6 mai 2006


Le meilleur souvenir de la carrière sportive de Pierre Harvey :
sa première coupe du monde en ski de fond, en 1987.
photo : Erick Labbé
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Pierre Harvey

Dire qu’on le surnommait « le gros ».

Pierre Harvey est le bébé des cinq enfants de la famille de Rimouski. Il était un bon à l’école, au grand plaisir de sa mère, mais « pourri » au hockey, « pourri » au baseball. Il aimait le chocolat et les croustilles. Il était grassouillet et peu sportif. «T’es trop gâté le gros, tu feras jamais rien dans la vie» lui disaient ses frères.

Ah vraiment ? Il veut faire mentir ses frères. À 12 ans, Pierre Harvey se met à faire de la natation. Deux ans plus tard il remporte la médaille de bronze aux Jeux du Québec de 1971. « Mais quand j’ai commencé le vélo, un sport d’endurance, là, je suis tombé dans mon champ de fraises. Je me suis démarqué », dit-il.

Démarqué ? Le mot est faible. En 1984, il participe aux Jeux olympiques d’hiver à Sarajevo (ski de fond) et à ceux d’été à Los Angeles (vélo). Un doublé très rare. En 1987-88, il gagne trois coupes du monde en ski de fond. Il est membre de l’Ordre du Canada, intronisé au Temple canadien de la renommée de ski. La semaine dernière, à Québec, il a pris place au Temple de la renommée olympique canadien avec quatre autres athlètes, dont Sylvie Fréchette. Grâce à ce nouvel honneur, il est notre lauréat cette semaine.

Curieusement, malgré toutes ses victoires, Pierre Harvey n’a jamais gagné de médaille olympique. Est-il déçu ? « Non. J’aurais aimé gagné aux JO. Mais dans les années 80, pour gagner, il aurait fallu que je me dope. Tricher ? Il n’en était pas question. Je n’ai pas de regrets parce que je sais pourquoi je n’ai jamais gagné aux JO ». Deux semaines avant les JO de Calgary il se classe quatrième à une coupe du monde. Deux semaines après les JO, il gagne deux coupes du monde de suite. Pourtant, aux JO de Calgary, il rentre... 15e. « J’étais de calibre. Mais je ne me dopais pas ». Les Russes et les Allemands de l’Est était prêts à tout pour gagner, particulièrement aux JO. « Aujourd’hui, les Jeux, c’est plus propre », s’empresse-t-il d’ajouter.

Présentation
Lauréat : Pierre Harvey

Catégorie : Sport

Occasion : il a fait son entrée au Temple de la renommée olympique canadien La place accordée à Pierre Harvey au Temple olympique canadien montre bien qu’on ne l’oublie pas, lui qui a pris sa retraite de la compétition depuis 1988. « Il a été un des plus grands athlètes au Canada », dit Réal Labbé, journaliste sportif au Soleil.

« Aujourd’hui, je n’ai pas la machine d’avant, mais je suis encore à l’aise dans le sport », avoue Pierre Harvey. Son grand plaisir, c’est de partir à vélo par beau temps, le samedi matin. St-Férréol-Baie Saint-Paul. Aller-retour. Cinq heures. de vélo. Rien que cela.

Il éprouve toujours autant de plaisir sur deux planches l’hiver, sur deux roues l’été. Pierre Harvey est un véritable « accro » de l’activité physique.

« Le corps libère des endorphines, une drogue naturelle qui ressemble à la morphine. Alors quand je suis deux jours sans bouger, je suis en manque », explique-t-il.

Les trois ados de Pierre Harvey (Laurence 13 ans, Sophie 15 ans et Alex 17 ans) suivent les traces de leur père: ski de fond l’hiver, vélo l’été. Du sport par goût, et pour gagner. Le père est le premier surpris... et pas mal fier de sa progéniture « Je croyais qu’à partir de 12 ans, Alex allait s’écœurer du sport. Mais non ! Maintenant, il est choisi pour participer à des compétitions. Ses sœurs le regardent avec envie. Elles veulent ça aussi. C’est un beau cadeau ». D’autant plus qu’il ne les a jamais poussé vers le sport et n’a jamais joué au coach avec eux. « Je suis plutôt du genre à leur proposer de venir en ville pour visiter les musées. »

Ingénieur de formation, Pierre Harvey travaille chez Précicad une compagnie d’ingénierie assistée par ordinateur. Et il parle avec enthousiasme de ce corset en fibre de carbone moulé sur l’athlète que lui et ses collègues ont inventé pour les acrobates du Cirque du Soleil pour remplacer l’ancien harnais de sécurité, visible à travers les costumes de lycra. Quelle pièce changer pour réduire le coût ? Quel matériau pourrait renforcer la structure ? C’est souvent en courant le matin, avant de rentrer au travail, qu’il trouve les solutions.

À l’aube de la cinquantaine, Pierre Harvey est un homme comblé. « Je suis même plus heureux qu’avant », dit-il. «Le gros» a bien fait son chemin dans la vie.



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par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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