Le Tour Trans-Canada
10 septembre 1999

11 septembre 1999

Les côtes n'étaient pas trop dures

Contre toute attente, Fraser remporte une quatrième étape du Tour Trans-Canada

Paul Roy

Hamilton

Gord Fraser, qui en avait déjà trois dans sa besace, ne devait plus gagner d'étapes du Tour Trans-Canada. Trop de bosses, pour un pur sprinter comme lui, dans les deux étapes qui restaient avant le contre-la-montre de demain.

Trop de bosses, hier, entre Vaughan et Hamilton ? Faut croire que non... puisqu'il a encore gagné. Au sprint, évidemment.

Et de quatre !

« Les côtes n'étaient pas trop dures : elles étaient à pic, mais pas très longues », a dit le coureur de la Mercury Racing Team après sa victoire.

- Et demain (aujourd'hui) ?
- Demain, c'est une autre histoire...

Aujourd'hui, entre Hamilton et Niagara, les côtes risquent, dit-on, d'être plus costaudes. C'est en tout cas ce que souhaite le Français Jean-Cyril Robin, meneur depuis Montréal au classement général, et certainement l'un des tout meilleurs grimpeurs du peloton de 88 coureurs - ils étaient 96 au départ de Québec le 3 septembre. « Ça manquait de difficultés », a-t-il dit de l'étape d'hier.

Robin, un coureur de La Française des jeux, voudrait bien augmenter son avance de 27 secondes sur Guido Trentin de la Vini Caldirola, avant le contre-la-montre de dimanche à Fort Érié. Après l'étape de Montréal, lundi, il nous avait dit être « moyen» au contre-la-montre.

Hier, il avait quelque peu changé de discours : « J'ai de très bonnes jambes en ce moment. Et j'ai fait deuxième (au contre-la-montre) à Poitou-Charentes... »

Wohlberg s'échappe
Vers le 85e kilomètre, un coureur de l'équipe du Canada s'est détaché du peloton. Vingt mètres, 50 mètres, 1100 mètres... C'était Eric Wohlberg, un garçon originaire de Sudbury, dans le nord de l'Ontario, et qui court maintenant pour l'équipe californienne Shaklee.

Wohlberg a réussi à prendre 45 secondes avant d'être joint, au 95e kilomètre, par Jan Hruska, de la formation tchèque WÂstenrot ZVVZ.

En collaborant très efficacement, ils ont réussi à prendre 2 minutes 41 à un peloton qui n'entendait plus à rire. À ce moment-là, il restait 25 kilomètres à parcourir. Le peloton a forcé l'allure.

Les Mercury (de Fraser) et les Mapei (de Fred Rodriguez, vainqueur la veille à Port Hope) ont pris les choses en main. Jusque-là, La Française des Jeux avait été très vigilante à l'avant pour protéger le maillot de Robin. Soudain, ça s'est mis à rouler à 60 ! L'avance des deux échappés a commencé à diminuer rapidement. À 20 kilomètres de la fin, elle n'était plus que d'une minute 40.

Puis,après une descente en lacets, longue et vertigineuse, ne restaient plus que trois kilomètres et... 21 secondes. Les deux échappés ont été rattrapés à un kilomètre de l'arrivée. La table était mise, le sprint pouvait commencer.

Fraser, abrité derrière ses Mercury, est sorti de sa cachette et a fait une autre démonstration de sa formidable capacité d'accélération. Deuxième la veille à Port Hope, l'Allemand Sven Teutenberg, de l'équipe Gerolsteiner, a pris de nouveau la deuxième place, suivi de Josef Christen, de l'équipe suisse Ericsson-Villiger.

L'étape de 145,6 kilomètres a été courue en 3:27,30, à la vitesse moyenne de 42,1 km/h.

- - -
Fraser, Robin, Wohlberg et quelques autres vedettes de cette course se sont fait demander, hier, leur autographe par une fillette de sept ans.

- Comment t'appelles-tu ?
- Brennyn Bauer.

Eh oui, le fille de Steve Bauer, maillot jaune durant 10 jours au Tour de France de 1991.

Dopage : rien à signaler

Des jours, c'est le vainqueur de l'étape ; d'autres, c'est le leader au classement général; hier, c'était un coureur choisi au hasard parmi les dix premiers au général... C'est tombé sur Vincent Cali, de l'équipe belge Home Market-Ville de Charleroi, qui pointe troisième, à une minute.

Tout ça pour dire que jusqu'ici, chaque jour, au moins un coureur du tour est allé faire pipi dans une éprouvette. Une éprouvette que le Dr Pierre Blanchard, commissaire de course responsable du contrôle anti-dopage, s'empresse d'expédier à un laboratoire de Montréal.

- Que pouvez-vous détecter avec un test d'urine ?
- Des centaines de choses.

Mais plus spécifiquement, on risque d'y trouver de l'éphédrine, des amphétamines, des corticostéroïdes...

Mais le Dr Blanchard admet que ces drogues sont beaucoup moins populaires qu'à une certaine époque. Trop facilement détectables.

Ces dernières années, dans le cyclisme, c'est surtout d'EPO qu'on a entendu parler. C'est de l'EPO (erythropoïétine) qu'on a trouvé en quantité industrielle dans les bagages des Festina, au Tour de France de 1998.

Le problème avec l'EPO, c'est que si on n'en trouve pas par hasard dans les bagages, on n'arrive pas à détecter sa présence dans l'organisme. Surtout pas avec un misérable test d'urine.

Les coureurs du Tour Trans-Canada s'injectent-ils de l'EPO ? Le Dr Blanchard dit ne pas le savoir. « Je pense qu'en ce qui concerne le dopage, le balancier est en train de swinger de l'autre bord. C'est du moins ce que je souhaite, mais ce n'est qu'une opinion. »



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