Le Tour Trans-Canada
6 septembre 1999

7 septembre 1999

Robin en rouge

Le mont Royal rebrasse les cartes du Tour Trans-Canada

Paul Roy

Quand on lui a demandé, après sa victoire, comment se gagnait une épreuve cycliste comme celle d'hier sur le mont Royal, Jean-Cyril Robin a eu cette réponse toute simple : « On se met debout sur les pédales et on appuie très très fort. Et ça fait très très mal.»

L'équipier de La Française des jeux, qui a franchi les 123,2 kilomètres d'hier en 3 h 02 min 34 (moyenne de 40,49 km/h), n'avait pourtant pas l'air trop souffrant, hier après-midi, quand il a enfilé le maillot rouge de leader du Tour Trans-Canada, qu'avait porté depuis la première étape son coéquipier Lars Michaelsen. Vainqueur à Québec vendredi dernier, Michaelsen avait dit redouter le mont Royal, qu'il ne connaissait pas, mais dont il avait entendu parler. Il avait raison : il pointe désormais 15e, à 8.28 minutes.

En appuyant fort sur ses pédales hier, par moments sous une pluie battante, Robin a d'ailleurs effectué un sérieux ménage parmi les prétendants à la victoire finale. On peut sans doute maintenant les compter sur les doigts d'une main : Guido Trentin, de la Vini Caldirola, qui a fini deuxième hier et qui pointe à 28 secondes ; Vincent Cali, de la Home Market - Ville de Charleroi, à une minute ; Christopher Horner, de la Française des jeux, à 1.44 ; Leif Hoste, de la Mapei-Quick Step, à 1.56...

Cali a joué de malchance hier, crevant avant la dernière montée. Robin, qui s'amenait dans la roue de son coéquipier Horner, est passé comme une balle et a disputé la dernière ascension à Trentin.

« J'ai eu de la misère à le décrocher », a dit Robin, du coureur italien.

Chose certaine, ça brassait en avant, durant le dernier tour. « Ça roulait à bloc, a raconté Robin. Et le 74 (Levy Leipheimer, de l'équipe Saturn) contre-attaquait sans arrêt. »

- Croyez-vous vous être assuré de la victoire finale ?
- Non, c'est loin d'être gagné : il y a encore le contre-la- montre (à Fort Érie, dimanche prochain) et Hoste est fort contre la montre...
- Et vous, en contre-la-montre ?
- Plutôt moyen...

Robin croit d'ailleurs que plusieurs étapes, avant celle de Fort Érié, peuvent receler des pièges. « Faudra être vigilant.. »

Si le mont Royal a rebrassé les cartes au sein du peloton, il a également permiss au coureur Dominique Perras, de l'équipe du Canada, de s'illustrer de belle façon. Le jeune honnne a terminé 10e, à 1:06 du vainqueur, ayant roulé dans le groupe de tête presque toute la course.

Blessé la veille, lors d'une chute entre Trois-Rivières et Montréal, Dominique dit avoir eu peur, par moments, sous la pluie. « Mes pneus glissaient, je ne voulais pas rechuter... »

Seul de son équipe dans l'échappée qui a compté jusqu'à 16 coureurs -la plupart des équipes qui y étaient représentées par au moins deux coureurs -, il dit avoir trouvé le temps long. « Ça s'attaquait à tour de rôle là-dedans. Moi, je ne pouvais pas y aller à tous les coups. »

Sa performance lui a permis de passer de la 46e à la 10e place. Il pointe maintenant à 4:50. Ses coéquipiers de l'équipe canadienne, par contre, ont tous reculé : Mark Walters est à 9:24 ; Sylvain Beauchamp à 11:09 ; Eric Wohlberg à 12:18 et Alexandre Lavallée à 32:10.

Cinq coureurs n'ont pu compléter l'épreuve, dont Axel Merckx, de la Mapei.

L'ontarien Gordon Fraser, de l'équipe américaine Mercury, qui avait gagné au sprint les deux étapes précédentes - dont celle, dimanche, de Trois-Rivières à Montréal -, a mis la pédale douce hier. Il se réserve pour les épreuves de plat et les arrivées au sprint, comme ce sera le cas aujourd'hui, alors que le peloton quittera à l'hôtel de ville de Laval à 10 h 30 en direction de Hull.

Fraser, qui vient de Nepean,de l'autre côté de la rivière Outaouais, a dit hier qu'il allait être, « très motivé » aujour- d'hui.


7 septembre 1999

«C'est Lyman le plus courageux! »

Paul Roy

Le cycliste de Hull a couru avec un poignet cassé

Élic Lyman a été le dernier coureur présenté à la foule de Trois-Rivières dimanche matin. Pendant que les 94 autres montaient à tour de rôle signer gner le livre du départ, lui se cherchait une attelle pour contraindre son poignet droit, fracturé lors de l'étape de 14 veille entre Québec et Trois-Rivières.

- Connaissez-vous une pharmacie ouverte à cette heure-ci ?

Quand il est monté sur l'estrade, il n'avait toujours pas trouvé son attelle. Et quand l'annonceur de la course, Louis Bertrand, lui a demandé comment il se sentait, le coureur de 26 ans de l'équipe Jet Fuel Coffee a eu peine à retenir ses larmes. « Ce matin, j'ai en de la misère à me brosser les dents, a-t-il répondu, des sanglots dans la voix. Alors excusez-moi si je n' ai pas la bouche fraîche. »

Il s'en est finalement trouvé une, attelle. Il rayonnait. Ne lui restait plus qu'à franchir 179 kilomètres à plus de 40 à l'heure avec un poignet cassé !

Il l'a fait. « Je vais essayer de passer l'étape du mont Royal pour pouvoir prendre le départ de Laval-Hull mardi », confiait-il à l'arrivée.

- Pourquoi cette étape en particulier ?
- Parce que je veux que ma mère me voit arriver (elle habite Hull).

Éric a franchi le mont Royal hier. Mais hors-délai... Son Tour Trans-Canada est fini.

Pour le Dr Anne Mills, médecin du tour, Éric méritait amplement le titre de « coureur le plus combatif », décerné au meneur d'une échappée, dimanche. « C'est Lyman, le plus courageux», répétait-elle.


7 septembre 1999

Un Tour pour toujours ?

MONTREAL, 7 septembre 1999 - L'étape reine de cette première édition du Tour Trans-Canada, courue lundi autour du mont Royal, a tenu ses promesses. Mais en marge de cette quatrième étape, plusieurs aspects relatifs à l'avenir de ce Tour, à son organisation, à l'accueil du public et à la qualité de la compétition, méritent d'être analysés.

En effet, si la plupart des équipes engagées font partie de l'élite du cyclisme mondial, et que certains des coureurs présents, notamment ceux de La Française des Jeux, ne sont plus à présenter, il faudrait s'interroger sur la pertinence de tenir cette première édition en même temps qu'une des compétitions majeures de la discipline, à savoir le Tour d'Espagne.

Interrogé à ce sujet, Vincent Cali, le coureur de la formation belge Home Market de Charleroi et qui a été un des animateurs de l'étape montréalaise, estime au contraire que le calendrier est adéquat: il permet aux coureurs qui ne peuvent pas ou choisissent de ne pas participer au Tour d'Espagne, de peaufiner leur préparation...

Et l'organisation ?

Pour qu'un Tour de cette envergure s'installe durablement sur l'échiquier du cyclisme international, il faudrait que l'organisation en soit tout simplement impeccable. Au vu de ce qu'ils nous ont montré depuis le début de cette première édition, Serge Arsenault, le directeur du Tour, et son équipe semblent tout à fait prêts à relever le défi et peuvent en plus compter sur la collaboration des différents paliers de gouvernements. D'ailleurs, les coureurs n'ont jusqu'à présent que de bons mots à l'endroit des organisateurs. Il faudrait par contre songer à préparer et sensibiliser la population sur les désagréments que peut provoquer le passage du peloton...

L'accueil du public a été justement quelque peu mitigé, du moins jusqu'à Montréal, où malgré la pluie, des centaines d'irréductibles n'ont pas cessé d'encourager les coureurs tout au long des pentes boisées du mont Royal. Une meilleure médiatisation, la venue de noms prestigieux et de bons résultats des coureurs locaux, permettraient sûrement de susciter encore plus d'intérêt.

Il faut en tout cas saluer les efforts des organisateurs et des bénévoles car il n'est vraiment pas évident de mettre en place une logistique aussi imposante que celle que nécessite le Tour Trans-Canada. Comment ne pas saluer aussi le courage et la disponibilité des coureurs qui ne rechignent pas à répondre aux questions et n'évitent aucun sujet. La rédemption du cyclisme passe par de tels comportements.

Saïd Khalil
Radio-Canada Sports



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