Tour de Romandie
Suisse, 2 au 7 mai 2000

8 mai 2000

Cipollini triomphe ; Perras tient son bout...

François Béliveau

L'Italien Maria Cipollini, qui avait remporté la première étape du Tour de Romandie, mercredi, quand le Québécois Dominique Perras s'était illustré par une très longue échappée en montagne, a gagné la cinquième et dernière étape au sprint, hier, à Genève.

Cependant, la victoire finale est revenue à son compatriote Paolo Savoldelli, un beau cadeau pour son 27e anniversaire.

Savoldelli a hérité du maillot vert que portait le Français Laurent Jalabert, qui a abandonné samedi, après 21 heures, une minute et 41 secondes d'efforts, 12 secondes devant l'Espagnol Joseba Beloki et 27 secondes devant le Suisse Laurent Dufaux. Quant à Cipollini, il a dominé l'ultime étape de 177,8 km entre Aigle et Genève en 4 heures, une minute et 44 secondes. Le Letton Romans Vainsteins et le Suisse Markus Zberg l'ont talonné.

«Une course incroyablement rapide, a commenté Dominique Perras. Dès le départ, ça roulait à un train d'enfer malgré deux cols de deuxième catégorie d'une altitude de 1200m. Le peloton s'est maintenu à une moyenne de 44 km/h. Dans des montées de 8 %, le rythme était de 33 km/h. Mais les nombreux vallons permettaient de reprendre de la vitesse.»

Perras a contribué à ouvrir le chemin à son coéquipier biélorusse Alexandre Usov (Phonak), qui a terminé cinquième. Quant à lui, il complète au 47e rang des 125 concurrents, mais il est surtout fier de sa sixième place au classement de montagne qui lui rapporte cinq points de l'UCI.

«La fin du parcours, raconte-t-il, s'est déroulée sur le bord du Lac Leman, et ces 30 beaux kilomètres ont été avalés rondement. J'ai tenu mon bout même si je suis encore embêté par un mal de gorge. Je suis content d'avoir complété la course. J'ai pris conscience que dans une bonne journée, avec des bonnes circonstances, je pourrais gagner une étape.»

Perras s'envole vers Vienne, demain, où débute mercredi une autre course par étapes, la UNIQA Classic. Ensuite, quelques courses au Danemark avant le Tour de Suisse, et il sera de retour au Canada en juillet pour le Championnat national à Peterborough, comptant pour les qualifications olympiques. Il est des huit, pré-sélectionnés, mais seuls quatre coureurs seront retenus.

- - - - - - - - - -
Dominique a terminé la dernière étape en 47e place, dans le même temps que le vainqueur Mario Cipollini, en 4h 01m 44 (44.131 km/h). Il termine l'épreuve au 112e (dernier) rang à 49 min 50 du vainqueur Paolo Savoldelli (21 hres 01min 41).


7 mai 2000

Perras a encore peiné au Tour de Romandie...

François Béliveau

L'Italien Paolo Savoldelli a repris le maillot de leader, hier, au Tour de Romandie, après une épuisante étape de 164 km dans les montagnes. Savoldelli, neveu du Montréalais Giuseppe Marinoni, a devancé les 124 autres coureurs après avoir franchi trois cols difficiles, avant la station de ski de Leysin.

Le Québécois Dominique Perras, 8le de l'étape, a encore peiné à cause d'une grippe mais, au premier col, il a pris le cinquième rang au sprint de montagne, finissant sixième dans ce cumulatif.

«J'ai mieux couru que vendredi, mais après le premier col, le peloton s'est scindé et je n'ai pu m'extirper d'un groupe de 30 coureurs retardataires, a-t-il expliqué. Mon coéquipier suisse Cédric Fragnière 9Phonak), à qui j'avais prêté une roue la veille, a chuté et s'est cassé la clavicule.»

Perras, qui débute une autre course de quatre étapes en Autriche, mercredi, est confiant pour la dernière épreuve aujourd'hui où deux importantes montagnes barrent la route sur 175 km. «Je sais que les équipes vont tenter de pousser leurs sprinters pour finir ça, mais je suis confisant de m'imposer».

Au classement général, après cette étape, Dominique était dernier à 49 min 50 du meneur Paolo Savoldelli.


6 mai 2000

Perras se contente du rôle de figurant

»Je suis encore très fatigué de l'épreuve de mercredi dans les montagnes»

François Béliveau

La fatigue a battu Dominique Perras (Phonak). Dans les courses d'hier de la troisième étape du Tour de Romandie, en Suisse, il s'est contenté du rôle de figurant. L'Espagnol Joseba Beloki (Festina) a remporté le second secteur de l'étape, un contre-la-montre de 24 km à Orbe, ravissant du même coup le maillot vert de leader à l'italien Paolo Savoldelli, deuxième, qu'il a devancé de 23 secondes.

Un autre Italien, Eddy Mazzoleni, était arrivé en tête de la première partie de cette étape, hier matin, une épreuve de 66,6 km entre Matin (Neuchâtel) et Orbe, devançant sur la ligne le Russe Dmitri Konyshev et le Letton Romans Vainsteins de trois secondes.

Pour la première fois depuis le début du Tour de Romandie, l'équipe Sacco a été tenue en échec.

Dans la première partie de la journée entre Marin et Orbe, Mazzoleni (Polti) a, comme Beloki, cueilli sa première victoire dans les rangs professionnels.

«Ça roulait très vite, a commenté le seul Canadien de la course, Perras, 26 ans, de Brossard. J'ai dû donner ma roue de rechange à mon coéquipier suisse Cédric Fragnière et attendre le véhicule de l'équipe. J'ai fini à trois minutes derrière, mais Cédric a pu compléter dans le peloton.

«Étant donné que je suis loin au classement, je ne me suis pas donné à 100 %. Je suis encore très fatigué de l'épreuve de mercredi dans les montagnes, quand j'ai roulé seul pendant quatre heures et demie. Et puis ça m'embête un peu, j'ai mal aux bronches. Il y avait de la neige et c'était froid dans les cols.»

Perras s'est dit très heureux de participer à cette course. «Je suis assez étonné du support du public. C'est une chance, une belle expérience avec des coureurs aussi haut cotés. Je me suis réservé pour l'étape de demain (aujourd'hui) qui sera très dure. Trois grands cols vers la fin d'une course de 164 km entre la région de Lausanne et la station de ski Leysin. Pas moins de 17 km en montée finale. Mais je vais m'accrocher, en montagne.»


Dominique a indiqué à François Béliveau de La Presse qu'il y avait de la neige en montagne. Voyez


photo : Fabrice Coffrini, l'Agence France-Presse

Dominique a terminé le contre-la-montre de 24,2 km du 5 mai en dernière position à 5 min 30 sec du gagnant Jeseba Beloki. Au classement général il était dernier à 28 min 32 de Jeseba Beloki.


Dominique a terminé la troisième étape de 66 km entre Neuchatel et Orbe au dernier rang, à 3 min 29 du vainqueur Eddy Mazzoleni qui a parcouru la distance en 1.22.43 (48.309 km/h).

Au classement général, Dominique est dernier à 23 min 20 sec du meneur Paolo Savoldelli. Mais il conserve sa deuxième place pour le Grand prix de la montagne.


Peut-être encore un peu fatigué de sa sortie spectaculaire de la première étape, Dominique a terminé la deuxième étape de 161,1 km en 116e place, à 19 min 08 du vainqueur Laurent Dufaux. Il est 120e au classement général, à 19 min 54 du meneur Paolo Savoldelli.

Il est toutefois au 2e rang pour le Grand prix de la montagne.


4 mai 2000


la "une" du cahier des Sports de La Presse du 4 mai 2000

La reconnaissance de Mario Cipollini !

Dominique Perras, premier en montagne au Tour de Romandie

Robert Bousquet

Le cycliste québécois Dominique Perras, de Brossard, a vécu de grandes émotions, hier, lors de la première étape du Tour de Romandie, en Suisse. En échappée pendant 150 kilomètres, il domine le classement du Grand Prix de la montagne.

Cette saison, Dominique court pour la formation suisse Phonak Hearing Systems, un club de deuxième division. À l'occasion du Tour de Romandie qui regroupe tous les cracks de la discipline, une permission spéciale a été accordée à deux clubs suisses de deuxième division. Cette compétition est classée parmi les cinq plus exigeantes de la saison européenne.

«Une journée très spéciale et très valorisante sur le plan de la reconnaissance, raconte-t-it de sa chambre d'hôtel. Comme les deux dernières heures et demie étaient retransmises en direct sur Euro-Sport et sur les chaînes nationales, on a pu me voir longtemps à l'écran. C'est bon pour moi et mes commanditaires étaient très heureux.»

Dominique n'était pas au bout de ses surprises. Félicité pour son coup d'éclat par le vainqueur de cette première étape, l'italien Mario Cipollini, Perras s'est également retrouvé sur les plateaux de la télévision pour raconter sa grande épopée.

«C'est vraiment valorisant que les meilleurs viennent te féliciter. Après tout, ce sont mes idoles. D'obtenir la reconnaissance publique d'un Cipollini, c'est comme si on me disait que je faisais maintenant partie de leur milieu. »

Les cyclistes ont quitté Locarno vers Le Bouveret pour cette première étape, une randonnée de 225 kilomètres.

«Je suis parti en échappée vers le 40e km. Puis, aux environs du 85e, nous devions gravir le col de Simplon, classé première catégorie (23 km de montée). J'étais le premier au sommet et j'avais alors une avance supérieure à cinq minutes sur le peloton, ce qui me vaut le premier rang au classement de la montagne. À la fin de la descente, je me suis retrouvé dans une vallée profonde et je devais affronter un fort vent de face. J'ai été rattrapé à 40 kilomètres de la fin et j'ai terminé dans le peloton.

«D'ici la fin de la compétition, je vais me concentrer sur la montagne, ajoute-t-il, et j'espère que cet effort ne va pas trop saper mes forces pour le reste du Tour.»

Au classement du Grand Prix de la montagne, Perras possède une avance de six points sur l'Espagnol Ricardo Ochoa et de six points sur l'italien Mariano Piccoli.


Dominique nous a adressé un bref message, juste avant la deuxième étape :
«J'ai attaqué au 40e km, seul, et ai pris jusqu'à 9 min d'avance. Pour avoir basculé en tête au col du Simplon (2006 m d'altitude et 23 km d'ascension) je porte désormais le maillot du meilleur grimpeur. Je me suis fait reprendre à 35km de l'arrivée, condamné par un violent vent de face. Cippolini gagne, ce dernier est d'ailleurs venu me féliciter et en a fait de même à la télé.

Sponsors et dirigeants SUPER contents car ceci était en direct partout en Europe sur Eurosport et sur toutes les chaînes suisses»

Cliquez ICI pour la couverture en direct de la course du 3 mai, tel que diffusée par Radio Suisse Romande. Le reporter était dans la voiture qui suivait Dominique durant toute son échappée.


3 mai 2000

Le Québécois Dominique Perras s’empare du maillot de meilleur grimpeur

LOCARNO, Suisse, 3 mai 2000 (Radio-Canada et AFP)
Le résidant de Brossard, Dominique Perras, a réalisé un coup de maître, mercredi, en mettant la main sur le maillot du meilleur grimpeur du Tour de Romandie.

Lors de cette première étape, longue de 225 kilomètres, qui reliait Locarno et Le Bouveret, l’athlète de 25 ans s’est échappé à la 40e borne, laissant ainsi tous ses poursuivants derrière. La cavale du cycliste de l’équipe suisse Phonak a duré environ deux heures, Perras avalant 150 kilomètres seul en tête.

«Le but de l’équipe (Phonak) était de réaliser un coup d’éclat», a mentionné Perras, fatigué, mais heureux au bout du fil. «Nous sommes une équipe professionnelle de deuxième division et nous essayons de nous démarquer des grosses équipes en ce début de tour. Mon échappée s’est très bien déroulée. J’ai bien monté les cols et, à un moment, mon avance sur le peloton était de neuf minutes.»

Ce coup de dés du cycliste québécois lui aura permis de goûter à plusieurs minutes de gloire. «La course était télédiffusée en direct à la radio et sur Eurosport. À la sortie du col du St-Plomb, les spectateurs massés le long de la route avaient suivi la course à la radio et ils savaient que j’étais en tête. Lorsque je suis passé devant eux, ces derniers me criaient : "Vas-y Dominique! Allez Québec !". Ces encouragements m’ont motivé, mais la fin du parcours était plate et le vent était de face.» C’est ainsi qu’avec un quarantaine de kilomètres à faire, le peloton a rattrapé le cycliste de Phonak.

Après cette dure journée, Perras demeure malgré tout réaliste : «Je sais que ça sera très difficile de garder le maillot jusqu’à la fin du tour. Mon objectif est maintenant d’être en mesure de la garder le plus longtemps possible.»

Cipollini s'impose
C’est Mario Cipollini, vainqueurs de nombreuses étapes sur le Tour de France, qui franchi le fil d’arrivée en premier. Perras, qui a terminé dans le peloton au 113e rang, mène le classement du grand prix de la montagne avec dix points, soit quatre devant Ricardo Ochoa. Au classement général, l’athlète de Brossard est 110e, 46 secondes derrière le meneur, l’Italien Paolo Savoldelli, coéquipier de Cipollini chez Saeco.

L'Italien Paolo Salvodelli (Saeco) qui avait remporté mardi le prologue conserve le maillot de leader. «La forme et la condition sont revenues. J'avais vraiment envie de l'emporter aujourd'hui», a souligné à l'issue de la course, Mario Cipollini, qui fête avec cette étape sa quatrième victoire de l'année, et la 150e de sa carrière.

«Cette année,je m'aligne au Tour d'Italie et au Tour de France. Ensuite, je ferai des tests sur la piste dans l'optique des Jeux de Sydney» a-t-il ajouté. Au Bouveret, bien amené par Biagio Conte dans le dernier kilomètre, Mario Cipollini n'a pas eu de mal à s'imposer. Son plus dangereux rival, le Néerlandais Jeroen Blijlevens n'a pas su négocier un dernier virage situé à 250 m de la ligne.

«La fin de parcours était très sinueuse, dangereuse même. Je suis bien conscient que les organisateurs doivent répondre à certaines exigences pour tracer le final d'une étape. Mais j'aimerais qu'ils respectent davantage les coureurs...» a souligné Mario Cippolini. Avant de préparer le sprint victorieux de Cipollini, ces équipiers de la formation Saeco ont dû, dans un premier temps, rouler derrière le Canadien Dominique Perras qui a compté jusqu'à 8 minutes d'avance avant d'être rejoint après 142 km d'échappée.

L'équipe Saeco a également dû faire face à une attaque portée par un groupe de onze coureurs dans lequel figurait notamment Laurent Jalabert et Axel Merckx. Pourtant, le Français Laurent Jalabert, No.1 mondial, répète depuis le départ de Locarno que ses ambitions dans ce Tour de Romandie sont limitées. «Je me trouve à la fin d'un long cycle. Je ressens le besoin d'une coupure avant d'entamer ma préparation pour le Tour de France», a indiqué le coureur français.

L’étape de jeudi reliera Montreux et La Chaux de Fonds sur 161 kilomètres.


3 mai 2000


photo : Fabrice Coffrini, Agence France-Presse
(...)
Canadian Dominique Perras (Phonak) was the hero of the day with an early break, 150 kms long, that brought him alone over the major climb with as most a nine minute lead. He was caught in the headwind with a little less than 40 kilometres remaining but will ride in the climbers jersey to his own, and his Swiss sponsor's, joy.


L'incroyable chevauchée de Dominique a été abondamment commentée par les médias suisses. Voici ce que nous avons trouvé.

le 4 mai 2000

Le "cousin" du Québec

Christian Michellod

Du Bouveret
Le «super» Mario Cipollini n’a pas fait faux blond. Il avait la cote. Cipollini a gagné l’étape du Bouveret. Mais la côte, et l’animation, fut l’apanage du Canadien Perras. Un «Suisse» du Québec.

Il est venu. Il a vu. Il a vaincu. On l’attendait au coin d’un sprint. Il a répondu présent. Et gagnant. Poings levés pour la dixième fois au Tour de Romandie. Mario Cipollini, super bien sûr, avait déjà battu les huit victoires de Kubler et Koblet l’année passée. Hier, au Bouveret épargné «à la raclette» par la pluie, l’Italien a fait pédale forte pour s’imposer dans son exercice de prédilection. Comme lui seul sait le faire. Seul, ou presque. Malgré deux virages dangereux que certains ratèrent. «Eh, il faut respecter les coureurs.» Lui respecta son talent.

Sourire éclatant aux lèvres si désirées par la clientèle féminine, le sprinter de la Saeco rendit hommage à ses équipiers. «Je leur tire un sacré coup de chapeau. Ils ont dû travailler pour revenir sur Perras, et encore après pour chasser le groupe d’échappés.» Parmi ces derniers attaquants, Laurent Jalabert. Qui surprit son monde par son attitude de conquérant improvisé. «J’ai trouvé cela étrange» commenta un autre Saeco, Savoldelli, toujours maillot vert après son impressionnant prologue locarnais. «Personnellement, j’ai eu un peu mal aux jambes. Mais je ne me suis jamais senti en danger. Avec une telle étape, je ne risquais rien au classement général.» Un classement toujours visé par Laurent Dufaux, le leader de l’équipe, en idéale position d’attente. «C’est à nos adversaires d’attaquer. Evidemment que je ne vais pas concurrencer Savoldelli. Mais je ferai tout pour défendre son maillot.» Et, au passage obligé, redevenir le numéro un. Là-haut sur la montagne, peut-être... Impressionnante, cette équipe !

Le «cousin» du Québec
L’animateur du jour fut pourtant «helvétique». Avec guillemets. Canadien de Montréal pas par hasard. «J’ai commencé par jouer au hockey. Jusqu’à l’âge de quinze ans. Mais j’avais des copains qui aimait le cyclotourisme et je me faisais toujours battre. Je me suis entraîné. Et j’ai eu la piqûre du cyclisme.» Belle formule, sans sous-entendus. Néo-professionnel, Dominique Perras atterrit, en début de saison, dans l’équipe suisse Phonak. «L’année passée, la formation de Jean-Jacques Loup a participé au Tour du Transcanada. J’y ai été repéré. Un coup de fil, et me voilà en Suisse.»

Inconnu, mais désormais illustre. Après une échappée belle, hier, de 142 kilomètres. Seul contre tous. Et contre le vent dans la vallée du Rhône. «Quand j’ai eu plus de huit minutes d’avance, j’y ai cru. En fait, j’ai eu pas mal de problèmes de santé. Je sais donc que je ne peux pas lutter pour le classement général. J’ai alors décidé de tenter un coup. Lorsque j’ai vu que je creusais l’écart, je me suis dit que je devais forcer pour revêtir le maillot du meilleur grimpeur. Je l’ai.» Mais Perras n’ira pas jusqu’au bout. Jusqu’à l’Aquaparc du Bouveret. «A Sion, je me sentais encore bien. Mais la ligne droite en direction de Martigny m’a tué. J’étais complètement crevé. Les vingt-cinq derniers kilomètres, j’eus hâte de les terminer. Les plus durs de ma carrière.»

Jean-Jacques Loup, son directeur sportif, n’affichait aucun regret. «Nous avions deux objectifs. Le grand prix de la montagne et... le direct télévisé.» Réussi, le coup. Brillamment. «De toutes façons, je ne suis pas un sprinter. Plutôt un grimpeur, vu mon gabarit» enchaîne le «cousin» du Québec. «Mais je le répète. Ce vent contraire avant Martigny m’a achevé. Pourtant, je suis content. Le Tour de Romandie est une des plus importantes courses du monde et je m’y suis montré.» Comme Cipollini d’ailleurs. Mais lui, on l’attendait au coin d’un sprint ! Comme de bonne habitude.


La Liberté, Suisse, 4 mai 2000

Perras, l'autre coureur de Vaulruz

Jerome Gachet

TOUR DE ROMANDIE
Hier, le Canadien a mené seul une folle échappée de 142 kilomètres.

Il a attaqué au pied du col du Simplon pour aller cueillir le maillot du meilleur grimpeur. Il pensait s'en tenir là. «Mais au sommet, je me suis dit que j'allais faire la descente. Ensuite, j'ai vu que j'avais le vent dans le dos...» D'un coup de pédale à l'autre, Dominique Perras a failli mener à bien sa chevauchée solitaire. Il a tenu 142 kilomètres en tête et compter jusqu'à 8'25 d'avance. Puis le vent et le peloton se sont alors ligués contre lui et Perras s'est fait avaler d'un trait. «Comme j'ai subi quelques ennuis de santé, je ne pouvais pas viser le classement général. Alors autant tenter quelque chose. Une longue échappée, c'est le meilleur moyen de montrer le maillot de l'équipe», dira-t-il, exténué, sur la ligne d'arrivée. Dès aujourd'hui à Montreux, il exhibera un autre maillot, celui de meilleur grimpeur.

APRÈS DIX ANS DE HOCKEY
À 26 ans, Dominique Perras vit sa première saison chez les pros, repéré par le duo Loup/Michaud. Depuis, il a déniché un studio à Vaulruz où il vit seul. Seul ? Presque. Pas loin de chez lui, dans le même village, il y a la laiterie de la famille Bourquenoud. Il passe boire le café et fait un brin de causette. Il peut aussi s'entraîner avec Pierre et ses deux coéquipiers fribourgeois.

Étonnant, le parcours de ce Canadien. Il a enfourché son premier vélo de compétition à l'âge de 15 ans. «Avant, j'ai fait dix ans de hockey», explique ce ressortissant de Montréal. «J'ai d'abord participé à des cyclosportives. J'ai aussi fait de la piste.» Mais c'est la montagne qu'il préfère. «C'est vrai, mais à ce niveau, je ne me considère pas comme un grimpeur. Dufaux est un grimpeur.»

1re étape : Locarno - Le Bouveret 225,1 km

Dixième victoire de Cipollini

La plus longue étape de la 54e édition du Tour de Romandie (225,1 km) a été remportée par Mario Cipollini (Saeco), devant son compatriote Fabrizio Guidi (La Française des Jeux) et le Danois Tayeb Braikia (Linda Mc Cartney). Markus Zberg (Rabobank) termine à la quatrième place.

Cette étape a été marquée par l'échappée de Dominique Perras (150 km). Parti très rapidement dans la montée du Centovalli, le Canadien de l'équipe Phonak a compté plus de 9 minutes d'avance sur le peloton avant de subir la dure loi de la Vallée du Rhône, ses longues lignes droites et son vent de face. A bout de force, le coureur de Jean-Jacques Loup se relevait et était repris à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée.

4 mai 2000

Super Mario abat ses cartes. Le roi et le dix

Pascal Bornand

Le Bouveret
L'échappée illusoire du Canadien Perras ne fait pas d'ombre à Cipollini, vainqueur au sprint au Bouveret.

C'était une étape cousue de fil blanc, destinée à draper Mario Cipollini dans sa toge blanche d'empereur du sprint. Une étape trop longue (225 km), à la topographie déséquilibrée (le Simplon dressé à 140 km de l'arrivée), au régime de vent défavorable pour autoriser un téméraire à pédaler jusqu'au bout de ses illusions. Au Bouveret, le Toscan a répété le geste auguste du tyran, du semeur de bouquets qui égrène ses succès comme d'autres effeuillent la marguerite. Beaucoup, à la folie. Théâtral jusqu'aux boucles de sa toison féline, espiègle, grand seigneur quand il fait l'éloge de ses coéquipiers, souverain quand il égratigne les organisateurs et le final tortueux de certaines étapes.

Fidèle à sa réputation
Super Mario a encore surgi. Fidèle à sa réputation, fidèle à sa légende qu'il écrit au présent, sans qu'aucun laudateur n'aura besoin de sublimer le jour où il décidera de se royaumer définitivement à Monte Carlo ou sur ses terres de San Giusto di Compito. Au Bouveret, la gloire l'accapare. Elle en oublierait presque d'honorer l'exploit courageux du Canadien Dominique Perras, auteur d'une échappée illusoire de 142 km, qui termine son pensum accroché à la traîne du peloton. Sur les routes romandes, Cipollini gagne sans partage. Déjà dix victoires à son actif dans un palmarès qui recèle aujourd'hui 150 succès. Un incomparable trésor ! Et dire qu'on le croyait un peu à bout de souffle à l'attaque de sa douzième saison chez les pros, éreintée par quelques défaites fâcheuses. "Bien sûr que j'ai été effleuré par le doute. C'est le propre de la vie d'être pleine de doutes", philosophe l'Italien. Grincheux à l'heure du départ, sur la Piazza Grande de Locarno, Cipollini a le sourire canaille. Espiègle, il morigène un journaliste qui jacte au téléphone. "Chut, on travaille ici...", s'exclame-t-il en trônant sur le podium de la salle de presse. Au Bouveret, il a retrouvé sa superbe et son standing. "Ma forme physique est un peu plus tardive", reconnaît-il. Qui sait, le fantasme olympique l'a peut-être ressaisi. Sûrement, la défection de Fagnini, son plus fidèle poisson-pilote, passé chez Telekom, l'a un peu perturbé. "J'ai continué à travailler sérieusement, l'équipe a retrouvé ses automatismes", se félicite-t-il, lui qui est ici pour préparer une nouvelle campagne glorieuse au Giro.

Avant que Cipollini ne triomphe, à la fois roi au Bouveret et dauphin de son coéquipier Savoldelli par la grâce des bonifications, les Saeco se sont mis à la planche pour briser les rêves de Dominique Perras et mater le coup d'épate de Laurent Jalabert, sorti du peloton à vingt kilomètres de l'arrivée en compagnie de dix échappés (dont Axel Merckx et le jeune Tessinois Calcagni). "En fait, je n'ai jamais vraiment eu peur de perdre mon maillot", note Paolo Salvoldelli. "Chapeau à mon équipe, elle a bien bossé", applaudit Cipo, sorti sans dommage de l'avant-dernier virage qui causa la perte de son rival Blijlevens et son coup de sang. "Les coureurs méritent plus de respect", susurre-t-il en vilipendant le chausse-trappe. Avant de se glisser dans le décor familier et le relief piégeux du Jura, le Tour de Romandie reste campé sur ses positions. "La tactique de l'équipe est simple: c'est le plus fort qui sera devant", récite Salvodelli. Son coéquipier Dufaux (14e du sprint) ne dit pas autre chose.


Tages, Suisse 4 mai 2000

Perras Animator, Cipollini Sieger

Saeco-Time in der Tour de Romandie: Auf Savoldelli, der seine Führung verteidigte, folgte Cipollini als Sieger der ersten Etappe.

Von Jürg Casanova

Le Bouveret
(...)
Perras, der 26-jährige Frankokanadier aus dem Schweizer Phonak-Team, fuhr ab dem 45. Kilometer während 140 km mit bis zu neun Minuten Vorsprung voraus. Aber auf den langen Geraden und im hartnäckigen Gegenwind das Rhonetal hinunter hatte der Solist keine Chance zum Durchkommen. Sein einsamer Ritt über die Alpen wird allerdings im fernen Québec nicht ohne Echo bleiben. Im Medientross befindet sich zufällig eine Journalistin des "Nouvelliste" von Troisrivières, die derzeit als Stagiaire beim gleichnamigen Walliser Blatt arbeitet.

Phonaks weiter Weg
Dank Perras, der nach einer Schnupperlehre im vergangenen Herbst bei Jean-Jacques Loup seine erste Profisaison absolviert, zog das Phonak-Team erstmals auf einer grösseren Bühne die Aufmerksamkeit auf sich. Der in Stäfa ansässige, weltweit viertgrösste Anbieter von Hörsystemen hat allerdings weit höhere Ambitionen, als Pausenfüller anzubieten. Die Zielsetzung für Teammanager Loup und seinen Sportlichen Leiter Jacques Michaud lautet, innert zweier Saisons ein starkes Erstdivisionsteam aufzubauen. Der Weg dazu ist aber noch sehr, sehr weit und ohne grosse Transfers unrealistisch: In der zuletzt publizierten Weltrangliste der Markenteams rangierte Phonak auf dem 33. Platz unter 40 Zweitdivisionsequipen oder unter Einbezug der 22 Erstdivisionsmannschaften weltweit auf dem 55. Rang.

Nachdem der entkräftete Perras 40 km vor dem Ziel eingeholt worden war, schien der erwartete Massensprint unausweichlich. Doch auf die Helfer von Mario Cipollini aus der Saeco-Mannschaft und von Jeroen Blijlevens vom Polti-Team wartete weit härtere Arbeit, als ihnen lieb sein konnte. 20 km vor dem Ziel überraschte nämlich eine Elfergruppe mit Laurent Jalabert - der am Simplon noch buchstäblich Wasserträger für seine Teamkollegen gespielt hatte - Axel Merckx und dem Schweizer Zeitfahrenmeister Patrick Calcagni das Feld, holte 35 Sekunden Vorsprung heraus und wurde erst 3 km vor dem Ziel wieder eingeholt.


Le 2 mai Dominique a terminé le prologue de 6.5 km du 55e Tour de Romandie en 121e place, en 8 min 20.28 sec, soit à une allure moyenne 46.771 km/hre, à 49.14 secondes du vainqueur Paolo Savoldelli. L'article de CyclingNews.

3 mai 2000

Dominique Perras (Phonak), de Brossard, a terminé 12le du prologue du Tour de Romandie, hier, à Locarno, en Suisse. L'Italien Paolo Salvodelli (Saeco) a terminé premier avec une moyenne de 51,8 km/h. Premier à prendre le départ, Perras ne paraissait pas trop abattu de se retrouver en queue de peloton, des cyclistes aguerris comme Pavel Tonkov et Ivan Gotti se retrouvant tout près de lui. «Le parcours était très technique, avec beaucoup de virages et de relances, ce qui n'est pas ma spécialité», a-t-il dit. La course se poursuit aujourd'hui avec une étape de 225 km comprenant une ascension de 25 km.

Tous les résultats



nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d'autre ?

page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive