22 août 2008

Partie de loin...

Chaque fois que l'on prononçait le nom de Émilie Heymans, tout de suite, on associait son nom aux athlètes incapables de produire sous la pression. Vous savez, le terrible mot que les athlètes ne veulent jamais entendre : Choke...

Yvon Pedneault

Heymans a finalement chassé les mauvais esprits.

Elle a rayé de son dictionnaire le terrible mot. Un mot qui l'a hanté pendant des années, l'obligeant à consulter des experts, à changer d'entraîneur, à modifier son régime de vie.

Hier, à Pékin, ce fut l'éclosion d'une athlète talentueuse.

Elle a finalement répondu aux comparaisons injustifiées, pour bien des raisons d'ailleurs, qu'elle ne parvenait pas se démarquer au moment où l'enjeu le suggérait comme le fait si bien Alexandre Despatie. Parce que, tout au cours de sa carrière, on a voulu dresser un parallèle entre sa carrière et ses réalisations et la carrière et les réalisations de Despatie.

Despatie se couvrait de gloire, parvenait à monter sur le podium.

Heymans faisait chou blanc, on disait qu'elle ne parviendrait jamais à chasser la tension.

Hier, tout le monde de la natation canadienne se réjouissait de l'exploit de Heymans. Il a fallu que la Chinoise réalise un plongeon parfait pour enlever la médaille d'or à la Canadienne.

Un peu comme Despatie auparavant, cette médaille d'argent signifie beaucoup pour Heymans comme pour tout nageur qui affronte les Chinoises. Il est clair que le monde ne peut rivaliser avec la Chine parce que les méthodes d'entraînement ne sont pas les mêmes.

Les Chinoises s'entrainent six jours par semaine, sept heures par jours, 52 semaines par année.

Que ce soit au Canada ou encore aux États-Unis, on n'impose pas un tel régime aux athlètes et c'est tant mieux.

Mais, si comme l'ont fait Despatie et Heymans au cours des deux derniers jours, on parvient à se faufiler entre les deux représentants de la Chine, il s'agit alors d'un exploit unique, réalisé par des athlètes uniques.

Je me réjouis pour Heymans. A 26 ans, possiblement ses derniers jeux, elle pourra maintenant envisager la retraite avec beaucoup de sérénité. Elle n'aura plus à douter un seul instant de ses capacités. Elle aura démontré, dans des circonstances extrêmement tendues, qu'elle pouvait composer avec la pression. Qu'elle pouvait réaliser ses meilleurs plongeons pour les grands moments.

Elle a finalement réussi.



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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