Janvier 2008

Les coups de pédale d'Éric Bourgault

Émilie Bouchard Labonté

Le Champion Banque Nationale Éric Bourgault a toujours été un passionné du sport. Si, à l’adolescence, c’est sur une patinoire qu’il aimait se dépenser, le destin en a décidé autrement. Un accident sur une ferme à l'âge de 16 ans où il travaillait pendant l'été a fait basculer sa vie.

Amputé à la jambe, le résidant du Canton d’Orford a dû réapprendre à marcher. « L'accident est arrivé à la fin octobre et je voulais être capable de marcher dès le temps des Fêtes. Au centre de réadaptation, ils n'avaient jamais vu ça, une réadaptation si rapide, mais je leur ai dit que ça se pourrait bien que je marche. Et je l'ai fait ! »

Un an et demi plus tard, Bourgault a renoué avec le sport. « J'ai rejoué au hockey, mais ce n'était plus pareil. Ça m'énervait de ne pas avoir un aussi bon coup de patin qu'avant et de pouvoir comparer l’avant et l’après », souligne-t-il. C’est beaucoup plus tard qu’il s’est mis au paracyclisme, après avoir essayé le ski alpin. Les résultats n’ont pas tardé à venir : un an plus tard, il s’est qualifié pour les Championnats du monde de 2005 qui ont eu lieu aux Pays-Bas. En 2007, le paracycliste de 39 ans a continué sur sa lancée en terminant quatre fois parmi les 15 premiers aux Mondiaux de Bordeaux, en plus d’obtenir cinq titres panaméricains lors des derniers Championnats panaméricains ouverts disputés en Colombie, l’automne dernier.

Quand le travail vient rejoindre le sport…
Bourgault a lui-même confectionné la prothèse qu’il porte en compétition. Technicien en génie mécanique, spécialisé dans le design d'outillage pour Bombardier, à Valcourt, le paracycliste a mis ses compétences professionnelles au profit de son sport. « Au départ, je mettais simplement un soulier de vélo sur ma prothèse, explique-t-il. L’idée d’en concevoir une est venue lorsque je suis allé en compétition en Europe et que j’ai vu mes adversaires porter des prothèses adaptées pour le vélo. »

« De retour à la maison, j’ai développé un prototype à l’aide de mes proches, lesquels ont aussi mis leurs compétences à contribution. La première version que nous avons développée avec mon entraîneur de l’époque, Daniel Normandin, était en fibre de carbone et n’était pas vraiment adaptée au vélo. Lorsque j’ai changé d’entraîneur, Éric Van den Eynde m’a poussé à en concevoir une autre qui me permettait d’avoir la position parfaite afin d’optimiser le coup de pédale, mais je la trouvais trop lourde. Ça m’a pris trois autres essais pour que ça fonctionne. Nous en avons finalement machiné une quatrième en aluminium pour peaufiner le tout. »

Par ailleurs, le fait que Bourgault ait pu « trouver chaussure à son pied » ne serait pas étranger à sa fulgurante progression cette saison. « Ça a amélioré mon coup de pédale de façon très significative, mais je me suis aussi entraîné extrêmement fort », avoue-t-il.

Bourgault a entre ses mains un produit unique. « Il n’y a personne d’autre que moi au monde qui possède ce type de prothèse en aluminium. Les autres préfèrent la fibre de carbone. Ça pourrait être la prochaine étape pour moi, de la développer dans cette matière, ça rendrait la prothèse encore plus légère. »

L’athlète originaire de Saint-Jean-Port-Joli n’envisage cependant pas la commercialisation de son invention. « Je l’ai vraiment fait pour le plaisir. Je suis prêt à partager et développer mon savoir pour aider quelqu’un qui aurait envie de se mettre au vélo. »

Le Défi sportif marque pour les athlètes paracyclistes québécois le premier rendez-vous de la saison. « J’aime participer au Défi sportif parce que c’est la première compétition de la saison, et je suis tout le temps fébrile. Je suis impatient de me mesurer aux autres pour la première fois afin de vérifier si l’hiver a été profitable. »

Il n’y aura pas que le Défi sportif en 2008 qui occasionnera de la fébrilité chez Bourgault. En effet, ce dernier a appris en janvier qu’il participera aux Jeux paralympiques de Beijing, en septembre prochain. « Ce seront mes premiers Jeux paralympiques, donc il y a encore beaucoup d’inconnu et je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque », avoue Bourgault, qui affirme néanmoins être très confiant.

« C’était pour moi un objectif d’y être, et je me trouve privilégié d’avoir obtenu ma qualification. Je sais qu’un podium est possible, alors d’ici le jour « J », je vais tenter de développer au maximum des qualités nouvelles pour être aussi fort en course sur route qu’en course sur piste. »

En voilà donc un qui ne pédale pas dans le vide !



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