19 août 2008


Christiane et Pierre Despatie étaient confiants de voirleur fils se remettre de sa ronde préliminaire.
photo : Raynald Leblanc

Alexandre en feu

« Alexandre, c'est un compétiteur, lance Pierre Despatie, assis dans les gradins du Cube d'eau de Pékin tandis que son fils se réchauffe en contre-bas. Ç'a toujours été sa marque de commerce. L'adrénaline, ça ne le dérange pas, çal'alimente. »

Papa a eu raison. Et pas à peu près.

Sous pression comme il l'avait rarement été après des préliminaires frustrantes, son fils Alexandre a sorti une excellente performance en demi-finale, tard hier soir, heure du Québec, et s'est du coup qualifié pour la finale olympique qui se tiendra aujourd'hui (8h30 du matin pour vous).

Et par la grande porte, s'il-vous-plaît: il a quitté le Cube en deuxième position, avec 518,75 points - 65 points de plus qu'en préliminaires -, entre le Chinois He Chong (547,25) et l'autre Chinois en lice, Qin Kai (508,50), troisième.

Du coup, Despatie a clairement passé son message: malgré sa blessure, il constitue bel et bien une menace à la domination chinoise à Pékin.

« Je me sens mieux mentalement, a-t-il lancé près coup. Mais il faut tourner la page tout de suite, faut que je sois meilleur encore en finale. J'ai retrouvé une certaine constance. Chose certaine, la finale promet d'être très relevée. »

Comme tous les parents, Pierre et Christiane Despatie connaissent leur p'tit gars comme s'ils l'avaient tricoté. Ils savaient donc comment il se sentait quelques heures plus tôt, après avoir dû se contenter de la neuvième place aux préliminaires et raté deux plongeons. « Il était fâché, c'est clair, lance Christiane, sa mère. Les erreurs qu'il a commises étaient majeures. »

Sept semaines sans plonger
Despatie, 23 ans, médaillé d'argent au trois mètres aux Jeux d'Athènes il y a quatre ans et aux derniers championnats du monde, c'est la figure de proue de la délégation québécoise. Celui qui fait les pages couvertures, qui est invité dans les talkshows, assurément l'athlète amateur québécois qui se fait le plus reconnaître au centre commercial et au dépanneur. Et avec raison : le gars est sympathique, accessible et ne joue pas à la vedette.

Mais le chemin du Québécois vers la Chine a été marqué par une embûche de taille : cette fameuse blessure à un pied qu'il s'est infligée à l'entraînement, en avril, et qui lui a fait rater sept semaines de travail.

« Ç'a été une année de défis pour lui, à tous les points de vue, rappelle Pierre Despatie. Deux mois sans s'entraîner dans un sport de finition comme le plongeon, c'est énorme.»

Des choses bizarres
Après sa cinquième place au tremplin synchronisé avec Arturo Miranda, il y a quelques jours, Despatie avait promis qu'il serait fin prêt pour l'épreuve individuelle. Mais les choses ont été plus compliquées que prévu lors des préliminaires. « Il est fatiguant !, lance sa mère en soupirant. Il s'est compliqué la vie. »

« C'est à l'image de sa saison », ajoute son père.

Mais Despatie s'est relevé de belle façon, ce qui augure bien pour la finale. Et de toute façon, il faut croire qu'il n'est pas du genre à se laisser ébranler par une performance en demi-teintes. « Aux Jeux, avait-t-il prévenu en débarquant en Chine, il y a toujours des choses bizarres qui arrivent.Toujours. »

L'autre Canadien, Rueben Ross, d'Edmonton, s'est classé 18e et a donc été exclu de la finale.



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