annuelles. Leurs compétitions estivales se sont terminées la semaine dernière, et la saison recommence dès septembre au gymnase.
Chacun se fixe différents objectifs: Michelle Malcolm veut soigner une blessure et retourner sauter de la tour sous peu; Sarah Macleod veut obtenir une bourse d'étude d'une université américaine; Kathleen Tooker voudrait bien atteindre le top 12 national à la tour.
Vincent Riendeau, de son côté, vise une participation aux Mondiaux juniors dans deux ans. «Il brise déjà les records d'Alexandre Despatie au même âge, il est à surveiller», nous a glissé d'ailleurs Gary Malcolm.
Mais si les jeunes croient tous ces objectifs réalisables, c'est qu'ils savent qu'ils sont dans le même chemin qu'a emprunté Émilie Heymans il n'y a pas si longtemps.
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