Pris de maux de dos à deux semaines de l'événement, Alexandre Despatie a eu peur de rater les Jeux olympiques de Pékin. Vraiment très peur.

« Sur une échelle de zéro à 10, son niveau d'inquiétude était à neuf », a raconté Christiane Despatie au lendemain de la médaille d'argent de son fils au tremplin de 3 m, mardi soir. « C'était au point où il m'a appelé pour me dire : "Maman, si je n'ai pas une injection de cortisone, je ne pourrai pas plonger". »
Après tant d'efforts pour retrouver la forme à la suite d'une fracture à un pied, Despatie a commencé à souffrir de maux de dos dès son arrivée au camp de Xi'an. Le plongeur de 23 ans a même raté quelques journées d'entraînement.
« J'ai eu très peur, a révélé Despatie hier matin. Je n'avais pas le goût d'avoir fait tout ce travail pour finalement arriver ici et qu'une autre blessure m'empêche de plonger. J'essayais de rester positif. »
La massothérapeute de l'équipe de plongeon, Jennifer Pendray, a tenté par tous les moyens de régler ce problème récurrent chez Despatie. Les premières séances n'ont pas donné les résultats escomptés. La physio, rongée par le stress, a peiné pour trouver la source du problème. Elle a pleuré de joie et de soulagement après le dernier plongeon de Despatie en finale.
La douleur a dû être jugulée par d'intenses séances de physiothérapie, des anti-inflammatoires et des médicaments antidouleur. Ultimement, une injection de cortisone a été nécessaire.
« On a réussi à contrôler ça, mais ce sera une chose à regarder pour la prochaine saison, a noté Despatie. Je devrai trouver un équilibre au niveau de ma santé. »
En attendant, Despatie comptait savourer un tant soit peu sa deuxième médaille d'argent après celle d'Athènes, en 2004. Cette année-là, sa quatrième place à la tour, à la suite d'une erreur, avait davantage retenu l'attention.
Après une tournée des télévisions canadiennes tard mardi soir, Despatie n'a fermé l'oeil qu'une petite heure avant de retrouver les micros. L'attachée de presse Marie-Annick L'Allier estime que son protégé a donné une cinquantaine d'entrevues dans les 10 heures suivant la cérémonie du podium.
Avec une telle visibilité, on serait porté à croire que Despatie peut maintenant s'asseoir sur son compte en banque. « Pas du tout », a affirmé Pierre Despatie, qui s'occupe des affaires de son fils. Ce dernier a rappelé que le téléphone n'avait pas sonné après la médaille d'Athènes.
« Au Québec, avec les commandites, on est à des lunes et des lunes de ce qui se fait dans les autres pays, a-t-il dit. Alexandre doit songer à son avenir comme tout le monde. Il doit continuer à travailler. »
Conscient que son fils est néanmoins un rare privilégié, M. Despatie s'est ensuite fait porte-parole pour les athlètes québécois moins connus. « C'est un monde un peu injuste, a-t-il dit. Il faut continuer à les encourager. Parfois, une quatrième, une 10e ou une 15e place est aussi méritoire. »
L'an prochain, Alexandre Despatie fêtera ses 10 ans avec McDonald's, son fidèle partenaire. M. Despatie prévoit renouveler une entente jusqu'aux Jeux de Londres, en 2012. Il aimerait trouver d'autres commanditaires avec l'idée de bâtir une relation à long terme basée sur la «complicité et la compréhension».
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