La télédiffusion de L'aveu de Geneviève Jeanson à Radio-Canada, dans le cadre de l'émission Enquête, le 27 septembre 2007, a suscité beaucoup de réactions, comme ça avait été également le cas lors de la télédiffusion de Le secret de Geneviève Jeanson le 20 septembre 2007.

Alain Gravel, animateur de l'émission, indique « À voir la réaction qu’a suscitée notre enquête sur Geneviève Jeanson, c’est comme si le gouvernement avait été renversé » (Le tsunami Jeanson).

Voici des réactions publiés dans le Carnet d’Alain Gravel

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Merci pour votre très bon reportage. J'ai beaucoup de compassion pour elle et je suis complètement choqué par le témoignage de son père; tout part des parents. Je crois que Geneviève doit rentrer. Le Québec lui a déjà pardonné, tout le monde est derrière elle. Mais malgré tout, une question subsiste : que faire de tout cet argent qu'elle a gagné sur un immmense mensonge ? C'est dérangeant, mais j'espère la voir sous peu de retour ici...

Mehdi Bouhalassa, Iles de la Madeleine, 27 septembre

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Maintenant je comprends mieux. Lors du premier reportage j'ai ressenti un malaise profond qui me faisait remettre en question tout ce que madame Janson disait. Mais ce soir j'avais devant moi un humain, pas une machine drillée pour se défendre. J'ai aimé le fait que vous alliez plus loin que le dopage. Et je dois vous dire que le papa Jeanson ne repartirait pas de chez-moi sans confession. Sa fille avait 16 ans quand tout ça a commencé et de l'entendre lui dire de pousser et pousser sans arrêt m'a mis de la mélasse dans les veines. Le désir de gagner commence souvent pour faire plaisir à ses parents et s'ils ne sont pas là pour arrêter les frais, ou du moins manifester leur inquiétude, où s'en vont ces pauvres enfants ?

Hélène Lafleur, Montréal, 27 septembre

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J'ai écouté votre émission avec ma fille, qui a 25 ans et qui était sur le circuit de triatlhon et qui tentait sa chance en cyclisme à la même période.

La différence est que Geneviève était déjà sur le circuit élite et ma fille bataillait pour se tailler une place dans les juniors. On savait que la lutte était inégale. J'ai vu ma fille s'enfoncer et se dévaloriser. Les podims n'étaient plus accessibles malgré les 20 heures d'entraînement par semaine. Ma fille n'a jamais rien pris d'illégal mais a certainement été tentée. Nous n'avons jamais laissé son entraîneur décider pour elle. À 19 ans, à force de discussion, elle s'est retirée de ce monde et elle a terminé ses études avec 2 années de remise en question intense et un manque de confiance en elle.

J'espère que votre émission fera réfléchir les ados athlètes et leurs parents et si c'était à refaire, je ne suis pas certaine que je recommencerais. Il faut dire à Geneviève qu'elle n'a trompé personne. Ma fille est maintenant une maman extraordianre, elle bataille encore et est capble de verbaliser ce qu'elle a vécu. Tout n'est pas négatif, au contraire, il faut encourager le dépassement par le sport puisqu'il y a tellement d'apprentissage à y faire et tellement à transférer dans la vie de tous les jours.

Mais combien comme parent faut-il être attentif au quotidien de nos enfants. Comme société nous n'avons pas beaucoup d'outils pour nous aider. Les coachs ne sont pas outillés non plus. Nous avons des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes pour arrêter de fumer et bien il faudrait de ces campagnes d'éducation pour contrer le dopage chez les jeunes athlètes et ce, avec des athlètes de haut niveau dans tous les sports. Le problème, est-ce qu'il y aurait des athlètes professionnels qui pourraient faire la promtion d'un sport tout simplement propre ?

Cordialement
Joanne Moreau, Gatineau, 28 septembre

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J'ai regardé la deuxième partie de votre reportage et j'ai apprécié l'honnêteté de Geneviève et la tenacité de l'interviewer.

Les entraîneurs des années 80, comme Robert Van Den Eynde, ont contribué à développer le cyclisme québécois parce qu'un individu comme lui a eu beacoup d'intégrité. Sans orgeuil, sans argent, il s'est beaucoup dévoué et il avait de la reconnaissance envers ses athlétes. Ses athlètes, comme moi-même, lui étaient infiniment reconnaissants.

Il est dommage maintenant que l'argent et l'orgeuil tiennent une si grande place dans le sport. Ça gâche tout... le Tour de France surtout... D'ailleurs je me suis fait disqualifier du Tour de France féminin à deux étapes de la fin parce qu'après avoir reçu des soins du docteur du Tour, i.e de sa voiture, une autre voiture s'approcha de moi et j'ai mis ma main sur la portière. Les journalistes, à qui la voiture appartenait, ont causé ma disqualification. Les gars du tour masculin, eux, se dopaient déjà à cette époque... Ils ne se sont pas fait disqualifier... C'est vieux cette histoire là ... (je ne l'ai jamais digérée celle-là).

Je suis convaincue qu'un bon athlète peut performer en étant "clean". Il serait tellement plus simple si tout le monde se mettait d'accord... on pourrait recommencer à zéro et faire les choses avec la plus grande intégrité.

15 ans c'est Jeune... c'est l'âge des élèves à qui j'enseigne... ce ne sont pas des adultes... ils sont tous encore enfants...

Valérie Chartrand, enseignante à Coquitlam, Vancouver, 28 septembre

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Je trouve que la façon dont l'information liée à ce reportage a été traitée et diffusée s'apparente beaucoup plus au spectacle qu'au journalisme d'enquête. À quand le film avant la nouvelle ? Ceci dit je trouve que c'est du bon travail mais arrête« d'en faire un show !

Stéphane Beaudet, Montréal, 28 septembre

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J'ai été impressionné par le premier reportage, mais un peu déçu par le deuxième. J'ai eu l'impression du déjà vu, de la redondance, de l'étirement vu le grand nombre d'extraits vus au cours de la semaine. L'histoire aurait pu facilement être racontée dans une heure.

Jacques Gagné, Vaudreuil-sur-le-Lac, 28 septembre

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Monsieur Gravel,

J'ai toujours été et je demeure un admirateur de Geneviève jeanson. Pour cette raison, je n'ai pas aimé votre reportage, ni votre façon de faire. Vous avez harcelé madame jeanson pendant des mois (vous vous en êtes même vanté), jusqu'à ce qu'elle dise exactement les mots que vous vouliez entendre. À force de harceler, on peut faire admettre n'importe quoi à n'importe qui, et c'est encore plus facile avec une personne dans un état de vulnérabilité. Ça, vous l'avez compris depuis longtemps. Par contre, vous semblez être un des rares à ne pas avoir compris, en 2005, lorsque Geneviève a baissé la tête en disant qu'elle acceptait et qu'elle s'est retirée de la compétition.

Elle a fait ce qu'elle devait faire, n'a mis personne dans l'embarras, a accepté tout le blâme et s'est éloignée en silence, allée tenter de refaire sa vie loin de tout le cirque médiatique que les journalistes de votre genre entretiennent. Si vous l'aimez autant que vous le dites, laissez-la donc tranquille ! Elle a triché, tout le monde le savait ! Mais ce n'est pas qu'une tricheuse, c'est aussi une personne à la fois forte, brillante et sensible, qui a été manipulée par son entourage quand elle était jeune. Pourquoi continuez-vous dans la même veine ? Les cotes d'écoute ne peuvent justifier toutes les bassesses.

Alain Giguère , Lac-Etchemin, 28 septembre

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Dans votre réponse aux commentaires qui ont été formulés à la suite de la diffusion de votre reportage, vous opposez l'intérêt public à la vie privée. Pourtant là n'est pas la question. En ce qui concerne l'intérêt pubilc la question est plutôt la suivante : pourquoi consacrer autant de temps à un sujet qui aurait facilement pu être traité en 30 minutes ?

Elle a menti, elle était prise dans un engrenage, elle était manipulée et son entourage n'aurait pas été vigilent. Manifestement, vous avez "étiré la sauce" pour gonfler l'évènement. L'amplitude donnée à cet évènement dépasse largement l'importance qu'il peut avoir au plan de l'intérêt public. L'enflure du reportage indique alors que l'objectif d'information dans l'intérêt public est largement dépassé et que ce dépassement déborde alors dans la sphère du spectacle télévisuel. Avec tout le respect, je crois que l'idée de créer l'évènement médiatique a pris le dessus sur l'objectivité de la juste information du public. Ce manque de mesure quant à l'importance de l'évènement fait en sorte que les médias perdent graduellement leur crédibilité. Parfois, cela devient même odieux quant on pense à des questions beaucoup plus importantes qui n'ont pas l'ombre de la couverture accordée à des sujets d'importance secondaire. À cet égard, visionnez le reportage sur les Martyrs du golfe d'Aden qui était diffusé le même soir que votre reportage. Évidemment, créer l'évènement c'est augmenter les cotes d'écoute et c'est aussi travailler à des intérêts qui ne sont peut-être pas ceux du public...

Robert Desroches, Québec, 28 septembre

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La deuxième émission, "L'aveu", n'a pas permis de répondre à toutes mes interrogations.

Pourquoi Geneviève Jeanson a-t-elle acceptée d'accorder cette entrevue à Alain Gravel alors que sa période de radiation était sur le point de prendre fin ? Avait-elle entrepris des démarches afin de revenir à la compétition sans succès ? Cette entrevue coïncide avec la fin de son aventure avec André Aubut. Cette entrevue fait-elle partie de sa thérapie, lui permettant ainsi de se libérer d'un secret que seule elle et André Aubut connaissait ? Ou bien peut-être l'a-t-elle fait dans le but de démontrer au public qu'elle est innocente ?

Autre question : Pourquoi a-t-elle continué à prendre de l'EPO une fois son taux d'hématocrite élevé détecté ? Elle a mentionné avoir eu peur de mourir. C'est André Aubut qui lui a dit de ne pas le lâcher, a-t-elle mentionné. Entre ta vie et les souhaits de ton entraîneur, le choix me semble assez facile. G. Jeanson voulait-t-elle continuer à tricher pour faire de l'argent ?

Étant amateur de vélo, je suivais la carrière de Geneviève de près. Dans ce dernier reportage, j'ai trouvé ses propos vagues, incertains, semant la confusion.

Je lui souhaite des jours heureux et j'espère qu'elle pourra mettre une croix sur tout cela et passer à autre chose. Elle s'est fait prendre dans un mauvais engrenage et n'a pas été en mesure de s'en sortir.

Sylvie Narbonne, Montréal, 30 septembre

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Aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988, un nom revient immédiatement en tête : Ben Johnson. Devant des preuves évidentes, il n'a eu d'autres choix que de plaider coupable à l'usage de stéroïdes anabolisants. La même année, au tennis, l'américain Brad Gilbert surprenait tout le monde en remportant la médaille de bronze. Sans être un talent naturel, Gilbert a réussi à se forger une brillante carrière par des heures et des heures d'entraînement et d'acharnement. Après avoir pris sa retraite, il a décidé d'écrire un livre sur ses exploits dont le titre était : "Winning Ugly".

Les deux bras dans les airs après son 100 mètres, dans un sens différent de celui de Brad Gilbert, Ben Johnson a aussi eu son "Winning ugly".

Pendant qu'Andre Agassi engageait Brad Gilbert comme entraîneur pour le remettre parmi l'élite mondiale du tennis, Geneviève Jenson, sous les approbations de son entraîneur André Aubut, absorbait l'EPO pour la maintenir parmi l'élite mondiale du cycliste féminin.

L'auteur de "Winning Ugly" a redonné vie à l'un des plus grands joueurs de tennis de tous les temps. L'autre Winning Ugly a failli enlever la vie de celle qu'il voyait comme une grande. Alors qu'Agassi devenait papa d'une petite fille le 3 octobre 2003, 8 jours plus tard à Hamilton, l'hématocrite de Jeanson indiquait un taux de 56%. Elle craignait elle-même pour sa vie et croyait mourir tant son coeur battait.

Des larmes de fierté sortaient des yeux de Brad Gilbert lorsqu'Agassi a officiellement annoncé sa retraite après avoir perdu son dernier match au US Open 2006.

Des larmes de tristesse sortaient des yeux de Geneviève Jeanson lorsque, devant vous, elle a officiellement annoncé son secret après avoir perdu son dernier match, la vérité.

Geneviève, tu t'es libérée d'un poids énorme, mais aujourd'hui, l'Union cycliste internationale te retire toutes tes victoires. Toutefois, il te reste une seule victoire à gagner... la victoire de l'honneur et celle-là, personne ne pourra te la retirer.

Luc Dostie, Edmonton, 30 septembre

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Cette série de deux émissions a eu un très large impact médiatique. Les deux heures de reportage sont d'une indéniable qualité. Mais, en les écoutant, la première sans interruption, la deuxième en pointillé, je n'ai pas réussi à faire taire un malaise persistant. Je n'ai cessé de me demander : quels intérêts sont les mieux servis par ce contenu, son traitement et leur impact ?

Avec beaucoup de respect pour les gens concernés, et sans remettre en cause la rigueur journalisque de M. Gravel, j'ose demander : qui sort gagnant ? un journaliste ? la promotion d'une nouvelle émission ? un réseau de télé ? Il me semble qu'il faudrait être naïf pour ne pas situer ce genre de coup médiatique dans le contexte très concurrentiel de la rentrée télé.

Et, dans ce contexte, on est aussi en droit de se demander si Mme Jeanson, quoiqu'elle ait librement consenti à participer à l'émission, n'est pas de nouveau instrumentalisée, cette fois, par les médias. En tout cas, pour l'instant, il est beaucoup plus facile d'identifier les gagnants qu'une hypothétique gagnante.

Respectueusement
Jean-François Bouchard, Vaudreuil-Dorion, 1er octobre

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M. Gravel, vous nous avez présenté deux GJ :

La première, aux allures de petite punk rebelle, arrogante, mal engueulée, qui accuse tout le monde et qui continue d'affirmer n'avoir jamais pris de drogue. La seconde, mieux mise, avec ses petites lunettes. Les gros mots et l'arrogance ont cédé la place aux larmes et au discours plus modéré.

Entre les deux «images», il y a eu l'intervention de monsieur Larouche. Un relationniste, c'est un spécialiste des images. Je crois que c'est lui qui a écrit le scénario de la 2e partie. Volontairement ou non, vous êtes entré dans son jeu.

Durant la carrière de cycliste, c'était le tandem Aubut-Jeanson. La phase de réhabilitation nous fera connaitre un nouveau tandem. À lire les commentaires qu'a suscité votre reportage, le succès ne sera pas moins grand.

Ce que je n'accepte vraiment pas dans cette histoire, c'est que lors de chaque course gagnée par GJ, il y avait une deuxième qui se faisait voler sa médaille, sa minute de gloire, peut-être quelques dollars, une possibilité de commandite, une place sur une équipe nationale, une participation aux Olympiques.... à cause d'une tricherie. Étonnamment, GJ ne nous a pas parlé de celles qui finissaient derrière sinon pour nous dire qu'elle «voulait les saigner».

Cela m'a rappelé une Jacqueline Gareau, une Sylvie Fréchette, le couple Salé-Pelletier tous victimes d'une tricherie. Ces victimes ont toutes reçu la médaille et les honneurs qui leur étaient dus.

Alors j'imagine monsieur Larouche déjà en train de préparer la cérémonie où une GJ magnanime et repentante viendra dramatiquement se dépouiller de ses médailles pour les remettre aux véritables gagnantes. Quant aux dollars amassés, les commanditaires devront probablement en faire leur deuil. Durant toute sa carrière cycliste GJ a réussi à les duper comme elle a dupé ses fans avec l'aide de son entraîneur (et d'un peu d'EPO). Espérons que le nouveau tandem ne nous joue pas le même tour.

Pierre Bouchard, Québec, 2 octobre


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