5 mai 2008

L'équipe canadienne de plongeon a le luxe de compter sur deux duos qui ont le potentiel de monter sur le podium olympique à l'épreuve féminine de 10 m synchronisé. Malheureusement, contingentement oblige, un seul tandem pourra représenter le pays à Pékin cet été.

Médaillées de bronze-surprise des Mondiaux de Montréal, en 2005, Meaghan Benfeito et Roseline Filion font face à une rude concurrence depuis que Marie-Ève Marleau et Émilie Heymans ont été réunies un peu de force l'été dernier pour les Jeux panaméricains de Rio de Janeiro. Elles y ont remporté l'or avant de confirmer leur énorme potentiel avec une médaille d'argent lors de la Coupe du monde de Pékin, en février.
Selon toute vraisemblance, il faudra attendre l'explication finale aux sélections de Victoria, le mois prochain, pour connaître l'identité du duo olympique canadien. En attendant, le niveau d'anxiété et de stress grimpe, même si les quatre plongeuses partagent des liens d'amitié. « Ce sera très stressant et j'ai hâte que ce soit fini ! » lâche candidement Heymans, qui en a pourtant vu d'autres.
Avantage psychologique
Heymans et Marleau se sont peut-être donné un ascendant psychologique sur leurs rivales en prenant le troisième rang lors de la dernière journée de la Coupe Canada de plongeon, hier après-midi, à la piscine du Parc olympique. Benfeito et Filion ont fini cinquième, à moins de 14 points de la troisième marche du podium.
Lors de leur seul duel précédent, à la compétition CAMO Invitation, en décembre, Heymans et Marleau, 26 ans chacune, s'étaient également imposées. « C'est sûr que ça représente un peu un avantage psychologique pour nous et (vis-à-vis) les juges, mais c'est quand même toujours serré entre les deux équipes, a prévenu Heymans. Elles sont très fortes. Alors ça va se décider la journée de la compétition. »
Benfeito, 19 ans, et Filion, 20 ans, partagent cet avis. Ce matin, elles s'envolent pour une compétition en Floride avec la conviction de progresser et galvanisées par leur meilleur score à vie obtenu hier (334,32 points).
« On a eu une période difficile au début de l'année, a souligné Filion. On a eu beaucoup de difficulté avec le synchronisme. Au cours des deux dernières semaines, on s'est vraiment améliorées, ce qu'on a été capables de montrer aujourd'hui. C'est vraiment positif pour nous. »
Si le synchronisme était particulièrement à point hier, Filion s'est reproché l'exécution de son quatrième et avant-dernier plongeon. « Sur le plan individuel, Meaghan a été incroyable. Moi, j'ai fait un peu plus de splash sur les entrées à l'eau, mais ça se corrige à l'entraînement », a assuré Filion avant que sa partenaire ne rappelle qu'il s'agit d'un sport d'équipe.
Quant à Heymans et Marleau, elles pointaient à moins d'un point du premier rang avant le dernier plongeon, mais les Chinoises Chen Ruo Lin et Wang Xin leur ont fermé la porte au nez avec leur meilleur essai des cinq rondes. Les Australiennes Melissa Wu et Briony Cole ont réussi à se glisser entre les deux duos pour cueillir l'argent.
Auteures de 348,03 points, Heymans et Marleau ont fini à huit points de l'or. « On a eu une bonne compétition, mais c'est quand même un peu décevant quand c'est serré comme ça », a souligné Heymans. Les deux partenaires se retrouveront pour la deuxième étape de la série mondiale, les 24 et 25 mai, à Sheffield, en Angleterre.
Les Chinois dominent
Battus lors des premières finales, samedi, les plongeurs chinois ont réaffirmé leur supériorité en balayant les six épreuves suivantes. Ils ont été particulièrement dominants à la tour masculine, dernière finale du week-end. Le gagnant, Zhou Luxin, a soutiré huit notes parfaites de 10 aux juges. Les «clacs» qu'il faisait en pénétrant parfaitement dans l'eau résonnent encore dans nos oreilles.
En dépit de l'absence d'Alexandre Despatie, triple médaillé d'or en 2007, l'équipe canadienne a brillé avec quatre podiums en deux jours. Le spectacle a été excellent, rehaussé par les reprises vidéo diffusées sur l'écran géant flambant neuf. Seule note discordante : les interminables pauses entre les finales, que deux chanteuses dignes de la Castafiore ont contribué à rendre encore plus pénibles.
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