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du cyclisme québécois 2007 |
La Fédération québécoise des sports cyclistes a intronisé trois nouveaux membres au Temple de la renommée du cyclisme québécois le 28 octobre 2007 à Drummondville. Deux athlètes, Bernard Vermette et Patrice Bonneau, et un bâtiseur, Oswald Van den Abeele, ce dernier à titre posthume.

Natif de Schoore, en Belgique, Oswald Van den Abeele a immigré au Canada avec ses parents en 1914, alors qu’il n’était âgé que de sept ans. Établi à ville St-Laurent, où il passera toute sa vie, il abandonne les études en sixième année pour travailler sur la ferme familiale.
Grand amateur de cyclisme, il a pris part aux courses de Six-Jours au Forum de Montréal dans les années 30, aux côtés des grands cyclistes de l’époque qu’étaient Torchy Peden, Jules Audy et Fiorevente Baggio.
Après la fin des Six-Jours à Montréal au début des années 40, il s’écoulera 21 ans avant que la première compétition de Six-Jours ait lieu au Centre Paul Sauvé en 1963. C’est le groupe composé d’Oswald Van den Abeele (président), René Paquin (vice-président) et René Cyr (secrétaire) qui unira ses efforts pour faire revivre la belle époque des Six-Jours. Van den Abeele est celui qui se charge des finances lors des Six-Jours. Il sera également responsable de l’acquisition du bois qui servira à la construction de la piste, bois qui sera entreposé dans la grange de la ferme familiale entre les compétitions. Si la grange servait pour l’entreposage du bois et des lits pliants du vélodrome entre les Six-Jours, la maison familiale, quant à elle, servait de gîte lors des compétitions pour plusieurs coureurs européens, les Belges principalement. Ces courses revêtaient une grande importance au sein de la famille Van den Abeele, autant pour Oswald que ses quatre enfants.
Grâce aux efforts d’Oswald Van den Abeele et de ses partenaires, le Centre Paul Sauvé (1963 à 1970) et le Colisée de Québec (1964 et 1965) ont été le théâtre de certaines des plus belles pages d’histoire du cyclisme au Québec. Des coureurs en provenance d’Europe traversaient deux fois par année l’océan Atlantique pour venir se mesurer aux coureurs canadiens et américains, dans des salles remplies à craquer et survoltées d’atmosphère. C’était l’époque des Belges Emile Severyns, Rick Van Steenbergen, Palle Lykke, Hugo Scrayen et Robert Lelangue, des Suisses Oscar Plattner et Fritz Pfenninger, des Italiens Leonardo Faggin, Mine Derossi et Nando Terruzzi, et des Français André Retrain et Roger Gaignard. C’était également l’époque de Guy Morin, qui défendait avec brio l’honneur des Québécois.

Cultivateur de métier, Oswald Van den Abeele exploitera sa terre pendant plus de 40 ans et aura permis au cyclisme sur piste de connaître ses plus belles heures de gloire au Québec. Il est décédé en 1987 à l’âge de 80 ans.

Bernard Vermette
Natif de Ste-Adèle, Bernard Vermette a entrepris la pratique du vélo de montagne à l’âge de 22 ans, d’abord comme complément d’entraînement pour le ski de fond. À l’image d’autres athlètes, tels que Pierre Harvey, Bernard Vermette excellait aussi bien en vélo de montagne qu’en ski de fond. Il mènera par ailleurs avec succès une carrière en parallèle dans les deux disciplines pendant plusieurs années, soit de 1986 à 1992.
Membre de l’équipe nationale de ski de fond de 1989 à 1992, il sera également membre de l’équipe canadienne de vélo de montagne de 1989 à 1993. Durant cette même période, il prendra part à plusieurs Championnats du monde. Il termine successivement 22e à Mammoth Mountain (Etats-Unis) en 1989, 33e à Durango (Etats-Unis) en 1990, et 27e à Il Cioco (Italie) en 1991. Malheureusement, une blessure subie dans les semaines précédant le Championnat du monde, tenu à Bromont en 1992, le privera de disputer l’événement en sol canadien.
Outre ses participations aux Championnats du monde, Bernard Vermette a pris part à plusieurs épreuves de la Coupe du Monde durant sa carrière, obtenant d’excellents résultats, dont une 15e place au Mont Ste-Anne et à Traverse city au Michigan en 1991, une 9e place à Hunter Mountain (Etats-Unis) en 1992 et une 16e place à Mammoth Mountain (Etats-Unis) en 1993.
Sur la scène canadienne, 1991 constitue la meilleure saison de Bernard Vermette, puisqu’il remporte plusieurs épreuves, dont le classement cumulatif de la Coupe Canada et la tranche disputée à Canmore. Au Québec, il remporte le titre de Champion québécois à trois reprises, soit en 1988, 1989 et 1992.
Membre de l’équipe OGC, il est le premier québécois, et l’un des premiers canadiens à prendre part sur une base régulière aux épreuves de la Norba, aux Etats-Unis. À cette époque, le vélo de montagne connaissait une véritable expansion aux Etats-Unis et partout dans le monde.
En 1994, Bernard Vermette met fin à sa carrière, choisissant de retourner aux études et de seconder sa conjointe, Nathalie Ouimet, dans le lancement d’une boutique de sports, dont ils assureront la direction pendant dix ans.
Par ses performances et son engagement, Bernard Vermette a été non seulement un athlète d’élite, mais également un pionnier du vélo de montagne au Québec. Il aura inspiré et tracé la voie à toute une génération de coureurs, tels que Guido Visser, Eric Tourville, Mélanie Dorion et Marie-Hélène Prémont, qui feront également leur marque dans ce sport au cours des années qui suivront.

Patrice Bonneau
Natif de Montréal, Patrice Bonneau doit se faire amputer au-dessus de la cheville droite, à l’âge de trois ans, en raison d’une malformation congénitale et à la suite de plusieurs opérations infructueuses pour tenter de corriger la situation.
Qu’à cela ne tienne, cela ne l’a jamais empêché de pratiquer une multitude de sports pendant toute son enfance et son adolescence. Il pratique notamment le hockey, le baseball, le football, et affectionne particulièrement le cyclisme. Il s’achète donc son premier vélo de course (Marinoni) en 1987.
En 1989, il devient membre de la FQSC en tant que coureur senior 3. Ayant pris connaissance de la présence du cyclisme au programme des Jeux paralympiques, il décide à la fin de 1990 de mettre toutes ses énergies pour tenter de participer aux Jeux de Barcelone en 1992. C’est ainsi qu’à l’hiver 1991, il fera la connaissance d’Eric Van den Eynde qui deviendra son entraîneur jusqu’à la fin de sa carrière.
À sa première compétition sur la scène internationale, Patrice remporte le Championnat américain Open sur route, ce qui lui permet dès lors de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Barcelone en 1992. Dans la seule épreuve inscrite au programme de ces Jeux pour les athlètes de sa catégorie (LC2), il remporte la médaille d’or, devenant du coup le premier cycliste canadien à remporter l’or aux Jeux paralympiques.
En 1993, il termine deuxième de la course sur route du Championnat de Belgique Open. De retour en Belgique en 1994, cette fois pour les Championnats du monde, il remporte la médaille d’or à la course sur route et se distingue également sur piste, en établissant un record du monde au 1000m avec un temps de 1min19.66sec. Il termine également deuxième au 200m lancé et sixième en poursuite individuelle, ce qui lui confère la 4e place à l’omnium.
En 1995, il prend part au Championnat d’Europe sur piste, en Allemagne, où il termine 7e à l’omnium, améliorant ses records personnels au 200m lancé et en poursuite individuelle.
1996 est une année déterminante. Patrice consacre toutes ses énergies, conscient de l’amélioration importante du niveau de compétition au cours des dernières années. Dans le cadre de sa préparation paralympique, il prend part au Championnat d’Espagne Open, où il termine premier à l’omnium sur piste, 5e au contre-la-montre individuel et 6e de la course sur route. Lors des Jeux d’Atlanta qui s’avéreront ses derniers, il obtient sa deuxième médaille paralympique en remportant le bronze dans la course sur route, en plus de terminer 8e de l’omnium sur piste en dépit de meilleurs temps à vie au 200m et au 1000m.
Patrice Bonneau met un terme à sa carrière en 1997. Au-delà de ses performances impressionnantes, une des contributions importantes de Patrice Bonneau aura été de tracer la voie à plusieurs cyclistes vivant avec un handicap.
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