Alors que l'économie semble engagée dans une phase descendante, la patineuse de vitesse Clara Hughes croit que le moment est idéal pour les entreprises canadiennes d'investir dans les athlètes olympiques.
Multiple médaillée olympique, Hughes bénéficie du soutien de plusieurs compagnies. Mais lorsqu'elle a constaté que sa coéquipière Kristina Groves, Hughes a décidé de convoquer les médias à une conférence de presse mercredi, durant laquelle elle a supplié les chefs d'entreprises d'appuyer financièrement les athlètes qui se préparent pour les Jeux olympiques de 2010 à Vancouver et Whistler.
Le discours de Hughes se résumait à ces quelques mots : les athlètes olympiques représentent de la main-d'oeuvre à bon marché.
"Lorsque vous regardez les millions et les milliards de dollars investis dans les budgets de publicités, je crois que les compagnies qui appuieraient des athlètes bénéficieraient d'un excellent retour sur leur investissement, surtout à une époque où les athlètes canadiens bénéficient d'autant de couverture médiatique", a affirmé Hughes.
Cette conférence de presse relevait d'une initiative personnelle de Hughes, et aucun autre athlète canadien ne l'a accompagnée. Chris Rudge, directeur général du Comité olympique canadien, ignorait la démarche de Hughes.
"Il n'y a probablement personne de plus gentil dans le monde du sport que Clara, a fait remarquer Rudge. Elle est très conscientieuse et très soucieuse du bien-être des athlètes.
"J'imagine que c'est vrai que plusieurs athlètes ne reçoivent pas de subventions individuelles, et je ne pense pas qu'il soit malencontreux de livrer le message à l'effet que ces jeunes femmes et hommes méritent d'être soutenus financièrement, que ce peut être profitable pour une entreprise d'investir dans des athlètes et que nous aimerions voir plus de compagnies d'agir de la sorte", de renchérir Rudge.
Les athlètes de pointe du Canada qui doivent participer aux Jeux de 2010 sont financés principalement par l'argent des contribuables. Ils reçoivent environ 18 000$ de la part de Sport Canada.
"A Nous le Podium", un programme quinquennal de 120 millions $ visant à permettre au Canada de remporter plus de médailles que tout autre pays en 2010, verse de l'argent aux fédérations sportives selon leur potentiel de médailles. Le gouvernement fédéral contribue 55 millions $ de la somme totale du programme.
"Je pense que le gouvernement donne suffisamment et je crois qu'il est temps que le secteur privé fasse sa part, supporte les athlètes et affiche sa fierté envers eux", a déclaré Hughes.
Des entreprises canadiennes contribuent déjà en vue de 2010, mais la plupart des sommes d'argent iront aux Jeux olympiques et non pas aux athlètes directement.
Hughes est d'avis que les athlètes ne veulent pas recevoir de cadeaux des entreprises et sont prêts à travailler pour leur argent. Et elle est incapable de comprendre pourquoi Kristina Groves ne peut obtenir le soutien financier des entreprises canadiennes.
"Kristina a gagné deux médailles d'argent pour le Canada. Elle est une personne magnifique, éloquente, et elle va dans les écoles pour faire partager son rêve olympique. Ca me dépasse de voir que personne n'a encore voulu s'associer à elle. Je n'en reviens tout simplement pas. Pourquoi devrais-je bénéficier d'un appui, et pas elle ?"
Hughes, qui réside en permanence à Glen Sutton, en a profité pour faire l'éloge des entrepreneurs établis au Québec, une exception au Canada en matière de financement des espoirs olympiques, selon elle.
"Le niveau de commandite des athlètes par les entreprises privées est complètement différent du reste du Canada, a affirmé Hughes. Au Québec, les entrepreneurs chérissent leurs athlètes et pas seulement lors d'une année olympique mais lors des quatre années précédant les Jeux, et lors des quatre années qui suivent. Si le reste du Canada suivait cet exemple, je pense que l'histoire serait complètement différente pour les athlètes de ce pays, et nous aurions encore plus de succès."
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