GRANBY - Emmitouflés dans d'épaisses couvertures de laine grises, Regina Schleicher, Oenone Wood et Giorgia Bronzini avaient plus l'air de skieuses à la fin d'une descente que de cyclistes, hier soir, à l'issue de la deuxième étape du Tour du Grand Montréal, disputée sous un insistant orage à Granby.

Exactement comme la veille à Châteauguay, l'Allemande Schleicher (Nürnberger) a réglé le sprint de peloton, devançant l'Australienne Wood (T-Mobile) et l'Italienne Bronzini (Safi Pasta) à l'issue des 104 kilomètres de course, un circuit routier de 9,5 km qui comprenait une légère ascension.
Déjà peu bavarde, Schleicher, ex-championne du monde, grelottait tellement qu'elle n'a même pas eu la force de répondre à une seule question après avoir enfilé le maillot jaune de meneuse sur le podium. À peine a-t-elle pu confirmer que c'est son leader, Trixi Worrack, qui lui a mis la table dans les 500 derniers mètres. Au moment d'écrire ces lignes, la cycliste de 33 ans avait retrouvé un peu d'aplomb après la douche et un bon thé chaud.
Les T-Mobile de Wood se sont installées en tête de peloton dans les quatre derniers kilomètres avant de se faire déjouer par les Nürnberger, qui ont finement joué leurs cartes. Wood s'est déportée à droite, souhaitant éviter le vent, mais sans succès. « La prochaine fois, je vais utiliser une autre tactique », a lâché l'Australienne avec un clin d'oeil. Au général, Wood pointe à trois secondes de Schleicher.
Au-delà de ce sprint, ce sont plutôt les conditions météorologiques exécrables qui occupaient les conversations dans l'aire d'arrivée.
Dès le deuxième des 11 tours, le tonnerre, les éclairs et la pluie se sont mis de la partie.
« Ce fut une course folle, a raconté Wood. Les conditions étaient très sévères. Ça tombait dru. Dans un virage, on avait de l'eau presque jusqu'aux genoux... Il y avait aussi du vent et on ne voyait pas grand-chose. C'était difficile de savoir où on se situait dans le peloton. »
Au pire de l'orage, Joëlle Numainville (expresscopy.com) a même souhaité que la course soit annulée. La cycliste de Laval avait toutefois retrouvé son aplomb quand les averses ont cessé avec deux boucles à compléter, obtenant une belle 12e place au sprint.
Pas mal pour une coureuse qui se remettait d'une chute subie la veille. Numainville se frottait encore l'épaule gauche en discutant avec les journalistes après la course. « J'ai de la misère à soulever mon bras. Disons que ça me prend beaucoup plus de temps que mes coéquipières pour m'habiller », a mentionné la jeune coureuse.
Après une expérience difficile au dernier Tour de l'Aude, il y a une dizaine de jours, Numainville se sent beaucoup plus confortable à son troisième Tour du Grand Montréal. « J'étais dans la course, je ne la subissais pas, s'est réjouie la Québécoise, qui mise beaucoup sur cette épreuve. C'est totalement de mon niveau. »
Karol-Ann Canuel, 19 ans, a connu une journée moins heureuse. Une chute et une crevaison au quatrième tour l'ont éjectée du peloton. « Je ne voyais rien et une coureuse devant moi a mis les freins. Je n'ai pas pu freiner à cause de l'eau », a raconté la coureuse d'Amos.
Canuel a tout tenté pour revenir. En vain. Elle a ensuite uni ses efforts à ceux de deux Cubaines pour finir dans les délais, à plus de 15 minutes de la gagnante. Ça lui donnera l'occasion de s'aligner ce matin pour le contre-la-montre de Lachine, qu'elle attend avec impatience.
Sinon, rien à signaler, sinon une échappée de début de course de l'Américaine Anna Milkowski (Target Training), dont l'avance maximale a tout juste dépassé la minute. Les Russes se sont aussi montrées, mais elles devront encore attendre avant de savourer les honneurs.
Ah si, on allait oublier l'abandon de la Française Jeannie Longo, la préférée de quelques lecteurs. Après avoir rouspété en cherchant la table des signatures avant le départ, la grande dame du cyclisme a préféré poser pied à la mi-course pour retrouver ses confortables mocassins. À 48 ans et après on ne sait pas combien de milliers de courses, on lui donne l'absolution inconditionnelle.
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