2 mai 2008

Coupe Canada : lutte féroce entre amies

Troisième, quatrième, cinquième Les préliminaires du 10 mètres de la Coupe Canada de plongeon se sont joués dans un mouchoir de poche pour Émilie Heymans, Roseline Filion et Marie-Ève Marleau, hier après-midi, à la piscine du Parc olympique.

Ce résultat est annonciateur des semaines à venir pour les trois plongeuses québécoises, en lutte pour les deux seules places disponibles à l'épreuve de la tour aux Jeux olympiques de Pékin. Si Heymans, championne du monde en 2003, part clairement avec une longueur d'avance, la course entre Filion et Marleau risque de se décider au photo-finish.

« C'est comme une partie de hockey. Tu arrives à la fin et c'est 2-2. Tu as hâte à la prolongation », a résumé Marleau quelques minutes avant les demi-finales auxquelles elle ne participait pas. Les règlements du circuit Grand Prix FINA imposent en effet une limite de deux plongeuses par pays en demi-finale.

Malgré tout, Marleau était loin d'être débinée. Son score de 335,80 points lui permettait en effet d'engranger trois points supplémentaires dans le processus de qualification olympique mis au point par Plongeon Canada. L'athlète de 26 ans a sauvé la mise en réussissant un excellent dernier plongeon en équilibre. Si elle était passée sous les 335 points, elle aurait dû se contenter d'un seul point dans la course aux JO.

On vous épargne les détails, mais les plongeurs canadiens accumulent ces points dans certaines compétitions prédéterminées (Coupe du monde, série mondiale, Grands Prix) jusqu'à l'explication finale, les sélections olympiques nationales de Victoria, du 20 au 22 juin.

Après un hiver difficile, Marleau était soulagée de revenir en force à quelques semaines de l'échéance. « On dirait que j'ai hiberné et là, je ressors, a-t-elle raconté. Oui, j'aurais aimé passer en demi-finale. Mais pour le processus de qualification olympique, il faut que je me concentre sur les points à amasser. J'ai fait ma job. »

Bonne joueuse, Marleau est allée féliciter Filion, auteure elle aussi d'un très bon dernier plongeon en équilibre, ce qui lui a permis d'accéder à l'une des deux demi-finales. Filion s'est ensuite qualifiée pour la finale de demain grâce à son troisième rang dans la demi-finale A.

Les 344,25 points de Filion lui ont aussi valu d'ajouter trois points à son tableau de chasse olympique. « Je suis maintenant rendue à six points, ce qui me place en très bonne position pour les sélections », a-t-elle souligné. Heymans domine grâce à 10 points - le maximum - tandis que Marleau est troisième avec quatre points.

Coéquipières depuis une dizaine d'années au club de plongeon CAMO, château fort de la discipline au Canada, Marleau et Filion sont aussi de bonnes amies dans la vie. Et pas question de sacrifier cette amitié à l'autel de la compétition sportive, quel que soit l'enjeu.

« Les deux, on veut la même affaire, constate Marleau. On est en très grosse compétition ! Mais je ne joue pas dans la tête des gens. Roseline, c'est mon amie, c'est mon amie. Je veux qu'elle fasse de son mieux et je veux faire de mon mieux. Que la meilleure gagne. »

Filion, 20 ans, est tout à fait d'accord : « La compétition est très, très féroce entre Marie-Ève et moi, mais ça se limite seulement à la journée de l'épreuve. C'est important pour l'esprit d'équipe. Pour moi, c'est normal d'être comme ça. On est quand même pas comme deux boxeurs qui s'entraîneraient ensemble le lendemain d'un combat. »

Pour ajouter au tableau, Filion et Marleau seront également opposées dans l'épreuve synchronisée à la tour. La première fait équipe avec Meaghan Benfeito, tandis que la seconde est jumelée à Heymans. Un seul duo représentera le Canada à Pékin.

La double médaillée olympique Anne Montminy a déjà vécu ce genre de lutte à trois pour une place aux Jeux olympiques de Sydney, en 2000. Elle s'était finalement qualifiée avec Heymans, tandis que Myriam Boileau avait dû patienter quatre années de plus avant de goûter aux JO.

Montminy se souvient que la bonne entente prévalait entre les trois plongeuses candidates. « Sinon, on aurait tellement dépensé d'énergie pour des niaiseries, a mentionné celle qui agit comme analyste pour la CBC à la Coupe Canada. Je m'entendais bien avec les deux autres. Il faut dire que j'étais plus vieille (25 ans), ce qui aidait beaucoup. Mais pour que ça fonctionne, il faut que ça vienne des deux côtés. Ça dépend des personnalités. »

Par ailleurs, Heymans, qui a longtemps côtoyé Marleau et Filion au club CAMO, dispose d'un coussin relativement confortable en vertu de ses 10 points en banque. « J'ai moins de pression sur les épaules », a-t-elle convenu en début de semaine.

N'empêche, Heymans se félicitait d'avoir devancé ses deux compatriotes en préliminaires, hier, une tâche moins évidente qu'il n'y paraissait. « Rien n'est coulé dans le béton, a assuré la plongeuse de Saint-Lambert. Je suis capable d'en faire des flops. Et les Canadiennes sont de très bonnes plongeuses. »

Quand même, Heymans doit davantage songer à un podium olympique qu'à sa sélection éventuelle. Avec 372,25 points, elle a fini deuxième de sa ronde demi-finale, à huit points de la meneuse, la Chinoise Wang Xin (380,45). La Chinoise Chen Ruo Lin (401,65) a gagné l'autre demi-finale. La finale de demain représentera donc un excellent prélude aux JO de Pékin. À qui le premier round ?



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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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