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du cyclisme québécois - les auteurs des anecdotes |
Lors du banquet soulignant le 25e anniversaire du Temple de la renommée du cycliste québécois, le 5 novembre 2011, Louise Lalonde, présidente du comité de sélection, a eu une excellente idée pour faciliter aux convives d'une même table de faire connaissance et favoriser l'échange avec les tables où on retrouvait des membres déjà intronisés au Temple de la renommée.
Madame Lalonde avait recueilli des anecdotes auprès d'athlètes et de bâtisseurs et les invités, travaillant en équipe par table, devaient associer l'anecdote à l'auteur.
L'exercice s'est avéré très agréable, fort instructif et a suscité un flot d'autres anecdotes et de fou-rires. Quatre équipes ont obtenu toutes les bonnes réponses et il a fallu procéder à une épreuve supplémentaire pour déterminer le vainqueur.
Madame Lalonde a aimablement accepté que nous reproduisions les anecdotes dans nos pages. Vous saviez que l'histoire du cyclisme québécois est constituée de grandes réalisations, de moments d’émotion… mais vous découvrirez aussi qu´elle compte son lot de faits cocasses !
Les anecdotes
1- Marc Blouin
Lors du Tour Transpeninsular 1976 au Mexique, j'ai couru avec la tourista et à la fin d'une arrivée d'étape dans une ville où il y avait beaucoup de spectateurs, il était urgent que je me trouve une toilette. Je suis alors entré dans un petit salon de barbier où le barbier était assis sur sa chaise en train de lire son journal. J'essayais de me faire comprendre qu'il faillait que je trouve une toilette au plus vite et lui essayait de me faire comprendre qu'elle était déjà occupée. Et il semblait dire à celui qui l'occupait de se grouiller ! Lorsque j'ai finalement pu y aller, la toilette était située juste à côté de la chaise de barbier. Je leur ai fait tout un spectacle sonore, qui avait des similitudes avec un feu d'artifice.... Disons que c'était assez gênant lorsque je suis ressorti, mais très satisfaisant !
Viva Mexico !
2- Lucette Bergeron
Lors du Tour de l’Abitibi, à quelques kilomètres de l’arrivée, le commissaire en chef (un Français) me demande ce qui se passe en tête de course, où j’agis comme commissaire. Je lui indique qu’il tombe des clous et que nous approchons de l’arrivée. Je quitte alors pour l’arrivée et je le rappelle et lui dis qu’il y a trop d’eau pour y faire l’arrivée. « Combien de centimètres » me demande-t-il ? Je lui réponds « je ne sais pas, je mesure 5 pieds 3 pouces et j’en ai jusqu’aux genoux » ! Et lui de répliquer « je ne comprends rien ». J’ajoute « J’arrête la course en haut de la côte, tu me donnes les numéros à la radio et je prends les temps, fais-moi confiance » ! « Vous prenez la responsabilité ? » dit-il. « Oui ! » lui dis-je. « Bordel, ils sont là ! » crie-t-il à la radio. Tout s’est finalement bien passé et les entraîneurs étaient satisfaits. J’ai eu droit à un café chaud et à quelques compliments.
3- Jules Béland
Lors du Tour du Québec où Yves Landry a remporté la deuxième étape, je me suis choqué après un autre coureur et j'ai perdu mon dentier dans le gravier. J’ai retrouvé mon dentier trois heures plus tard.
4- Jean Lessard
Lors des premiers Jeux du Québec, qui se sont déroulés à Rivière-du-Loup en 1971, les concurrents devaient participer à trois épreuves : course sur route, contre-la-montre individuel et un critérium le dimanche après-midi, télédiffusé en direct à Radio-Canada.
La course sur route se déroula le samedi en fin d’après-midi sur un circuit routier de 50 km au tour, que nous devions parcourir 2 fois. Le parcours utilisé empruntait des rangs de campagne en périphérie de Rivière-du-Loup. J’ai attaqué vers la fin du premier tour et lorsque j’ai franchi la ligne au premier tour, l’écart était de 2 minutes sur le premier groupe de poursuivants.
Vers le milieu du deuxième tour, l’écart augmenta à presque 3 minutes. Après avoir effectué un virage serré à gauche, je suis rentré directement dans un troupeau de vaches…… Je n’ai pas paniqué (étant né sur une ferme). Je me suis frayé un chemin à travers le troupeau, en zigzagant de gauche à droite, en tapant de ma main droite sur le dos des vaches pour les inciter à libérer la route. Le commissaire en chef, monsieur Roger Raux, suivait tout juste derrière moi, complètement paniqué, klaxonnant sans arrêt. Le fermier, les bras au ciel, gesticulait et blasphémait après ses vaches.
J’ai enfin réussi à me frayer un passage mais j’ai sans doute perdu une minute. J’ai relancé la machine et quelques kilomètres plus loin, la tête dans les guidons, je me suis aperçu que j’avais de la merde de vache sur mon soulier droit. J’ai toujours une mini-serviette dans une de mes poches de maillot mais je ne voulais pas l’utiliser dans ce cas particulier. Dans ma tête, je me suis dit, je vais nettoyer tout cela après avoir franchi la ligne d’arrivée. Je n’avais pas encore franchi la ligne d’arrivée que j’entendais l’annonceur évoquer mon incident.
La ligne d’arrivée franchie, je fus entouré par plusieurs journalistes et photographes. Dans le brouhaha, le temps s’écoula rapidement et je dus me rendre précipitamment au podium pour la remise des médailles. C’est Claude Hardy (conseiller sportif du gouvernement) qui me décerna la médaille d’Or. Lorsque je penchai la tête pour recevoir ma médaille, j’ai rougi non pas de recevoir une médaille d’Or, mais à la vue de mon soulier tâché de bouse de vache que j’avais oublié de nettoyer.
5- René Cyr
J’ai demandé la permission à monsieur McNamara (le patron) d’aller à la toilette (faire un numéro 2) lors d’une course de Six-Jours. On m’a donné la permission et je me suis endormi sur la toilette pour me faire réveiller par la suite un peu brutalement.
6- Gilles Durand
Lors du Championnat québécois sur route en 1971, où on faisait trois fois le Tour de l’Île d’Orléans, je pars en échappée et, un peu plus loin, mon masseur est sorti de la voiture pour tasser un troupeau de vaches pour que je puisse passer. Tout s’est finalement bien terminé.
7- Magella Tremblay
En 1969, je pars pour Prague pour disputer le Tour de Bratislava en Slovaquie. Arrivé à l’aéroport, j’ai remis mes bagages à la compagnie aérienne et je suis parti pour l’embarquement. Je me suis alors aperçu que je n’avais pas mon passeport, qui était dans mes valises. Ils ont dû retarder le départ de l’avion et ils ont appelé à l’hôtel en Slovaquie pour confirmer que je faisais bien partie de l’équipe cycliste et que je puisse finalement prendre l’avion sans avoir à présenter mon passeport.
8- Gaston Langlois
Lors de la Coupe des Amériques à Sutton, j’avais demandé la protection de la police lors de la course. La course devait partir à 9h00. Les policiers sont arrivés en retard. Lorsque les policiers sont arrivés, je leur ai dit que nous n’avions plus besoin d’eux.
9- Pierre Gagné
Lors d’un Championnat Québécois, un Directeur sportif vient me demander pendant la course s’il pouvait ravitailler son coureur. Je lui réponds « non » puisque le ravitaillement n'était pas autorisé dans les derniers 20 km. Il me demande : « S’il y avait un bidon anonyme sur la chaussée, est-ce que le coureur pourrait le ramasser et s’abreuver ? J’indique que non puisque ce serait un ravitaillement illégal.
Malgré l’interdiction, le DS dépose le fameux bidon sur la chaussée et en a avise son coureur. Au tour suivant, le coureur (un ancien président de la Fédération québécoise des sports cyclistes) a ramassé le bidon et s’est abreuvé pendant que ses adversaires « séchaient ».
Après la demande du DS, il est bien évident que nous l’avions à l’œil. Quand il a déposé le bidon et qu’on a vu son coureur le ramasser, notre idée était faite : le coureur était relégué. Son coureur a gagné la course et, malheureusement pour lui et son DS, il a perdu le titre de Champion Québécois senior.
Qui est le coureur, ancien président de la FQSC ? Jacques Fortin
10- Daniel Lessard
Dans les années 1970 trouver des commanditaires pour une équipe cycliste n’était pas chose facile. Nous allions au Tour de la Nouvelle France, organisé par Claude Mouton. Avec départ à Montréal, le tour était d’une durée de 11 jours. Mon ami Guy Morin m'appelle pour m'offrir une voiture qui me servira d'auto suiveuse. Il me donne rendez vous au Salon Funéraire Sansregret, où il me présente le proprio. Ce gentil Monsieur Sansregret me donne deux trousseaux de clés, les enregistrements et $100 pour l'essence. Je lui remets mon permis de conduire pour ses assurances dont il en prend photocopie,et on passe au garage pour me faire voir l'auto. Quelle surprise de voir ce véhicule dont on se sert pour les funérailles ! Je me disais ça n'a pas de sens de rouler avec ça, les gens partout vont se bidonner de voir passer cette immense voiture. Juste penser que Claude Mouton, un pince sans rire, serait le premier à parler de la présence d'un corbillard...
Notre première aventure fut au moment où nous étions à faire le plein et deux coureurs s'étaient allongés, couchés sur le dos pour une sieste après une course. Nous étions en Mauricie, à la hauteur de Grand-Mère, les jeunes du quartier étaient étonnés de voir ce corbillard et encore plus lorsqu'ils se sont approchés du véhicule en voyant les deux cyclistes allongés, dormant à l'intérieur. Les jeunes se sont mis à crier et courir croyant que deux morts étaient à l'intérieur. Encore plus lorsque aux cris des jeunes, les cyclistes se sont réveillés pour sortir... Les cris ont retentit encore plus fort !
Plus tard, pendant une étape entre Alma et Arvida, on avait eu de la pluie pendant deux jours, pour faire le ravitaillement je devais me ranger sur l'accotement afin de ne pas nuire aux cyclistes... Le terrain étant sablonneux et la lourdeur du véhicule a fait en sorte que les deux roues du côté passager s'enfoncent. Et nous voilà encore la risée des policiers, cyclistes et voitures suiveuses et des remontrances de Pompon Miron et Roger Raux sur ma façon de conduire. Bien sûr, travail oblige, on a ravitaillé nos coureurs et trouvé du secours pour nous sortir de là... Finalement, une demi-heure plus tard, un gentil fermier est arrivé avec son gros tracteur Farmall pour enfin nous sortir de là.

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