30 avril 2008


Despatie, le pied droit toujours immobilisé dans une attelle,
sera forcé de regarder la Coupe Canada depuis la ligne de touche
photo : Armand Tottier

Despatie est patient

Souffrant d'une fracture à un pied, Alexandre Despatie ne veut pas précipiter son retour. Quitte à rater les sélections olympiques de Victoria, du 20 au 22 juillet. Si on le lui permet, bien sûr.

« Pensons aux Jeux olympiques et non aux sélections », a résumé son entraîneur Michel Larouche, hier midi, en marge d'une conférence de presse annonçant la Coupe Canada de plongeon, qui se déroulera de demain à dimanche à la piscine du Parc olympique.

Évidemment, Despatie n'y sera pas, mais l'affiche n'en sera pas moins relevée. Les plongeurs canadiens Émilie Heymans, Blythe Hartley, Roseline Filion, Marie-Ève Marleau, Meaghan Benfeito et Reuben Ross, qui ont tous des visées olympiques, seront de la partie. L'opposition sera relevée puisque la Chine sera représentée par ses meilleurs athlètes, les mêmes qui risquent de monopoliser les podiums olympiques pékinois, du 8 au 24 août. Sans compter l'Australie, la Russie, l'Allemagne, les États-Unis ou le Mexique, qui ont chacun quelques joyaux de la haute voltige dans leur équipe.

Despatie, le pied droit toujours immobilisé dans une attelle, sera forcé de regarder la compétition depuis la ligne de touche. Pas facile pour un athlète qui carbure à la compétition. Son équipe médicale l'a d'ailleurs bien prévenu de ne pas précipiter les choses durant sa convalescence. « Si jamais ça recasse, c'est perdu », a expliqué Despatie, qui avait l'habitude de prendre les bouchées doubles après ses blessures précédentes au cou et au dos.

Presque trois semaines après la fracture, les progrès sont significatifs. L'enflure a presque disparu et la mobilité de son pied s'améliore. La soudure de l'os - il y a une séparation de trois à quatre millimètres - commence à se faire. « Mais c'est encore trop tôt pour qu'il y ait calcification », a précisé Despatie.

La semaine prochaine, le vice-champion du monde au tremplin de 3 mètres reprendra le chemin d'une clinique de la région de Boston pour poursuivre une thérapie mis au point par le Dr Igor Burdenko, le même qui a remis sur pied la patineuse artistique Nancy Kerrigan avant les JO de Lillehammer en 1994. « J'adore ça, a commenté le plongeur lavallois. Le Dr Burdenko est passionné et il croit en ce qu'il fait. Moi aussi. »

Despatie espère pouvoir se débarrasser de sa bottine orthopédique dans trois semaines et retrouver les tremplins dans six semaines. Ce qui le mène au 10 juin, à une dizaine de jours des sélections de Victoria, dont il aimerait bien être dispensé si le besoin s'en fait sentir. « Si je plonge depuis seulement une semaine, je ne me lance pas là-dedans. Je ne veux pas risquer d'aller trop vite ni sauter d'étape », a-t-il mentionné.

Plongeon Canada ne s'est pas encore penché sur la question, mais tout indique que la fédération fera tout en son possible pour satisfaire sa superstar. « Si cela s'avère nécessaire, on a une clause lui permettant d'être exempté des sélections, a indiqué Nancy Brawley, directrice des équipes nationales. La pire chose à faire serait de le forcer à aller trop vite. C'est dans l'intérêt de tous qu'il soit le plus en forme possible aux Jeux olympiques. »



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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