30 mai 2009

Charmante nature

GLEN SUTTON - La béatitude existe. On l’a trouvée dans une maison toute en pin au haut d’une route de gravier, où une championne olympique s’y réfugie avant la folle tourmente de la prochaine année.

Bienvenue chez Clara Hughes. Même si elle nous a donné rendez-vous à l’embranchement de deux routes, on a vite rejeté la présomption qu’elle voulait préserver l’intimité de son refuge. « Il vaut mieux qu’on prenne un seul véhicule pour ne pas abîmer la route que le monsieur est en train de niveler» , explique-t-elle, avant de nous faire monter dans son VUS.

Et nous voilà arrivés « en haut », mais pas avant d’avoir laissé la célèbre patineuse étreindre une voisine qu’elle retrouve après de longs mois d’absence.

À chaque fleur près
On découvre dans la nature de cette vallée de Glen Sutton la même générosité que dégage l’illustre athlète qui nous accueille. Charmante, pleine de vie, naturelle et quoi encore; décidément, l’osmose est parfaite.

Sur place, on saisit mieux pourquoi c’est ici, à moins de deux kilomètres avant que le Québec ne se fonde au Vermont, que la dame revient quelques semaines pour lancer son régime d’entraînement. Ces grands espaces conviennent pour construire le cardio, tantôt à vélo, tantôt à la course à pied.

« Je ne sais pas par coeur les noms de toutes les routes. Mais je connais tous les circuits imaginables dans la région et je repère vite les légers détails qui apparaissent depuis la dernière fois où j’ai passé à un endroit. Je peux dire : tiens, cette maison a ajouté des volets ou les fleurs ont poussé ici », fait-elle.


Clara Hughes puise dans «ses» Cantons-del'esr l'équilibre nécessaire à sa riche carrière d'olympienne.
photo : Daniel Mallard

Nécessaire pour l’équilibre
Avant de regagner la froideur du béton urbain de Calgary ou de Richmond, Clara revient dans son coin des Cantons-de-l’Est où elle a acquis une maison avec son mari, il y a neuf ans. Elle n’y séjourne que l’équivalent d’un mois ou deux par année, mais le retour provoque le même effet apaisant à chaque fois.

« J’en profite pour lire beaucoup, faire la cuisine, étudier les oiseaux. L’ambiance que je retrouve est relaxe et elle est nécessaire pour mon équilibre puisque je suis tellement occupée le reste de l’année. »

Oasis espéré
La native de Winnipeg est tombée sous le charme de la région à l’époque où elle menait deux carrières de front et qu’elle s’entraînait en cyclisme à Bromont. « Je n’avais jamais entendu parler des Cantons-de-l’Est, mais le vélo m’a permis de découvrir des routes et des paysages merveilleux » , rappelle-t-elle.

Par l’entremise de sa copine et ex-coéquipière Lyne Bessette, originaire de Knowlton, une idée a cheminé. Un oncle de la Québécoise, agent immobilier, a déniché pour Clara Hughes la maison espérée et selon des critères qu’elle lui avait définis : forêts, montagnes, papillons et calme.

Ce printemps-ci plus que jamais, afin de s’attaquer aux derniers mois d’une carrière qui se terminera avec les Jeux olympiques de Vancouver, elle savoure ce vaste terrain de jeu.

« Quand je suis venue ici pour la première fois, j’ai eu cette réaction : wow ! Mon mari s’est aussi senti très bien dès le premier instant, un peu comme s’il avait eu l’impression d’être déjà venu ici. À Calgary ou à Richmond, s’entraîner, c’est comme le travail. Ici, c’est différent. »

Chez elle pour toujours
De chez elle, on entre au Vermont par les bois. C’est dire combien peu s’en faudrait pour que nous échappe celle qu’on désigne comme l’athlète féminine la plus complète au Canada. Il y a peu de risques, cependant.

« Je vis à trois endroits depuis plusieurs mois. Après les Jeux de Vancouver, je ne voudrai plus patiner et je n’ai pas l’intention de m’installer à Calgary. Moi et mon mari, on a des projets de beaucoup voyager après ma carrière, mais je ne me lasserai jamais de venir ici. Je n’ai jamais vu l’automne et j’imagine que ça doit être l’endroit idéal pour y voir toutes les couleurs des feuilles...»

Même discrète, les voisins et résidants savent quand Clara est de retour à la maison. Au coin du chemin Haggerty et de Bridge Road, Carole et Raymond ont épinglé un message de bienvenue sur le perron de leur maison, qu’ils signent ainsi : « Bravo encore et bonne route vers Vancouver 2010. Nous sommes fiers de toi. »

Comment ne pas succomber ?



nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d'autre ?

Page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, svpsports@gmail.com
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

veloptimum.net