Simon Durivage : (…) Il y aurait un ou des athlètes en cyclisme ?

Robert Frosi : Il faut dire qu’il y a une ordonnance de non-publication et il y a aussi un huit clos qui a été demandé.

Nos avocats ont été à l’audience du Collège des médecins vendredi soir pour faire lever le huit clos et l’ordonnance de non-publication et tout va être décidé le 12 février prochain. Donc on en saura peut-être un peu plus sur des noms : qui, quoi, quand, où ?

En attendant, ce qu’on peut dire c’est que le 27 décembre dernier il y a eu une première audience devant le Comité de discipline du Collège des médecins et le Dr Maurice Duquette, un orthopédiste montréalais comparaissait devant ce comité de discipline. On lui reproche d’avoir prescrit de l’Epex. L’Epex c’est un médicament qui est à base d’érythropoïétine. Vous savez l’érythropoïétine est cette substance qui avait déclenché tout le scandale de dopage au Tour de France en 1998. C’est comme ça qu’on a commencé à découvrir c’était quoi l’ÉPO.

C’est une substance qui permet un meilleur transport de l’oxygène dans le sang. Pour vous faire une image disons que vous êtes en altitude au bas de la pente. Quand vous arrivez en haut, vous continuez à avoir du punch et pour finir votre course vous en avez encore !

Tout le monde en a de l’érythropoïétine mais, artificiellement, grâce à un médicament, on peut l’augmenter. Évidemment, si vous l’augmentez, vous augmentez aussi la performance.

Le syndic du Collège des médecins reproche au Dr Duquette d’avoir prescrit à onze personnes, durant une période de trois ans, entre 1998 et 2001, ces substances. On lui reproche aussi d’en avoir gardé en quantité, en grande quantité et quand les enquêteurs du Collège des médecins sont arrivés dans le cabinet du Dr Duquette on lui a demandé comment se fait-il que vous ayez autant d’Epex, il aurait dit ignorer la présence de cet Epex dans ses réfrigérateurs.

Il y a à l’heure actuelle une athlète d’élite de haut niveau qui a demandé, par le biais de ses avocats, le huit clos et une ordonnance de non-publication. On ne peut donc pas savoir de qui il s’agit.

Ce qu’on sait par contre depuis ce matin c’est que la Fédération québécoise des sports cyclistes nous a confirmé que c’est elle qui a saisi le Collège des médecins de toute cette histoire. Je vous propose d’écouter un bref entretien que j’ai eu avec Louis Barbeau qui est le directeur technique de la Fédération québécoise des sports cyclistes.

Louis Barbeau : Ce que je peux confirmer c’est que la Fédération québécoise des sports cyclistes a amené l’information au Collège des médecins à l’effet qu’un médecin offrirait de prescrire des substances qui pourraient augmenter les performances. On a signalé ça il y a déjà maintenant presque deux ans.

Robert Frosi : Comment avez-vous été alerté ?

Louis Barbeau : Un membre de la Fédération nous a contacté et nous a rapporté cette information. En raison de notre devoir de diligence, on a donc informé le Collège des médecins et le Collège a décidé de donner suite et de procéder à son enquête.

Robert Frosi : Est-ce que ça touche plusieurs membres de votre association ?

Louis Barbeau : Il y a des rumeurs à l’effet que des athlètes seraient concernés mais tant et aussi longtemps que c’est des rumeurs, on ne peut pas commenter sur des rumeurs, ni agir là-dessus. Dans l’éventualité où les rumeurs se confirmeraient, à ce moment-là la position de la Fédération a toujours été très claire en matière de dopage et on supporte toute la réglementation qui accompagne les sanctions.

Robert Frosi : Est-ce que le membre qui vous avait rapporté cette information parlait de plusieurs cyclistes, d’une cycliste ou d’un cycliste ?

Louis Barbeau : Il parlait de cyclistes, sans préciser le nombre, mais il y avait plus d’une personne.

Robert Frosi : Sur l’identité des athlètes impliqués, est-ce que vous en savez un peu plus ?

Louis Barbeau : Très très peu. Évidemment, il y a des noms qui circulent mais, encore une fois, c’est au stade des rumeurs et vous comprendrez que, pour l’instant, on ne peut pas commenter sur la base de rumeurs.

Robert Frosi : Mais de toute manière, pour que ça aille jusqu’au Collège des médecins, je suppose qu’il doit s’agir quand même d’athlètes d’élite ?

Louis Barbeau : Ce sont des athlètes membres de la Fédération.

Simon Durivage : Qu’est-ce qui va se passer maintenant ?

Robert Frosi : Le Comité de discipline du Collège des médecins va rendre sa décision le 12 février sur la demande des avocats de Radio-Canada de lever le huit clos et de non-publication. Le cyclisme ne serait pas le seul sport concerné. Sur les onze patients, il faut s’attendre à ce qu’il y ait des athlètes autres que des cyclistes.

__________________________________

La conversation de Simon Durivage et Robert Frosi et l'entrevue de Robert Frosi avec Louis Barbeau sont disponibles en fichier audio sur le site de Radio-canada.

Lisez également :
- Un dizaine d'athlètes suspectés
- Le président du cyclisme est favorable au code mondial antidopage mais...


De g. à dr. Geneviève Jeanson, Robert Frosi, Jacinthe Lemire et Daniel Larouche.
photo : Guy Maguire


Le 5 février 2003

Robert Frosi : Lyne Bessette est la médaillée d’or des Jeux du Commonwealth de 1998 et a été la cycliste de l’année au Canada en 2001. Elle se dit heureuse de l’intervention de sa Fédération dans cette affaire.

Lyne Bessette : Je pense qu’à la Fédération ils font leur travail. S’ils ont trouvé un pépin, c’est qu’ils font leur travail.

Robert Frosi : De plus, Lyne Bessette dit ne pas connaître le docteur Duquette.

Lyne Bessette : De toute façon, moi je connais pas ce docteur-là et j’ai jamais eu affaire à aucun docteur en fait. Donc, j’ai pas peur. Ils peuvent venir me poser des questions, j’ai pas peur du tout.

Robert Frosi : Daniel Larouche, le porte-parole de l’équipe cycliste RONA, à laquelle appartiennent Manon Jutras ( note du webmestre : Manon Jutras est passé chez Saturn en octobre 2002 ) et Geneviève Jeanson, a déclaré que c’était une affaire entre un médecin et son ordre professionnel.

Daniel Larouche : Nous notre politique c’est de ne pas commenter ce genre de litige ou d’affaire judiciaire entre des tiers. Donc, je vais en ce moment appliquer la politique.

Robert Frosi : L’entraîneur-chef du Centre national de cyclisme de Bromont, Éric Van Den Eynde, qui s’occupe de l’élite cycliste canadienne, n’est pas au courant de l’intervention de la Fédération et n’a pas voulu commenter.

Il nous a été impossible de rejoindre Clara Hughes, une cycliste québécoise émérite pour obtenir ses commentaires, pas plus que l’équipe masculine qui est présentement en Malaisie.



nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d'autre ?

Page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

veloptimum.net