CHÂTEAUGUAY - Rarement avait-on vu autant de virages sur un circuit routier de 13 kilomètres. Un peu plus et on passait devant chaque adresse de Châteauguay, toute emballée d'accueillir « le monde » en cette première étape du sixième Tour du Grand Montréal.

Sur ce parcours ultra sinueux rendu glissant par un léger crachin, les cracks du sprint se sont exprimées lors d'une arrivée massive, hier soir.
Et pas n'importe lesquelles. L'Allemande Regina Schleicher, championne du monde en 2005, s'est imposée devant l'Australienne Oenone Wood, leader du classement de la Coupe du monde en 2004 et 2005, et l'Italienne Giorgia Bronzini, gagnante de trois étapes du Tour d'Italie en 2005.
Bref, les Châteauguois, dont plusieurs ont assisté à la course depuis leur parterre, en ont eu pour leur argent.
Pour Schleicher, il s'agit d'une quatrième victoire au Canada. L'Allemande avait remporté une étape du Tour du Grand Montréal 2004 et deux étapes du Grand Prix féminin international 2003, une course disputée en Estrie malheureusement disparue.
« Ça a été un sprint très difficile, je ne pensais pas gagner, a candidement admis Schleicher avant de cueillir les fleurs et d'enfiler le premier maillot jaune de leader sur le podium. J'ai eu un bon printemps avec quelques victoires et j'ai été malade par la suite. Je me sens mieux maintenant. Je suis ici pour préparer le prochain Tour d'Italie. »
Fortement représentée en tête de peloton, la T-Mobile de Judith Arndt a contrôlé une bonne partie de l'étape de 109 kilomètres, couvrant chaque tentative d'échappée. La Nürnberger de Schleicher a cependant surgi dans le dernier kilomètre. Le leader Trixi Worrack, particulièrement en jambes hier comme en témoignent ses deux deuxièmes places dans les sprints de bonification, a mis la table pour son équipière dans les 500 derniers mètres.
Manifestement, le match T-Mobile-Nürnberger, clairement les deux équipes les plus puissantes du peloton de 130 coureuses, sera plus serrée que prévu. « Ce sont mes coéquipières qui ont contrôlé la course », a précisé Schleicher quand on lui a parlé de la performance des dames en rose de la T-Mobile.
« Regina était tout simplement plus rapide que moi aujourd'hui. Mais notre but est de gagner le Tour », a répliqué Wood, qui accuse un retard d'une seconde sur la première place au général.
Très technique, le parcours exempt de toute ligne droite favoriserait les échappées, pensait-on.
Mais la nervosité du début de course - le peloton plutôt hétéroclite en était encore à identifier les leaders potentielles - et la chaussée mouillée ont produit une course sans grand mouvement au rythme irrégulier.
Une seule échappée a marqué la journée, celle menée par Gina Grain, une pistarde originaire de Lachine, et de la Néo-Zélandaise Toni Bradshaw. L'avance des deux fuyardes n'a cependant jamais dépassé les 25 secondes. La Néo-Zélandaise Melissa Holt a aussi tenté sa chance dans le dernier tour, sans succès.
« Avec la pluie, il était difficile pour une coureuse seule de prendre les virages à grande vitesse », a expliqué Christine Thorburn, gagnante du Tour l'an dernier. L'Américaine a fini 55e, dans le même temps que Schleicher.
Six Canadiennes ont également complété l'épreuve dans le peloton principal de 73 coureuses, dont Anne Samplonius et la championne nationale Alex Wrubleski.
La Québécoise Karol-Ann Canuel, 19 ans, croyait qu'elle était du lot, mais une fracture du peloton dans les derniers kilomètres l'a reléguée à 17 secondes de la gagnante. Coincée en milieu de peloton, la cycliste d'Amos a payé le prix lors des nombreuses relances. « C'était comme un long critérium de trois heures ! » a résumé Canuel, qui s'est accrochée.
Cette performance effaçait sa déception de samedi alors qu'elle avait dû abandonner à sa première participation à la Coupe du monde du mont Royal. « Ça fait du bien mentalement, a confié Canuel, le visage barbouillé de noir, au sujet de sa prestation d'hier. Sur le mont Royal, j'avais abandonné mentalement. J'étais trop impressionnée,. C'était vraiment stressant. »
C'est donc avec une confiance renouvelée que Canuel abordera la deuxième étape du Tour du Grand Montréal, un circuit routier de 104 kilomètres présenté à Granby. De toute évidence, le Grand Montréal » prend de l'expansion.
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