1985

- 7e au 15 km de la Coupe du monde de skki de fond de Witosha en Bulgarie
- 17e au 50 km de la Coupe du monde de sski de fond de Lahti en Finlande
- 11e au 15 km de la Coupe du monde de sski de fond de Syktyvkar en Union soviétique
- 15e au 30 km de la Coupe du monde de sski de fond de Falun en Suède
- 8e au relais 4 x 10 km, 22e au 30 km, 24e au 50 km et 25e au 15 km aux Championnats du monde de ski de fond à Seefeld en Autriche
- gagnant au 15 km, au 30 km et au relaiis 3 x 10 km et 7e au 50 km aux Championnats canadiens de ski de fond au Mont Sainte-Anne


« ML : Comment s’est fait l’arrivée du pas de patin dans le ski de fond ? Une nouvelle technique, qui entraîne un nouveau style d’entraînement, une nouvelle technologie. Comment avez-vous vécu ça ?

PH : Pour moi ça a été bénéfique. Quand est arrivé le pas de patin, ça me donnait une chance de partir à zéro comme tous les Norvégiens, comme les pays scandinaves qui avaient tout un héritage technique. Ils avaient la meilleure technique, ils avaient les meilleurs farteurs, les meilleurs entraîneurs. Ils ont perfectionné avec des champions qui se sont passés le relais de l’un à l’autre. Pour nous, les nord-américains, c’était une chance de partir sur le même pied que tous les scandinaves.

C’est à cause de ça que j’ai gagné trois Coupes du monde, les trois en patin.

Mais c’est arrivé de façon bien drôle. C’est un américain, Bill Koch qui l’a comme exposé au public. Ça origine, selon ce qu’on m’a dit, de Finlandais qui faisaient des courses de ski sur des lacs. Il n’y avait pas beaucoup de neige en début de saison, alors sur un lac gelé avec une petite couche de neige. Tu es sur le plat et tu pousses en double poussée. Pour aller plus vite, en sortant un ski latéralement, ça te permet d’avoir une poussée latérale qui te fait avancer plus vite.

ML : Donc ça c’est le pas marathon ?

PH : Le pas de patin, le pas marathon. Il y avait un Finlandais, Titanen, qui était venu faire une course ici, le marathon de la Rivière Rouge. Il avait battu Bill Koch. Titanen avait peut-être 40 ans et les autres étaient dans la vingtaine. Donc Koch est parti sur cette technique-là et il l’a agrandie. Au lieu d’avoir un ski dans la piste et un ski à l’extérieur pour une poussée latérale, Koch s’est mis à partir des courses avec aucune cire sous ses skis et être capable de monter des côtes en poussant gauche-droite, en pas de patin.

ML : Est-ce que les autorités de la FIS ont dit « Arrête ça » ou il y a un nouveau paradigme qui est en train de naître ?

PH : Ils étaient très choqués. Les scandinaves étaient choqués… Premièrement un Américain qui vient gagner une Coupe du monde avec une technique que c’est pas eux qui ont développée, ça défavorise leurs athlètes. Donc ils étaient frustrés. Ils sont très très conservateurs. Ils ne voulaient pas que le sport change.

Donc l’année suivante on s’est mis à obliger à avoir une ligne rouge au pied d’une pente et t’a pas le droit de faire de patin de tel endroit à tel endroit, parce que les skieurs partaient avec aucune cire sous les skis et s’en allaient en pas de patin et montaient la côte comme ça. Mais là il y avait des officiels au pied de la côte et tu étais obligé de garder les deux skis dans la piste. Si tu sortais un ski en dehors de la piste tu étais disqualifié.

Donc on a essayé d’empêcher l’évolution de ce sport-là et après un an on s’est rendu compte que c’était ridicule. Donc on s’est mis à dire OK une course va être patin, une course va être classique. Donc style libre ou classique. On a règlementé. Il y avait 50% des compétitions en classique, 50% en pas de patin. C’est là que les nord-américains ont réussi à être aussi forts que les scandinaves. Parce que physiquement on était aussi forts mais techniquement on était moins évolués.

ML : Aujourd’hui en ski de fond, il y a des départs de masse, skiathlon, une course à moitié classique, moitié pas de patin, les épreuves de sprint ont fait leur apparition, sprint par équipe, le Tour de ski. À voir cette panoplie de nouveautés là, à l’époque est-ce que vous auriez aimé ça pouvoir participer à des épreuves de ce genre ?

PH : Sûrement. Parce qu’avec mon background de cycliste j’étais habitué aux courses par étapes. Oui j’aurais aimé, mais les sprints ce n’était pas ma spécialité. Aujourd’hui je me rends compte que pour être un bon skieur de fond, il faut que tu sois super vite à l’arrivée parce que les départs sont de plus en plus regroupés, les départs de masse, donc un skieur qui est très très bon, qui a un bon VO2, physiquement est très fort mais qui n’a pas cette pointe de vitesse ne pourra jamais être dans les 10 meilleurs au monde. Parce qu’à 2 km de l’arrivée, quand ça décolle, c’est une nouvelle course. Le sport a évolué beaucoup.

La FIS essaie de développer le sport pour qu’il devienne plus attirant pour les jeunes, plus facile à suivre pour les médias, que ce soit un sport plus spectaculaire, Je pense qu’ils font un bon travail de ce côté-là. C’est pour le mieux du sport. On peut en faire un peu partout dans les villes, on voit de plus en plus de compétitions.»

extrait d’une entrevue réalisée par Mathieu Laberge en 2012.



Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive

nouvelles matériel et techniques mise en forme où faire du ski condition des pistes la course autres sites

veloptimum.net