24 novembre 2009
Elle est là, elle existe, et Clara Hughes est toujours à sa recherche après toutes ces années passées comme athlète d'élite.
Shi Davidi
La course parfaite. Cette journée magique où tout se déroule parfaitement. Cette combination corps-esprit fluide, lorsque le mouvement n'est pas trahi par des crampes aux jambes ou par des poumons en feu. Lorsque le cerveau n'a pas à fouetter des membres épuisés qui n'ont plus rien à donner.
Ce rare instant où un athlète sait qu'il lui aurait été impossible de faire mieux lors d'une compétition.
"Je repense à chacune de mes courses, à mes victoires aux Olympiques, et je constate que je n'ai jamais eu l'impression d'avoir livré une performance parfaite, a récemment expliqué la vétérante et vedette du patinage de vitesse en entrevue.
"Mon objectif est d'être meilleure que jamais. Je ne peux contrôler où cela me situera par rapport aux autres mais je peux me pousser, peut-être même au-delà de ce dont je me serais crue capable."
Voilà des propos bien étranges venant d'une athlète telle que Hughes, qui s'amènera aux Jeux de Vancouver détentrice de cinq médailles olympiques, dont une d'or sur 5000 mètres en 2006.
Cette attitude démontre pourquoi Hughes est parvenue à demeurer une meneuse dans sa discipline, elle qui est passée du cyclisme au patinage de vitesse il y a environ dix ans.
"Ce qui est le plus satisfaisant c'est quand j'atteins un état où j'ai l'impression d'être en dehors de mon corps, comme si la course passait littéralement à travers moi", explique l'athète de 37 ans native de Winnipeg, qui habite Glen Sutton au Québec.
"C'est pour cela que je m'entraîne, pour arriver à ce point où il ne reste plus que l'efficacité du mouvement et où je suis reliée à chacune des cellules de mon corps. C'est un sentiment tout à fait indescriptible."
Ces sentiments indescriptibles, Hughes n'en a que peu connus la saison dernière. Pendant longtemps elle s'est même demandé si elle était déjà sur la pente descendante. Il faut dire qu'en 10 épreuves de Coupe du monde, son meilleur résultat fut une cinquième place. Ses enjambées manquaient alors de vigueur et plutôt que de tenter de s'améliorer, elle a cherché simplement à éviter les dommages.
Le vent a tourné
Le point tournant est survenu le printemps dernier, lors des championnats mondiaux par distance individuelle à Richmond, C.-B., où Hughes a récolté la médaille d'argent sur 5000 m.
Puis, cet été, elle a réalisé combien il était important de se débarrasser de tout doute avant le début de l'année olympique.
"Sans cette course j'aurais continué à m'inquiéter et à croire que je ne pouvais plus patiner. L'an dernier je me sentais forte et en forme, mais je n'étais plus capable de patiner vite. J'avais besoin de ce résultat pour continuer à croire en moi, à savoir que je pouvais être meilleure que jamais."
C'est cet objectif d'être toujours meilleure que Hughes poursuit depuis Calgary, en 1988. Alors adolescente à Winnipeg, elle avait regardé ces Jeux et était alors tombée amoureuse du patinage de vitesse. Elle s'y mettait d'ailleurs peu de temps après mais un an plus tard elle passait au cyclisme, un sport qu'elle a rapidement adopté et dans lequel elle s'est fait un nom.
Mirek Mazur, entraîneur de l'équipe provinciale de cyclisme au Manitoba, a immédiatement été impressionné par sa nouvelle recrue. Hugues l'a ensuite suivi en Ontario, où il est devenu responsable du programme olympique. C'est sous sa férule qu'elle a gagné deux médailles de bronze aux Jeux d'Atlanta en 1996.
"Difficile de trouver quelqu'un avec un tel sens de l'éthique au travail, soutient Mazur. Quand il était prévu de faire quelque chose, elle le faisait. Elle posait des questions, elle était curieuse, et elle y allait avec coeur."
Hughes a continué à faire du cyclisme jusqu'aux Jeux de Sydney en 2000, avant de s'atteler à son premier rêve, celui de compétitionner aux Jeux olympiques en patinage de vitesse.
Les résultats ne se sont pas fait attendre puisqu'elle a mis la main sur la médaille de bronze sur 5000 mètres à Salt Lake City en 2002. Du coup, elle est devenue la quatrième athlète, la deuxième femme seulement, à être médaillée tant aux Jeux d'été qu'à ceux d'hiver.
En compétitionnant dans son propre pays, à Vancouver, au mois de février 2010, Hughes pourrait fort bien boucler la boucle. Après tout, c'est à Calgary qu'est né son rêve olympique, il y a 22 ans.
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