5 novembre 2007
Devenu médecin, j'ai consulté le dossier médical de mon père et j'ai constaté qu'il était décédé des suites d'un cancer de la prostate. Cela ne signifie pas que j'aurai le cancer de la prostate. Toutefois, les probabilités que je développe la maladie sont plus élevées que la moyenne. J'ai donc ma prostate à l'oeil...
Ronald Denis
docteur en médecine, traumatologie
Troisième cause de décès par cancer chez les hommes, celui de la prostate est le plus souvent diagnostiqué. Un Canadien sur huit est susceptible d'avoir ce type de cancer au cours de son existence et, en 2007, ils seront plus de 22 000 à avoir la mauvaise surprise de l'apprendre.
Petite glande qui peut causer de gros problèmes
De la taille d'une noix, la prostate est une glande située sous la vessie, en avant du rectum. La prostate sert principalement à sécréter une partie du liquide (dit séminal) qui, combiné aux spermatozoïdes produits par les testicules, forme le sperme.
Pourquoi le cancer s'installe dans la prostate ?
Il n'y a pas de cause principale au cancer de la prostate. Différents facteurs en augmentent toutefois le risque. Être âgé de plus de 65 ans, posséder des antécédents familiaux, avoir un régime alimentaire riche en matières grasses ou des ancêtres d'origine africaine sont autant de facteurs qui peuvent accroître les risques de développer la maladie.
Quels sont les symptômes de la maladie ?
Le cancer de la prostate, en particulier dans ses premiers stades, se développe sans qu'aucun signe ou symptôme ne se manifeste.
Avoir de la difficulté à commencer à uriner ou être incapable d'uriner, uriner fréquemment durant le jour et particulièrement la nuit, avoir un urgent besoin d'uriner ou constater une diminution de la taille et de la force du jet urinaire ne sont généralement pas des symptômes du cancer de la prostate. Ces symptômes sont la plupart du temps associés à une hypertrophie bénigne de la prostate qui est un problème courant chez l'homme qui prend de l'âge. Ce problème peut être réglé par une médication ou une petite chirurgie.
Le cancer de la prostate peut cependant être dépisté de différentes façons.
Quand envisager des tests de dépistage ?
Si vous avez plus de 50 ans, il est temps de vous informer, auprès de votre médecin, au sujet du dépistage du cancer de la prostate. Si, comme moi, vous faites partie d'un groupe à risque plus élevé, il est préférable d'envisager des tests de dépistage à partir âge de 40 ans.
Le toucher rectal
Le toucher rectal est la méthode la plus courante pour dépister le cancer de la prostate. La plupart des cancers de la prostate se développent au niveau de la zone périphérique, la partie de la prostate qui est le plus près du rectum. Lors de l'examen, le médecin introduit un doigt ganté dans le rectum afin de palper la prostate. Il lui est facile de détecter toute masse, irrégularité ou variation de la taille ou de la texture de la prostate. Rassurez-vous, l'examen ne dure que quelques secondes !
La mesure de l'APS
Le cancer peut également être dépisté en détectant l'augmentation dans le sang d'une protéine produite par la prostate, l'APS (antigène prostatique spécifique). Une quantité élevée de cette protéine peut être associée à un cancer de la prostate ou à un trouble de celle-ci.
Le toucher rectal et l'APS permettent de soupçonner la présence d'un cancer de la prostate. Des examens complémentaires, comme la biopsie, permettent d'en confirmer le diagnostic.
En général, le cancer de la prostate évolue lentement et peut très souvent être guéri ou traité avec succès. Comme tous les cancers, il est cependant préférable de le détecter à un stade précoce. II ne faut donc pas hésiter à subir les tests de dépistage. C'est ce que j'ai fait dernièrement. Tout va bien !