Jeanson s'empare de la tête

Burley (Idaho), le 19 juin 2002 – La Montréalaise Geneviève Jeanson de l’équipe cycliste RONA a pris la tête du Challenge féminin Hewlett Packard, en remportant de brillante façon la cinquième étape de l’épreuve aujourd’hui, qui se terminait dans les hauteurs du mont Pomerelle, un centre de ski du sud de l’Idaho. L’athlète de vingt ans a avalé les quelque vingt-quatre kilomètres de l’ultime ascension pour franchir la ligne d’arrivée avec une priorité de 1’ 03’’ sur l’Allemande Judith Arndt (Saturn Timex) et de 1’ 06’’ sur Lyne Bessette de l’équipe nationale du Canada.

Quatrième au classement général avant l’étape d’aujourd’hui, avec un déficit de 1’ 10’’ sur la meneuse Anna Millward (AUS, SaturnTimex), Jeanson dispose maintenant d’une priorité de 55 secondes sur Arndt au temps cumulatif, et de 1’ 24’’ sur l’Américaine Kimberly Bruckner de Saturn Timex. Bessette est dorénavant quatrième au classement général, à 2’ 02’’ de Jeanson. Millward, arrivée 5’ 35’’ après Jeanson aujourd’hui, a été reléguée au septième rang au classement général, à 4' 35" de la nouvelle meneuse.

Jeanson cumule maintenant quatre maillots distinctifs. En plus du maillot bleu de leader de l’épreuve, elle détient également ceux de meneuse aux points, de meilleure grimpeuse et de meilleure jeune (moins de 23 ans). La Néo-Zélandaise Sarah Ulmer détient le maillot de meilleure sprinteuse et la Canadienne Sandy Espeseth celui de meilleure senior (36 ans ou plus).

L’étape a été marquée par une chute impliquant une vingtaine de coureuses. Jolanta Polikeviciute, de l’équipe lituanienne, a dû abandonner à cause de blessures subies lors de cette chute.

Le film de la course
L’étape d’aujourd’hui, la plus longue de la course avec ses 138 kilomètres, comportait deux portions distinctes. D’abord 115 km de route complètement plate, puis une montée en deux paliers vers le centre de ski. Il y avait 87 coureuses au départ.

La mission de l’équipe RONA était simple. Aux coéquipières d’emmener Geneviève Jeanson pour que celle-ci arrive au pied de l’ascension dans un état de fraîcheur maximum. À Jeanson ensuite de s’exprimer en montagne, son terrain de prédilection.

Simple ? Peut-être. Mais il ne faut pas s’y tromper. Les 115 kilomètres de plat n’avaient rien d’une formalité. Ce matin, six équipes pouvaient encore prétendre à la victoire finale : Saturn, RONA, l’équipe canadienne, T Mobile, Itera et l’équipe lituanienne. Tout ce monde avait intérêt soit à multiplier les attaques pour épuiser les RONA et Jeanson avant la montagne, soit à prendre une avance sur le plat, dans l’espoir que Jeanson ne puisse combler son déficit dans les derniers kilomètres. Les RONA se souvenaient de la troisième étape de la Redlands Classic, dont le profil était semblable à celle d’aujourd’hui. Jeanson y avait perdu la course sur la portion plate du parcours parce qu’une certaine … Judith Arndt avait pris sur le plat une avance trop grande, que Jeanson n’avait pas pu surmonter dans l’ascension vers la ligne d’arrivée. Pour les coéquipières de Jeanson - Andrea Hannos (CAN), Melissa Holt (NZL), Amy Jarvis (CAN), Manon Jutras (CAN) et Gail Longenecker (USA) - vigilance et discernement étaient à l’ordre du jour. Il fallait tout voir, mais pas tout chasser.

Dès le départ, les RONA se sont positionnées aux avant-postes et formèrent un bouclier efficace pour leur leader. La question n’était pas de savoir s’il y aurait des attaques avant la montagne. Les questions étaient de savoir quand, et de qui elles viendraient.

Réponses : au vingtième kilomètre, de Saturn Timex.

Plus précisément de la Française Cathy Marsal, qui plaça une puissante accélération. Elle fut suivie par cinq coureuses, mais dont aucune n’était menaçante au classement général : parmi Anita Valen (NOR, Sponsor Service), Emma Davies (GB, Équipe Britannique), Erika Viliunaite (LTU, Lituanie), Stacey Peters (USA, Boise), et Sarah Ulmer (NZL, Équipe NZL), la plus proche au classement était Sarah Ulmer, à 5’ 56’’.

Le groupe resta en tête pendant huit kilomètres sans que son avance dépasse 8 secondes. Dès que le peloton fit la jonction, deux autres Saturn contre-attaquèrent : les Allemandes Petra Rossner et Ina Teutenberg. Huit autres filles sautèrent à bord du train. Aux deux Saturn se joignirent deux Lituaniennes (Zita Urbonaite et Diana Ziliute), deux Boise (les Canadiennes Nicole Demars et Gina Grain) une Sponsor Service (Monica Valen) une Britannique (Melanie Sears), une T Mobile (l’Américaine Kim Anderson) et une Itera (l’Italienne Barbara Lancioni).

Des équipes prétendantes à la victoire finale, seules RONA et l’équipe canadienne n’étaient pas représentées dans l’échappée. Mais les vraies rivales de RONA avaient nom Millward, Bruckner, Arndt, Bessette, Neben et Polkhanova – et elles se trouvaient toutes dans le peloton.

Des dix échappées, seules deux coureuses risquaient de poser un dilemme. Rossner n’était qu’à 1’ 49’’ de Jeanson au général. Elle est loin d’être une grimpeuse, mais elle a affiché des performances étonnantes récemment. Comme le disait Jeanson après l’Étape, « Rossner est une coureuse incroyable, elle est beaucoup plus qu’une sprinteuse et elle impose le respect. » Il fallait savoir jusqu’où on pouvait laisser aller son avance sur le plat. Et il y avait aussi – il y avait surtout - la Lituanienne Diana Ziliute. Non seulement elle est une très bonne grimpeuse, non seulement elle était à moins de trois minutes de Jeanson au général, mais elle avait une équipière dans le groupe. Aubut a toutefois fait le pari que si l’avance devenait vraiment menaçante, les Saturn du peloton devraient chasser pour protéger leur maillot de leader.

Les RONA sont donc restées sagement en tête de peloton, ouvrant la voie à leur leader Jeanson. « Mes coéquipières ont été si efficaces, racontait-elle après l’arrivée, que ma course n’a commencé qu’à 25 kilomètres de l’arrivée. Jusqu’à ce point, elles m’ont portée dans un fauteuil. »

Comme un pêcheur qui laisse sa prise se fatiguer au bout de sa ligne, les RONA ont géré l’écart qui les séparait du groupe de tête. L’écart de vitesse semblait à peu près constant, tant était régulière l’augmentation de l’avance du groupe. Pendant près de 75 kilomètres, à part quelques relais pris par les Goldy’s, les Richard’s et l’équipe britannique, les RONA ont fait le gros du travail devant le peloton.

L’écart monta jusqu’à 4’ 21’’ après 95 km de course. Puis, petit à petit, les pêcheurs de RONA ont resserré la ligne. Il s’agissait de mettre la table pour Jeanson à l’approche de la montagne. Quand le peloton principal se présenta au début de l’ascension, il avait réduit l’écart à 3’ 52’’. Au 115ème kilomètre de course, leur mission accomplie, les Jarvis, Jutras, Holt et Longenecker prirent congé de leur leader et se laissèrent glisser derrière le peloton avec d’autres lâchées en début d’ascension. Hannos allait les imiter un peu plus tard.

Très vite le peloton de 57 coureuses se réduisit à une poignée de filles. Jeanson choisit d’accélérer graduellement. Après un premier petit sommet, il aurait une descente et la vraie montée commencerait. Il ne servait à rien de précipiter les choses.


Geneviève Jeanson
photo : Casey B. Gibson

Au pied de cette dernière ascension, la décisive, il ne restait que quinze coureuses dans le sillage de Jeanson. Un groupe sélect, comprenant Bessette, Bruckner, Arndt, Polkhanova (RUS, Itera), Millward, la cycliste de montagne britannique Caroline Alexander et une nouvelle venue dans ce cercle fermé, la favorite locale Kristin Armstrong. Progressivement Jeanson augmentait la cadence. Une à une, les filles perdirent le contact avec elle. Bessette résista le plus longtemps, mais lâcha prise. Seule, Jeanson commença alors à rattraper les filles de l’échappée. Une à une, elle les laissa sur place. Seule la jeune Italienne Lancioni sauta courageusement dans sa roue lorsque Jeanson passa. Elle lâcha prise au bout de quelques centaines de mètres. Puis les anciennes coéquipières de Saturn, Arndt et Bessette, conjuguèrent leurs efforts et tentèrent de revenir sur Jeanson. Elles réussirent à contenir les dommages. Au sommet, Jeanson leur avait pris 1’ 03’’ et 1’ 06’’ respectivement.

Une vingtaine de minutes plus tard, Jeanson accueillait ses coéquipières qui se présentèrent à l’arrivée groupées, presque en formation, comme elles l’avaient été toute la journée.

Au sommet, Jeanson s’excusait presque que l’écart ne fût pas plus grand. « Je n’avais pas vu la montée avant de la gravir, expliquait-elle, l’an prochain je serai mieux préparée. » Mais elle voulait surtout parler de ses coéquipières. « Prendre le maillot aujourd’hui, c’était un objectif d’équipe. Et nous l’avons atteint collectivement. Les filles ont tout fait pendant 115 km, je n’ai eu qu’à courir pendant les 25 derniers kilomètres, rappelait-elle. Mais je dois dire que j’ai tout donné dans cette portion, je n’aurais pas pu aller plus vite. »

Maillot Bleu (leader du classement général) : Geneviève Jeanson (CAN, RONA)
Maillot rose (leader aux points) : Geneviève Jeanson (CAN, RONA)
Maillot vert (Reine de la montagne) : Geneviève Jeanson (CAN, RONA)
Maillot orange (leader des sprints) : Sarah Ulmer (NZL, Équipe NZL)
Maillot jaune (meilleure jeune- moins de 23 ans) : Geneviève Jeanson (CAN, RONA)
Maillot pomme (meilleure senior – 36 ans ou plus) : Sandy Espeseth (CAN, Équipe Canada)

L’étape de demain, de Burley à Magic Mountain, est longue de 97 km. Elle se termine par une montée d’une vingtaine de kilomètres, dont la pente s’accroît petit à petit.

On trouve un suivi quotidien de la course sur le site veloptimum.net

source : Daniel Larouche, pour l'Équipe RONA


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