Un rapport d’expert conclut qu’elle produit des « faux positifs »
Montréal, le 28 novembre 2006 – La cycliste canadienne résidant aux États-Unis, Geneviève Jeanson, annonce qu’elle a accepté une offre de règlement de la United States Anti-Doping Agency (USADA), en rapport avec un test d’urine prélevé le 25 juillet 2005 et trouvé positif à l’érythropoïétine (EPO).
Après avoir d’abord demandé une suspension à vie, la USADA a offert à madame Jeanson une période d’inéligibilité de deux ans, commençant le 25 juillet 2005 et se terminant le 25 juillet prochain.
L’entente stipule que les deux parties ne modifient pas leurs positions respectives. Il y est écrit explicitement que l’entente ne constitue pas une admission de madame Jeanson d’avoir fait usage d’EPO. L’entente a pour but « d’éviter aux parties le fardeau d’une audition devant le tribunal nord-américain d’arbitrage sportif de l’American Arbitration Association. » On peut trouver le texte intégral de l’entente ici.
« Après mûre réflexion j’ai décidé d’accepter l’offre de la USADA, a indiqué madame Jeanson. L’entente proposée satisfait mes deux préoccupations :
• d’abord, il est clair que l’entente n’implique pas que j’admets avoir jamais fait usage d’EPO, ce qui est fondamental pour moi;
• en deuxième lieu, je vais enfin en finir avec ce différend, qui prend trop de place dans ma vie et draine toute mon énergie depuis des mois. À la dure, j’ai appris que le proverbe dit vrai : "le pire des arrangements vaut mieux que le meilleur des procès." Si je vais en arbitrage, gagne ou perd, je frémis rien qu’à penser à la possibilité d’appels. L’offre de USADA me permet de retrouver ma vie. »
« De toute ma carrière, je n’ai jamais pris d’EPO, ni d’aucune substance interdite, a répété madame Jeanson. Depuis que la USADA m’a informée que j’avais été testée positive en juillet 2005, j’ai fait des recherches pour m’expliquer comment cela avait pu se produire. J’ai obtenu la collaboration du réputé Dr Joris Delanghe, professeur et chercheur à l’université de Gand en Belgique. Je lui suis très reconnaissante d’avoir accepté gracieusement d’investiguer mon cas. »
Des échantillons faussement positifs
Les travaux du Dr Delanghe ont déjà démontré que certains athlètes produisaient des échantillons d’urine qui donnaient des résultats faussement positifs à l’EPO, lorsque les échantillons étaient prélevés peu après un effort intense – comme ce fut le cas du prélèvement d’urine effectué sur madame Jeanson le 25 juillet 2005. Madame Jeanson a fourni un échantillon d’urine peu après avoir complété le dur prologue du Tour International d’Altoona à plus de 40 km/h de moyenne.
Les recherches du Dr Delanghe ont déjà permis d’innocenter le triathlète belge Rutger Beke en démontrant qu’il produisait de tels résultats faussement positifs.
Le Dr Delanghe a analysé les circonstances qui ont entouré le prélèvement et l’analyse de l’échantillon prélevé le 25 juillet 2005. Il a également soumis à des tests appropriés des échantillons d’urine fournis par madame Jeanson après des exercices violents.
Dr Delanghe a produit un rapport d’expert, dont copie a été soumise à USADA dans le processus de préparation de l’arbitrage.
Dr Delanghe arrive à quatre conclusions principales :
• La qualité pré-analytique de l’échantillon prélevé le 25 juillet 2005 n’était pas suffisante pour obtenir un résultat d’analyse fiable.
• Dans les cas de protéinurie sévère provoquée par l’exercice violent (ce qui est le cas de Jeanson), on peut formuler de sérieux doutes quant à la validité du test EPO.
• Le résultat négatif de l’analyse d’un échantillon prélevé trois jours plus tard [note : par l’agence mondiale anti-dopage] mettent en question le caractère positif de l’échantillon du 25 juillet.
• L’analyse détaillée du phérogramme suggère la présence dans l’urine de madame Jeanson de protéines naturelles qui ressemblent à l’EPO.
Le rapport ajoute : « Geneviève Jeanson produit des protéines urinaires spécifiques qui produisent une réaction croisée avec l’anticorps monoclonal AE7A5 utilisé dans le test epo par [le laboratoire de] UCLA. »
(On peut trouver le sommaire de son rapport ici).
« Je sais que je ne convaincrai jamais tout le monde de mon innocence, a conclu madame Jeanson. L’innocence ne se prouve pas. Mais les travaux du Dr Delanghe m’ont éclairée sur les causes probables de l’incident du 25 juillet. »
Sur l’éventualité d’un retour à la compétition, madame Jeanson a conclu : « J’ai 25 ans et j’ai encore de bonnes années devant moi. En acceptant l’offre de la USADA, je viens de prendre une difficile décision. Les autres décisions attendront. »
Source : Daniel Larouche
Larouche Consultant Inc.
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Page mise en ligne le 28 novembre 2006 par SVP

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