9 juin 2007
Parapluie à la main, les spectateurs massés à l'arrivée de la course des meilleures cyclistes au monde ont applaudi le triomphe d'une Allemande, lundi dernier, à Châteauguay.
Michel Thibault
La championne du monde de 2005, Regina Schleicher, une petite blonde avec des cuisses comme des fusées fixées à un torse délicat, a gagné l'épreuve par une roue lors d'un sprint final de peloton sur le boulevard Maple trempé. Elle a bouclé les 109 km à parcourir en 2:45:34. Ce qui donne une moyenne de 39,4 km/h.
Grimpée sur la plus haute marche du podium chaussée de souliers Croc vert pomme, ces sandales de plastique avec des gros trous, Schleicher, de l'équipe Nümberger Versicherung, a reçu plein de félicitations et une nouvelle garde-robe : maillot jaune de la meneuse du Tour du Grand Montréal, maillot de la meilleure sprinteuse, et maillot de la gagnante de l'étape de Châteauguay décoré du logo de la Ville.
Une Australienne, Oenone Wood (T-Mobile), et une Italienne, Giorgia Bronzini (Safi - Pasta Zara Manhattan), ont terminé respectivement deuxième et troisième de la compétition qui a attiré 130 participantes.
La course disputée sur un circuit plat de 12 km ponctué d'une foule de virages arrosés de quelques averses n'a pas favorisé les échappées. Deux coureuses ont tenté de s'enfuir un moment donné. Elles ont pris une avance de 25 secondes que l'essaim a ensuite ravalée.
Assistant pour la plupart à une course cycliste pour la première fois, les gens éparpillés le long du parcours ont apprécié le spectacle. "C'est impressionnant ! Je trouve ça génial !", a commenté Andrée Breen, du marché Laberge de la rue Principale tandis que la sirène de la voiture de police en tête du cortège annonçait l'arrivée des cyclistes, un magnifique chapelet multicolore défilant sous les yeux à vive allure. On sentait son souffle au passage.
"Ouuuuu, Ouuuuu, let's go les filles !!!!" Assis sur le muret qui ceinture l'église Saint-Joachim, Joëlle Poulin, son fils Léandre et leurs amis encourageaient les coureuses avec enthousiasme. "C'est dommage, il n'y a pas beaucoup de monde", a observé la maman.
Il n'y avait pas foule à cet endroit où la Ville avait invité les gens à se rassembler mais les spectateurs étaient tout de même nombreux, selon des dignitaires qui ont eu la chance de faire le tour du parcours.
"Autour du circuit, il y en a du monde, c'est impressionnant", a assuré l'échevin Tony Boffice. "Les petits enfants qui applaudissent avec des grands yeux, c'est quelque chose."
Frédéric Brissette, 9 ans, faisait partie de ces jeunes fascinés. "Hé oui, c'est cool !", a-t-il lancé, collé sur son père Robert. "J'ai vu ça tantôt dans le journal et je me suis dit qu'il ne fallait pas rater ça", a expliqué l'homme.
Postée à la ligne de départ, Marthe Quenneville avait aussi des bons mots. "C'est le fun qu'elles passent ici. On est chanceux." "On est très chanceux", a renchéri son amie Marie-Thérèse Théorêt.
Un autre spectateur, Claude Lévesque, était aussi émerveillé. "C'est fantastique ! Formidable ! C'est une découverte, je ne voulais pas rien manquer", a-t-il confié. "Ça fait connaître la Ville."
M. Shraib a abondé dans le même sens : "C'est très, très beau. On devrait avoir ça plus souvent. Bravo à ceux qui ont organisé ça".
Des mécontents
Mais tous n'étaient pas enchantés. L'événement a entraîné la fermeture de plusieurs rues et artères principales de Châteauguay en pleine heure de pointe du soir, de 17h à 20h.
"Le maire (Sergio Pavone) est déconnecté. Pour ses patentes de bicycles à pédales, on a envoyé 10, 20, 30 tonnes de CO2 dans l'atmosphère. Tout le monde était pris dans le trafic", peste Roch Gingras, un citoyen de Sainte-Martine, dans un message laissé sur le répondeur du journal. "On fait ça une fin de semaine ces affaires-là. Pas en pleine semaine !", ajoute le citoyen en colère. Il termine cependant son message sur une note rigolote : "Merci de m'avoir écouté. Ça fait du bien !"
De retour l'an prochain
Pour le maire Sergio Pavone, il ne fait pas de doute que le plaisir d'accueillir l'élite mondiale du cyclisme dépasse largement les inconvénients. "Les filles vont revenir l'an prochain, c'est certain. On a identifié quelque chose de grand intérêt. Ce n'est pas rien, c'est l'élite mondiale !", a-t-il fait valoir. "C'est un peu comme si la Coupe Stanley se disputait chez nous. On est très fiers."
Comment ça se fait que nous avons ça à Châteauguay ? ont demandé plusieurs au Soleil lundi soir.
Au départ, c'est grâce au député ministre libéral du comté de Châteauguay, Jean-Marc Fournier. Quand il était ministre du Sport et du Loisir, M. Fournier a aidé l'organisateur de la Coupe du monde de cyclisme féminin, Daniel Manibal, à obtenir une licence de l'Union cycliste internationale (UCI) pour la tenue d'un Tour Montréal-Boston. M. Manibal a fait plaisir au ministre Fournier en incluant Châteauguay dans ses plans. Avec l'accord, évidemment, du conseil municipal dirigé par Sergio Pavone.
Le Tour Montréal-(Châteauguay)-Boston devait avoir lieu cet été mais il a été reporté à l'an prochain. Le maire de Châteauguay entend s'activer pour qu'il devienne réalité. "On a une bonne année pour se préparer", dit-il.
Les préparatifs incluront sans doute l'application de quelques tonnes d'asphalte.
Comment était le parcours côté surface de roulement ? "Une catastrophe !", a commenté la Québécoise Karol-Anne Canuel, qui a terminé à 17 secondes de la gagnante. Une consolation : Châteauguay n'est pas une exception. "La route est comme ça partout au Québec. On est habituées", a dit Canuel.
La Ville a veillé à réparer nombre de trous et crevasses sur le parcours avant le passage de la visite mais la tâche à accomplir pour atteindre la perfection dépassait ses capacités financières.
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