13 août 2008
Si elles avaient réussi leurs deux derniers plongeons... Si seulement elles avaient plongé comme aux sélections olympiques... Si, si, si...

On avait bien des «si» en tête après la septième place (305,91 points) de Roseline Filion et Meaghan Benfeito, tôt hier matin (heure du Québec), à la finale du plongeon synchronisé à la tour, au Cube d'eau de Pékin.
Après tout, le Canada avait remporté une médaille à cette épreuve aux Jeux de Sydney (argent, Anne Montminy et Émilie Heymans) et à ceux d'Athènes (bronze, Heymans et Blythe Hartley). Pas cette fois.
« On vient de vivre une expérience extraordinaire, a dit Filion après l'épreuve gagnée par les Chinoises Wang Xin et Chen Ruolin (363,54), devant les Australiennes (335,16) et les Mexicaines (330,06). Ça n'a pas tourné comme on l'aurait voulu, mais on a été dans la course jusqu'au quatrième plongeon. »
Ce sont leurs deux derniers sauts qui ont éloigné Filion, 21 ans, et Benfeito, 19 ans, du podium, les faisant glisser du quatrième au septième rang.
«C'est une déception, il n'y a pas de doute, a tranché le directeur technique de l'équipe nationale, Mitch Geller. On les imaginait lutter pour une médaille. »
Sereines
Et si elles avaient plongé aussi bien qu'aux sélections olympiques ?
« On aurait eu une médaille, a rétorqué Filion en riant. Mais bon, avec des 'si', on va à Paris. »
« Juste d'être ici constitue pour nous un accomplissement », a dit Benfeito.
« On est quand même jeunes, alors on est venues pour l'expérience. »
« Notre performance aurait pu être meilleure, mais juste d'être ici, c'est quelque chose d'incroyable. »
Les deux jeunes femmes - qui se sont fait connaître en remportant le bronze aux Mondiaux FINA de Montréal, en 2005 - étaient tout à fait souriantes après coup. Pas de larmes, pas de serrement de dents.
« Les gens qui vont voir dans les journaux qu'on a fini septièmes devraient regarder les points et réaliser que la compétition a été serrée », a lancé Filion.
Si, en plus, c'est écrit 'Pékin 2008' au haut de l'article, c'est extraordinaire.
« On a eu du plaisir, on voulait vivre ça pleinement. On ne peut pas avoir de regrets. »
En voilà deux qui vont bien dormir.
Heymans et Marleau
N'empêche que cette septième place sur huit duos a soulevé une autre question un peu délicate, mais inévitable : dans les mêmes circonstances, le duo formé d'Émilie Heymans et de Marie-Ève Marleau, qui a récolté cinq podiums lors de Grands Prix ou de Séries mondiales de plongeon en 2008, aurait-il fait mieux ?
« On ne peut que se poser la question, a répliqué Geller. Mais le jour des sélections olympiques, ce sont Roseline et Meaghan qui ont plongé le mieux. Elles ont pleinement mérité leur place. Émilie et Marie-Ève auraient-elles été meilleures aujourd'hui ? On ne le saura jamais. »
Filion et Benfeito ont souri quand on a abordé le sujet.
« On y a pensé, a admis Filion. Elles ont eu de bons résultats toute l'année. Mais au moment où elles devaient nous battre, nous les avons devancées. »
De toute façon, Geller a apporté un bon point.
« Si Émilie avait été inscrite à l'épreuve synchronisée en plus de l'individuelle, elle aurait probablement été moins prête pour la seconde, a-t-il souligné. Dans tout ça, il faut voir le portrait d'ensemble. »
Remarquez, des «si», on n'en a pas eu qu'au plongeon jusqu'ici à ces Jeux.
Si les escrimeurs Sandra Sassine et Philippe Beaudry n'étaient pas tombés sur les champions olympiques comme deuxièmes adversaires...
Si l'haltérophile coréenne n'avait pas soulevé sa dernière charge pour pousser Christine Girard hors du podium...
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