22 novembre 2007

L'ingéniosité d'Éric Bourgault

Émilie Bouchard Labonté

Grâce à une récolte de cinq médailles en cinq épreuves aux derniers Championnats parapanaméricains ouverts disputés la semaine dernière, à Cali, en Colombie, le paracycliste Éric Bourgault mérite le titre d’athlète Sympatico/MSN de la semaine.

Aux épreuves sur route, l’athlète d’Orford a obtenu, dans la catégorie LC2, la médaille d’or à l’épreuve du contre-la-montre et l’argent à la course en ligne tandis qu’aux épreuves sur piste, il a mérité l’argent à la poursuite individuelle et au sprint par équipes en plus d’arracher la médaille de bronze au kilomètre. Cette remarquable récolte fait en sorte qu’il sera dans la mire du comité de sélection en vue des prochains Jeux paralympiques.

« L’un des principaux objectifs pour toute l’équipe canadienne à Cali était de confirmer un nombre de places pour le Canada aux prochains Jeux paralympiques. Avant la compétition, environ six places nous étaient garanties, mais grâce à l’incroyable performance de l’équipe canadienne, nous pourrions avoir jusqu’à deux places supplémentaires », affirme Bourgault. Le nombre de places consenties aux Canadiens pour les prochains Jeux sera dévoilé à la mi-décembre tandis que l’identité des membres de la délégation canadienne sera connue à la mi-janvier.

Malgré ses 39 ans, Bourgault est un petit nouveau au sein de l'équipe nationale, lui qui a participé à sa première compétition internationale en 2005, à l'occasion des Championnats européens ouverts tenus aux Pays-Bas. Déjà, il brillait sur la scène mondiale en terminant neuvième au contre-la-montre et 15e à la course sur route. « J'avais du potentiel, mais on l'a exploité depuis. Au contre-la-montre, en 2005, j'avais réalisé une moyenne de 37,5 km/h, se rappelle-t-il. Tandis que la semaine dernière, j'ai tenu 42,7 km/h, C'est beaucoup plus vite. »

« En paracyclisme, nous avons la chance d'avoir une bonne structure au Québec et au Canada. Avec l'entraîneur Eric Van den Eynde, c'est vraiment encourageant. Il exploite au max mon potentiel et il vient chercher tout ce que j'ai. Comme il dit, il y en a encore à soutirer, alors ce n'est pas fini ! Ça m'encourage beaucoup pour 2008 », ajoute le paracycliste.

Se mesurer à ses pareils
Bourgault a toujours été actif et passionné par le sport. Adolescent, c'est sur une patinoire, patins aux pieds et bâton en main qu'il aimait se dépenser. Un accident sur une ferme à l'âge de 16 ans où il travaillait pendant l'été a fait basculer sa vie. « L'accident est arrivé à la fin octobre et je voulais être capable de marcher dès le temps des fêtes. Au centre de réadaptation, ils n'avaient jamais vu ça une réadaptation si rapide, mais je leur ai dit que ça se pourrait bien que je marche. Et je l'ai fait ! »

Un an et demi plus tard, Bourgault a renoué avec le sport. « J'ai rejoué au hockey, mais ce n'était plus pareil. Ça m'énervait de ne pas avoir un aussi bon coup de patin qu'avant et de pouvoir comparer le avant et le après », souligne-t-il.

Le cyclisme n'était cependant pas le premier sport paralympique qu'il a pratiqué. Bourgault a auparavant fait du ski alpin. « J'ai eu des problèmes de genoux et j'avais de l'intérêt pour le vélo. J'y voyais une facilité. Je crois que c'est un sport plus adapté pour moi. Le paracyclisme est assez développé et ça me permet de concourir contre des gens qui ont le même handicap que moi et de voir à quel niveau je peux me situer », avoue Bourgault qui pratique maintenant le ski de fond l'hiver.

D'ingénieur à ingénieux
Technicien en génie mécanique, spécialisé dans le design d'outillage pour Bombardier, à Valcourt, Bourgault a mis ses compétences professionnelles au profit de son sport. À l'aide de ses proches, il a conçu sa propre prothèse pour remplacer son membre perdu sur le vélo.

« Avant, je ne mettais qu'une prothèse de marche normale avec un soulier de vélo, mais lorsque je suis allé en compétition Europe, j'ai remarqué les prothèses adaptées qu'avaient les Européens. À mon retour, à l'aide de Daniel Normandin, nous avons développé une première version que j'ai utilisée pendant un an et demi. »

Au printemps dernier, Bourgault a conçu une deuxième prothèse encore plus adaptée au cyclisme et à sa condition. « Avec Eric Van den Eynde, qui avait plutôt une vision cycliste que prothésiste, nous avons modifié les choses afin d'avoir un coup de pédale optimal et d'aller chercher le maximum de force. De mon côté, je me suis organisé pour créer des morceaux qui ont formé un prototype de ce que nous cherchions et ça a rencontré les besoins. »

Le projet a impliqué autant son entraîneur que ses collègues à Bombardier et d'autres contacts afin de développer la conception de la prothèse. « C'était un projet pour moi, mais ça fait partie de mon travail dans la vie de tous les jours aussi, c'est ça aussi qui est intéressant », spécifie-t-il.

L'an 2008 s'annonce chargé pour Bourgault pour qui les premiers mois seront partagés entre l'entraînement et le travail. Il participera à sa première compétition de la saison à l'occasion du Défi sportif qui se déroulera à Montréal du 30 avril au 4 mai avant de concentrer ses efforts vers les Jeux paralympiques.



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