4 mai 2008

La Chine tremble-t-elle ?

Les Chinois par ci, les Chinois par là. À en croire certains, on peut déjà concéder les huit médailles d'or à l'enjeu en plongeon aux prochains Jeux olympiques de Pékin. Avec l'inévitable intox entourant l'événement, on finit par penser que la planète plongeon tourne seulement autour de l'Empire du milieu. Ce n'est pas si vrai.

L'Australienne Melissa Wu et la Canadienne Émilie Heymans en ont fait une éloquente démonstration lors de la finale du 10 mètres à la Coupe Canada de plongeon, hier après-midi, à la piscine du Parc olympique. Constante à chacun de ses cinq essais, Wu a remporté l'or avec 399,25 points. Heymans a monté sur la deuxième marche du podium avec 388,90 points.

Un ton en-dessous, les Chinoises Wang Xin (379,60) et Chen Ruo Lin (366,55), qui occupent pourtant les deux premières places du classement mondial, ont dû se contenter des troisième et quatrième rangs. Un peu plus tôt, au 10 m synchronisé masculin, leurs compatriotes Huo Liang et Lin Yue ont été devancés de justesse par les Russes Gleb Galperin et Dmitriy Dobroskok.

Comme quoi rien ne sera coulé dans le béton quand s'amorcera les compétitions de plongeon dans le Cube d'eau de Pékin, dans moins de 100 jours.

« Dans une année olympique, tout peut arriver, a acquiescé Heymans après la cérémonie des médailles. Il y a beaucoup de stress, de pression, et tout le monde s'entraîne fort. Les surprises, c'est un peu ce qui fait la beauté du sport. C'est sûr que 95% du temps, les Chinoises sont première et deuxième. Ça prouve juste qu'elles sont humaines et qu'elles ne peuvent pas être tout le temps parfaites. »

Analyste invité pour Radio-Canada, Alexandre Despatie a noté des erreurs inhabituelles de la part des compétiteurs chinois, tant en préliminaires que lors des demi-finales.

« On parle d'erreurs majeures, a précisé celui qui soigne une fracture à un pied. On ne voit pas ça souvent en compétition. Est-ce qu'ils sentent la pression parce que les Jeux approchent? Est-ce qu'ils sont fatigués parce qu'ils reviennent d'un voyage ? On ne le sait pas. Mais oui, ils sont humains, les gars comme les filles. En arrivant aux Jeux, ils devront être prêts à composer avec la pression. »

Cela dit, Heymans n'a pas volé sa médaille d'argent. À part une entrée à l'eau un peu déficiente sur son plongeon renversé, elle a été solide d'un bout à l'autre. « C'est sûr qu'il y a toujours des choses à améliorer, mais je serais très satisfaite d'une performance comme ça aux Jeux olympiques », a confié l'ex-championne du monde de la spécialité.

Au-delà de sa prestation en finale, Heymans se félicitait surtout de sa régularité depuis le début de la semaine. « Avec les préliminaires et la demi-finale, ça fait trois bonnes compétitions sans erreur majeure, a noté l'athlète de 26 ans. C'est surtout ça qui me rassure parce que ça veut dire que l'entraînement finit par payer. »

De son côté, Wu a entrepris la finale l'esprit soulagé par la confirmation de sa sélection olympique après les demi-finales de jeudi. La petite athlète au visage espiègle a ainsi pu signer sa première victoire internationale d'importance dans une épreuve individuelle. Tout ça à l'occasion de son 16e anniversaire de naissance !

« C'est très excitant et surprenant, a indiqué Wu, médaillée de bronze l'an dernier à Montréal. Les Chinoises et Émilie sont de très fortes compétitrices, comme les autres participantes à la finale. Mais je savais que si je faisais de mon mieux, je n'avais pas à m'en faire avec le résultat. »

Heureuse cinquième
Roseline Filion, l'autre Canadienne en finale, s'est classée cinquième. Sa réaction ? Hyper contente. Son pointage de 352,40 points égale sa meilleure performance à vie réalisée au début mars, en Chine. « C'est ce que ça prend en s'allant vers les sélections olympiques », a souligné la plongeuse lavalloise.

Filion a d'ailleurs reconnu que l'échéance olympique l'avait plongée dans un état de nervosité inhabituel avant le début de la compétition. Elle s'est demandé comment elle réagirait si elle se retrouvait dans une telle situation à la veille des sélections de Victoria, le mois prochain.

« Je voulais vraiment montrer à tout le monde ce dont j'étais capable, a confié Filion, 12e aux derniers Championnats du monde de Melbourne. Je crois que c'est ce qui m'a rendue un peu plus nerveuse, mais j'ai été capable de me calmer par la suite. »

Duel de titans
Si les plongeurs chinois ont offert une prestation en demi-teinte en début de journée, ils ont drôlement rebondi pour les deux dernières finales. En l'absence de Despatie, champion en titre, He Chong et Kin Qai se sont livré un duel de titans au tremplin de 3 m. Chong a dû friser les 100 points sur son dernier plongeon pour chiper la victoire à son compatriote Kai, champion du monde en titre. Le Japonais Ken Terauchi a complété le podium.

La prestation des Chinois n'a pas inquiété Despatie. « Il y a eu quelques petite erreurs, mais personne en ce moment est dans sa meilleure forme, a souligné le vice-champion mondial. Peu importe les scores qu'ils auraient pu obtenir ici, tout repart à zéro en arrivant aux Jeux. »

Au 3 m synchronisé féminin, les Chinoises Wu Minxia et Guo Jinging, championnes olympiques, ont facilement devancé les Australiennes Briony Cole et Sharleen Stratton. Auteures d'un dernier plongeon couci-couça, les Québécoises Jennifer Abel et Meaghan Benfeito on dû se contenter du bronze.

La Coupe Canada se termine aujourd'hui avec la présentation de quatre finales, dont le 10 m synchronisé féminin où Heymans et Marie-Ève Marleau se mesureront à leurs compatriotes Filion et Benfeito.



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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