Le Tour Trans-Canada
7 septembre 1999

8 septembre 1999

Fraser chute, se relève, crève...
et Michaelsen l'emporte

Robin toujours en rouge après l'étape Laval-Hull

Paul Roy

La caravane roule à plus de 50 à l'heure derrière un peloton de 90 coureurs lancé à bloc. Nous approchons de Hull. Nous voilà au 160e kilomètre d'une étape qui en comporte 179. Tout à coup, le peloton se déporte à gauche pour éviter un obstacle. C'est un coureur qui est étendu sous la pluie. Il vient tout juste de tomber, il a encore les jambes emmêlées dans son vélo. Il ne paraît pas blessé. C'est le maillot vert, le meilleur sprinter... C'est Gordon Fraser !

Vainqueur de deux étapes depuis le début du tour, Fraser vient de Nepean, du côté ontarien de la rivière des Outaouais. Sa mère et sa soeur sont dans les estrades. Il l'avait dit, il voulait cette étape. Il ne l'aura pas.

Mais attention ! Toute l'équipe Mercury s'est arrêtée, ils vont essayer de ramener leur leader dans le peloton. À l'avant, la course se poursuit à toute vitesse. Six coureurs sont en échappée, mais le peloton se rapproche. Plus qu'une trentaine de secondes de retard. De la caravane, on regarde régulièrement derrière : rien.

Puis, on aperçoit des formes qui serpentent entre les véhicules. Trois maillots de la Mercury Cycling Team suivis d'un maillot vert. Fraser rapplique !

Prrécédé de ses hommes, il double la caravane et rejoint le peloton. Plus que neuf kilomètres pour joindre les échappés. Ce sera juste. À deux kilomètres de l'arrivée, le « groupe des six » est encore à 18 secondes. Trop tard. D'ailleurs, Fraser s'arrête, il vient de crever...

Lars Michaelsen, de La Française des jeux, déjà vainqueur de la première étape, vendredi, à Québec, l'emportera au sprint devant Volker Ordowski, de l'équipe allemande Team Gerolsteiner, et Jaroslav Bilek, de l'équipe tchèque WÂstenrot ZVVZ.

Un résultat qui n'affecte pas le classement général : Jean-Cyril Robin, coéquipier de Michaelsen à la Française des jeux, conserve le maillot rouge de leader ; Guido Trentin, de l'équipe italienne Vini Caldirola, pointe toujours deuxième à 28 secondes ; et Vincent Cali, de l'équipe belge Home Market-Ville de Charleroi, est troisième à une minute.

En échappée avec cinq adversaires depuis une vingtaine de kilomètres, Michaelsen n'a pas eu trop de difficulté à remporter le sprint final. Il était frais comme une rose, n'ayant pris aucun des relais, se contentant de suivre ses cinq « compagnons ». Pourquoi les aurait-il aidés ? Jean-Cyril Robin, leader de son équipe et, surtout, leader au classement général, était dans le peloton de chasse.

Étape de plat hier, mais courue à vive allure. Michaelsen a franchi les 179,10 kilomètres en 4 h 03:52, à la vitesse moyenne de 44 km / h. Une journée ponctuée de très nombreuses attaques, dont la toute première portée dans le deuxième ou le troisième kilomètre par Alexandre Lavallée, de l'équipe du Canada.

C'est la dernière échappée, lancée un peu avant le 160e kilomètre qui sera la bonne. Outre les trois qui ont fini en tête, on y retrouvait le Canadien Brian Walton (Saturn), l'Américain Michael Sayers (Mercury) et le Français Noam Lelarge (équipe nationale de France).

Les 89 coureurs restants devraient rouler encore sous la pluie aujourd'hui entre Hull / Ottawa et Kingston l'étape la plus longue du tour (206 kilomètres).

BLOC-NOTES

Gianni Vignaduzzi est au Tour Trans-Canada. Le coureur d'origine montréalaise, qui est demeuré en Italie après y être allé courir comme professionnel, au début des années 1990, est ici avec l'équipe italienne Vini Caldirola. Non, il ne court plus. Il masse. Et il distribue des bouteilles aux coureurs le long de la route. Et il revoit de vieux copains, dont l'ex-coureur Didier Cojan, qui est le chauffeur du médecin du tour. « J'étais son finisseur, rappelle Cojan. Je l'amenais de 500 mètres à 300 mètres (de l'arrivée), et Gianni remportait habituellement le sprint. » Vignaduzzi, 33 ans, a pris sa retraite de la compétition il y a cinq ans. Il parle couramment l'italien, l'aglais et le français et travaille maintenant comme interprète pour l'OTAN à Aviano.

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On en voit et on en entend de toutes les couleurs sur la route du tour. Hier, entre Laval et Hull, on a vu une moto de la SQ renversée dans le fossé et trois véhicules de la caravane - deux de l'équipe canadienne et une de l'équipe Mercury - emboîtées les unes dans les autres. Pas de blessés dans les deux cas. La veille, lors de l'étape de Montréal, on avait entendu le directeur sportif de La Française des jeux, Alain Gallopin, engueuler vertement deux de ses coureurs. Jimmy Casper et Franck Perque se montraient trop à l'avant à son goût, faisant tout le travail pour les autres équipes. S'approchant de Perque, il lui avait crié de son véhicule: « Tu vas plus en avant, tu bouges plus d'un millimètre, t'es con ou quoi ! »

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Sylvain Beauchamp, de l'équipe du Canada, qui a dégringolé au classement général lors de l'étape de Montréal, a eu ce commentaire au départ de Laval, hier matin : « Dure journée au bureau ! » Sylvain a d'ailleurs dû abandonner après 15 kilomètres, une blessure à un genou le faisant trop souffrir. Avec l'abandon de Rodney Henderson la veille, l'équipe du Canada ne compte plus que quatre coureurs : Dominique Perras, qui pointe 10e à 4:50 minutes; Mark Walters, 2le à 9:24; Eric Wohlberg, 33e à 12:18 ; et Alexandre Lavallée, 53e à 31:10. Alexandre, le plus jeune de l'équipe, à 22 ans, a été de plusieurs attaques hier.



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