Jeannie Longo


2 juin 2004
photo : Martin Chamberland

La femme la plus médaillée du sport français fête son demi-siècle ce vendredi 31 octobre 2008, mais elle n'entend pas pour autant mettre un point final à sa carrière. Jeannie Longo a gagné ses premiers titres mondiaux en 1984, alors qu'à l'époque ses rivales actuelles n'étaient pas encore nées. La championne, native d'Annecy, possède un palmarès extraordinaire avec 68 titres nationaux et internationaux.

Jeannie Longo réside actuellement à Saint-Martin-le-Vinous près de Grenoble. Proche de la nature et de la montagne, elle distribue en parallèle de la compétition, une ligne de produit diététique et a publié plusieurs ouvrages sur ses secrets de longévité et la diététique.

Elle forme un couple à part dans le cyclisme avec son entraîneur et mari, Patrice Ciprelli. Elle monte d'ailleurs, avec lui, une équipe cycliste pour aider les féminines à percer.

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photo : Guy Maguire


31 octobre 2008

Jeannie Longo a 50 ans et toutes ses dents

François Simon

On ne va pasen faire tout un plat, juste un gâteau d'anniversaire : Jeannie Longoa 50 ans aujourd'hui.Vieillir, c'est mûrir, assurecelle qui a achevésa trentième saison voilà quelques jours, aux Herbiers, en Vendée. G RENOBLE (de notre envoyé spécial). - Elle a profité de l'été indien pour aller prendre l'air en haut du col à 8 %. Y glaner des noix et redescendre en boulet de canon avec Patrice Ciprelli, son mari et entraîneur. S'installer en chien de fusil sur la terrasse de son chalet, avec vue imprenable sur la Chartreuse, son immense et pentu « terrain de jeux ». Houspiller Binette, Diabolo et Gros Binet, ses trois chèvres qui désossent un figuier. Et parler.

Parler de ce dont tout le monde lui parle en ce moment : son demi-siècle qui lui pend au bout du nez. Ce 31 octobre, Jeannie Longo a 50 ans : « Qu'est ce que ça change ?, s'amuse-t-elle, 50 ans c'est comme 49 ans, en juste un petit peu plus triste. Ce n'est pas une Fête nationale quand même. Il y a des temps à tout âge et des âges à tout temps. »

Assurément, mais ils sont rares, les sportifs de haut niveau qui passent ce cap en tête de peloton sans l'idée même de raccrocher : « J'y songe parfois. Il y a des jours où j'ai mal partout. Il y a des jours où il pleut. Où je n'ai pas l'envie, comme cela arrive à des tas de gens dans leur métier. Je ne fais pas une fixation sur le temps qui passe. Simplement, je cible mieux ce dont j'ai envie et ce que je peux faire. Je ne roule pas tellement : 14 000 km par an. C'est peu, pour un sportif de haut niveau. Par contre, je me connais parfaitement. En France, on pense qu'un champion est performant très jeune et cesse de l'être très tôt. Je suis le contraire de ça. Vieillir, c'est mûrir. J'ai toujours des résultats parce que je connais mon moteur et que je suis réglée comme une Formule 1 : c'est dans la mise au point avant le Grand Prix, autant que sur la piste, que la voiture gagne la course. »

Du bout des lèvres, elle concède un don : « Je suis capable d'efforts intenses. Je sais emballer mon coeur. Physiologiquement, à mon âge, ce n'est pas courant. » Elle met ça sur le compte génétique d'une famille très sportive. « Ma mère faisait du ski à 81 ans. À 91 ans, mon père a un VTT. »

Et d'une hygiène de vie, comment dire ? Impitoyable ? « Non, pas impitoyable : irréprochable. Je suis bio. Mon corps ne supporte pas la chimie. Même le parfum ou la lessive. Je ne mange que du frais et je passe un temps fou à cuisiner. À la limite, ça fait partie de mon entraînement. Vous voulez rester mince ? Faites trois vrais repas par jour et, surtout, prenez le temps de faire à manger. Ça fait partie du plaisir, comme de harnacher un cheval avant de le monter. »

La championne n'est pas éternelle : « Je reçois des lettres de gens qui me poussent à aller jusqu'aux Jeux de Londres, en 2012. C'est un peu délire. »

Mais les gens, justement, elle les sent de mieux en mieux : « À un moment, j'étais un peu complexée de jouer à la fille qui insiste, mais j'ai compris qu'on me poussait à y aller. Que j'étais populaire. Que j'étais Longo et que je pouvais en être fière. » Cet hiver, elle n'hibernera pas : « On louera un chalet aux États-Unis, à 2 400 m d'altitude, ou on roulera à La Réunion. » Dans les avions que prennent les Longo-Ciprelli, elle glisse toujours trois vélos dans un conteneur.

Ici, sur les hauteurs de Grenoble, elle n'arrive plus à dégager le piano encombré. Elle joue moins, celle qui a failli entrer au Conservatoire, car elle avait autant d'or au bout des doigts que dans les jambes. Alors, elle regarde la chaîne Mezzo ou écoute France Musique, mais le clavier lui manque : « Vous ne pouvez pas savoir combien c'est un délice de jouer sur un piano à queue. C'est exactement le même plaisir que de rouler sur un vélo de contre-la-montre. Ça a un rendement, un toucher, une classe... »

Dans les semaines qui viennent, elle enchaînera des courses de « gentlemen », contre la montre, en couple. Elle trouve ça marrant. Parfois, elle poussera jusqu'au vélodrome de Genève. Il lui arrive d'aller acheter ses oeufs ou son lait à la ferme, à vélo, en passant par un col. Le soir, elle lit. Des bouquins pointus sur le corps, du Maupassant ou des polars.

À 18 ans, matheuse et philosophe, elle s'était entichée de Nietzsche. Tiens donc : « Oui, ce qui me plaisait, dans cette pensée, c'était l'idée de l'exigence et du dépassement de soi. » Déjà ? « Oui, déjà. »


30 octobre 2008

À 50 ans, Longo l'inusable défie le temps

Jean-Julien Ezvan

L'une des sportives préférées des Français, toujours en course, fête vendredi ses 50 ans. Gros plan sur une vie de championne, accompagnée de notes de musique, éclairée par une infatigable curiosité, cultivée par un quotidien écologique. Une cycliste au parcours unique et à l'exceptionnelle longévité.

L'envie et rien d'autre. Les bougies en famille à Annecy diffuseront une chaleur et une force que le temps, souffle usé, n'a pu éteindre. Jeannie Longo ne se retourne jamais, chasse avec promptitude la date qui, «tel un couperet, une sentence, appelle le bilan», laisse tomber sans prévenir le rideau de la nostalgie, défiler l'imparfait quand elle se nourrit de projets et d'espace. La vie aurait pu l'installer derrière un piano, posée cœur battant face à une salle retenant son souffle avant de voir ses doigts de virtuose danser. L'une des sportives préférée des Français a préféré à la quiétude de la musique le plaisir brutal du cyclisme. Ses jambes, depuis plus de trois décennies, tournent avec la régularité d'un métronome. Autre cadre. Autre rythme. Pour une mélodie souffrant parfois des fausses notes arrachées à la misogynie ou à un désir exacerbé de séduire une lumière trop souvent striée sur ces routes oubliées. Jeannie Longo, une figure jamais prête à édulcorer son propos, comme un thé amer refusant de se laisser adoucir par une goutte de miel. La compétition constitue sa sève. Volcan jamais éteint quand brûle l'ardent plaisir de s'élever, de laisser s'évader un souffle au-delà de ses montagnes.

Pour durer, l'accompagner, d'indispensables notes de musique que son obsession de la perfection laisse un peu en jachère. En attendant les retrouvailles : «Je dois tout reprendre, déchiffrer, débloquer les doigts mais je m'y remettrai.» Diplômée en mathématiques, en droit et économie du sport, élue à Grenoble (sous le mandat d'Alain Carignon), Jeannie Longo, femme à la vivacité intellectuelle sidérante, se présente. Sans fard. Fenêtre ouverte. Inondée par la lumière du présent. La simplicité et la sérénité irradient sur un visage et un corps épargnés par les outrages du temps. Regard et ambition voguant sur l'horizon comme un marin toujours prêt au départ. Portée par l'aventure. Luttant contre la poussière tissant sa toile sur les souvenirs.

La vie d'ascète partagée avec Patrice, son mari, entraîneur, souffre-douleur des mauvais jours qui l'aiguilla en 1976 du ski alpin vers le cyclisme, se niche au cœur du massif de la Chartreuse surplombant Grenoble. Un chalet, des chèvres, une hygiène de vie sans écart, un quotidien dicté par mère Nature. Un leitmotiv : le bio. De l'aube au coucher. Préceptes à la mode aujourd'hui, déclinés et défendus depuis longtemps. Jusque sur son site Internet. «Ma mère cuisinait à l'eau, une alimentation saine, équilibrée, rare aujourd'hui. La nutrition m'a toujours intéressée. Notre organisme est un moteur, savoir comment on l'entretient me passionne, à travers les aliments et les compléments alimentaires.» Et d'avouer ses préoccupations face à l'environnement, son souhait de maintenir le corps en état : «Il convient de faire attention à l'espace pollué, aux rejets polluants. On va mourir des polluants, ceux qui se trouvent dans nos meubles ou nos produits d'entretien.» Ses rares voyages s'effectuent ainsi toujours avec ses draps et son oreiller. Pour s'épargner les méfaits diffusés par les lessives et les parfums. L'Iséroise cultive le soin du détail et de la minutie, de la composition des repas à l'usage des huiles essentielles. Pour lutter contre le superflu. Encore et toujours. Se concentrer sur l'essentiel, comme elle le confie au fil de la plume dans deux livres : «J'adore discuter avec les gens pour connaître leur façon d'être, de vivre, de manger et déceler les maux qui pourraient être évités avec une alimentation ciblée.»

Contemporaine des Hinault, Fignon, Lemond et compagnie, Jeannie Longo conserve la même allure quand certains promènent une chevelure argentée ou déplumée, traînent une silhouette confortablement alourdie. Elle a vu défiler et s'effacer des générations de rivales, entendu le surnom «Mamie» résonner, enfler dans son sillage, raillée à une époque avant de rallier les vivats pour saluer une exceptionnelle longévité. Popularité. «Je ne suis pourtant pas particulièrement fière de moi, je ne suis pas d'une nature optimiste. Quand je me vois en photo, je m'y trouve toujours voûtée, cela m'oblige à me tenir droite, mais les manifestations dans la rue me touchent. Les gens ont de l'affection pour moi. Je n'aime pas la méchanceté, le sport devrait être davantage porteur de générosité que de haine.»

Jeannie Longo défend toujours avec la même détermination une discipline dont les routes encombrées par les affaires laissent pourtant dérouler la moquette usée d'un théâtre en désuétude. Dans une actualité où les visages et les images se dissolvent, elle résiste, dure. Gravée dans les mémoires. Symbole d'abnégation, de fidélité, de réussite.

Rien ne résiste à son désir d'entraînement même si la pluie et la chaussée rendue humide, miroir troublant, freine ses ardeurs. Un jour, elle tournera la page. Promis. L'envie inextinguible aura exhalé son dernier souffle. En attendant, Jeannie Longo veut vivre, gagner. Encore. Entre action et émotions, elle avance. Parvient avec obstination à faire rider l'eau calme d'un lac. Caractère trempé porté par un filet de voix qui, perchée haut, jamais ne chancelle. Pour tracer sa route au mépris des préjugés les plus ancrés. Défricher, bousculer, s'imposer. Un quotidien corseté pour une carrière au long cours couronnée par tous les honneurs (près de mille succès, cinquante-deux titres nationaux, treize sacres mondiaux, trente-huit records du monde, un titre olympique…). Encore quatrième (podium manqué pour moins de deux secondes lors de l'épreuve du contre-la-montre) lors des Jeux olympiques de Pékin, en août, elle sèche vite sa déception, vise Londres en 2012 d'une œillade amusée. «Ce n'est pas loin de la France.» Liée aux anneaux. À l'esprit amateur des années de découverte. Comme elle reste attachée à son vélo. Un défi. Un autre. Au temps. Toujours. Définitivement increvable.

Jeannie Longo encore prête à noircir un chapitre pour enrichir une carrière marquée par les coups d'éclat et les conflits, les menaces d'arrêt brutal brandies et vite oubliées. Pour un fil jamais coupé. Une histoire d'amour partagée avec son entraîneur de mari. Et d'esquisser les traits solides d'une passion paraissant sans fin. «Dans dix ans ? J'ai un mal fou à me projeter. C'est une des raisons pour lesquelles je dure. J'ai déjà connu beaucoup de choses, je me suis bien amusée.» Jeannie Longo redescendra avec prudence l'échelle de la notoriété. Apaisée. Prête à arpenter avec la même exigence d'autres univers. Ainsi va sa vie. Unique.


31 octobre 2008

Jeannie Longo fête ce vendredi, ses cinquante ans. L'Equipe Magazine lui rend hommage en la nommant « rédactrice en chef exceptionnelle » de son numéro de ce samedi. «Oui, j'ai vieilli, mais je n'ai pas beaucoup changé» confie, dans un long entretien, l'une des sportives favorites des Français.

Depuis son premier titre de championne de France, en 1979, Jeannie Longo a remporté 1 052 victoires, dont treize titres de championne du monde ! «Les danseurs étoiles arrêtent à 42 ans, je crois. À 50 ans, est-ce que cela fait bien d'être encore dans un peloton ? Je ne suis pas folle, j'ai conscience qu'il y a peut-être quand même des limites. J'ai surtout du mal à inventer l'avenir en général, même dans ma vie personnelle », avoue Jeannie Longo qui évite le mot tabou de « retraite ». La désormais quinquagénaire évoque même les prochains Championnats du monde 2009, en Suisse. « Je suis déjà allée reconnaître le parcours. Le circuit sur route me paraît intéressant. (...) Ce qui me plaît, c'est qu'on termine avant l'arrivée par une côte longue et large. Ça pourrait me servir. »


31 octobre 2008

Jeannie Longo passe les 50

Personnalité unique, la championne cycliste fête son anniversaire mais envisage toujours son avenir sur un vélo. À l’horizon, les JO 2012 de Londres.

Athlète la plus titrée de l'histoire du sport français mais toujours en activité, phénomène de longévité quasiment unique, Jeannie Longo fête aujourd’hui ses 50 ans. Un anniversaire sur lequel la cycliste grenobloise aurait aimé rester discrète si l’on en croit ses déclaratinos au Dauphiné Libéré. "50 ans, ça veut dire que je suis vieille dans le sport, a-t-elle expliqué dans une interview au quotidien. A mes débuts, je ne me voyais pas durer sur un vélo mais en fait, je n'ai pas vu le temps passer. En même temps, je n'ai pas non plus envie de connaître la vieillesse." Mais sa vie d'ascète, son hygiène de vie millimétrée, son obsession du bio du matin au soir ("mon corps ne supporte pas la chimie", répète-t-elle souvent) lui offrent une forme encore étonnante.

Dotée d’un palmarès inégalé (3 Tours de France, 13 titres mondiaux, 55 titres nationaux), cette personnalité hors du commun n’a certes jamais vraiment fui la célébrité, tout en affichant un caractère fort, voire difficile… Aujourd’hui pourtant, réfugiée dans le chalet où elle habite au-dessus de Grenoble, en compagnie de Patrice Ciprelli, son mari et coach (et d'un trio de chèvres échappé, un jour, du Cirque Zavatta, raconte Le Dauphiné), elle vit et analyse sa vie, sa carrière et le monde qui l’entoure avec une totale sérénité. Elle qu’on a vu longtemps ferrailler avec adversaires, officiels, autorités et médias, aborde son deuxième demi-siècle fière et consciente de ce qu’elle a accompli. Elle figure en bonne place il est vrai dans les classements des personnalités préférées des français, preuve que son sale caractère ne lui a pas joué que des mauvais tours.

Sportivement, elle reste bien présente et n’entend pas raccrocher dans l’immédiat. Aux derniers JO (ses septièmes), elle est passée assez près d’une médaille dans l’épreuve contre-la-montre, même si elle a ensuite raté ses championnats du monde (les 26èmes…) à Varèse. Il est loin le temps, en 1989, lorsqu’elle avait voulu s’arrêter après un triomphe aux Mondiaux de Chambéry. Mais cette diplômée en mathématiques, en droit et économie du sport avait à l’époque mal négocié son retour à la vie « normale », d’autant qu’elle n’avait pas réussi à avoir l’enfant dont elle rêvait.

Revenue au vélo trois ans après, elle atteignait son sommet en 1996 à Atlanta, en devenant championne olympique à 37 ans. Et elle n’est plus arrêtée, de grands championnats en petites courses locales. Avec, semble-t-il, un œil sur les JO de Londres en 2012. Elle n’aura alors que 53 ans, le bel âge pour une championne inusable, et se dit encore motivée par le plaisir, même si elle reconnaît ne pas le ressentir tout le temps et sur toutes les routes. "J'ai du mal à inventer l'avenir en général, même dans ma vie personnelle", explique-t-elle dans L’Equipe Magazine du 1er novembre, dont elle est la rédactrice en chef exceptionnelle. On lui fait confiance pour trouver sa voie.


RMC.fr, 31 octobre 2008

Jeannie Longo fête ses 50 ans

Originaire de Saint-Gervais, en Haute-Savoie, Jeannie Longo débute la compétition sportive non pas en cyclisme, mais en ski. En 1973, à 15 ans, elle remporte notamment un premier titre de championne d'Europe par équipe cadette scolaire. S’ensuivront plusieurs autres trophées, en descente ou en slalom, aux niveaux national et européen jusqu’en 1982.

Avec de telles performances en ski, comment Jeannie Longo a-t-elle décidé un jour de se lancer dans la compétition cycliste ?

« Quand on est une gamine qui habite les Alpes, on prend son vélo, nous explique Jeannie Longo. Avec ma copine Christine, on partait et on allait s’amuser en faisant deux ou trois montées autour de chez nous : le montée du Bettex, au-dessus de Saint-Gervais, un peu plus loin les Saisies, les Aravies… C’était pour le plaisir. Mais ce qui m’a vraiment donné envie de partir dans la compétition, c’est le fait que Sallanches accueillait les championnats du monde en 1980 [où Bernard Hinault sera titré chez les hommes, ndlr]. Vous savez, quand on est jeune, on ne doute de rien. Et je me suis dit que je pourrais être de la fête à Sallanches. Après tout, j’avais déjà quelques résultats en cyclo-tourisme. J’ai donc pris ma licence une année avant. »

Et donc en 1979, un an avant Sallanches, Jeannie Longo participe à son premier championnat de France. La cycliste française nous raconte : « Oui, je m’en souviens bien. On était une soixantaine au départ et je ne connaissais absolument personne, mises à part celles de ma région. Il y avait notamment Josianne Bost, qui venait d’être championne du monde [en 1978, ndlr]. De mon côté, je n’avais vraiment pas un gabarit de grimpeuse avec mes grosses cuisses de skieuse. Dans le dernier tour, j’étais lâchée mais, grâce à ma pratique du ski, je descendais bien et je suis rentrée dans la descente sur le petit groupe de tête. J’ai sprinté en me disant que c’était déjà extraordinaire de terminer dans les huit premières... Et petit à petit, j’ai tout remonté et j’ai gagné. C’était une belle surprise. »

Ce premier titre marque le début d’un palmarès exceptionnel, avec notamment 55 titres de championne de France dans différentes disciplines (route, poursuite sur piste…), 13 titres mondiaux, 3 victoires dans les Tours de France féminins (1987, 1988 et 1989), 38 records du monde, et 800 victoires diverses et variées.

À 50 ans et avec autant de succès, qu’est-ce qui peut encore motiver notre Jeannie nationale ?

« Le plaisir. Même si on ne se fait pas plaisir tout le temps, j’essaye d’avoir de bons moments. C’est important, surtout en fin de carrière. Quand on a plein d’objectifs dans la tête, on sait qu’on doit passer par beaucoup de choses qui ne sont pas forcément agréables. On les supporte peut-être mieux aussi. Mais quand on a connu tout ce que j’ai connu, quand on a presque tout fait comme moi, il faut avoir cette notion d’ "agréable". »

Après sa "décevante" 4e place du contre-la-montre à Pékin, à moins de deux secondes du podium olympique et d’une médaille de bronze, Jeannie Longo sera-t-elle du voyage à Londres en 2012 ?

« Londres, ce n’est pas loin… J’ai toujours regretté qu’il n’y ait pas eu les Jeux en 2008 près de chez nous : cela aurait été tellement bien au niveau de l’ambiance… Quatre ans : c’est loin quand même. En même temps, ça passe vite. Et on dit que plus on vieillit, plus ça passe vite… Mais je préfère ne rien répondre à cette question, car c’est toujours mal interprété. Si je dis "non", on va dire "Ah, ça y est : elle a dit non". Si je dis "pourquoi pas", je vais voir "Ouais ça y est, elle va y aller". Je ne dis rien du tout. (Rires) »

Une chose est sûre : quoiqu’elle décide, Jeannie Longo restera éternellement un symbole de longévité dans le cœur des Français.


une page mise en ligne le 31 octobre 2008 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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