29 mars 2009

Décoller et atterrir un avion à 53 ans

Dany Doucet

Décoller et atterrir soi-même un avion au moins une fois dans sa vie est possible, comme l'a expérimenté, à sa grande surprise cette semaine, Richard Grenier, à l'occasion de ses 53 ans.

« Alpha-Québec-Whisky, Cessna 172 prêt à décoller piste 1-1. »

Après ce jargon prononcé par l'instructeur, Richard Grenier enfonce à fond la manette des gaz et l'avion accélère rapidement sur la piste de l'aéroport de Mascouche.

À soixante milles à l'heure, l'avion quitte le sol un peu brutalement et commence à pencher sur le côté, à droite... Rien de vraiment très dangereux, mais l'instructeur reprend les commandes, subtilement, pour poursuivre la montée en ligne droite.

Ce n'était pas élégant, disons, mais Richard Grenier a quand même fait décoller l'avion lui-même, en suivant les consignes de l'instructeur et propriétaire d'ALM Par Avion, Rémi Cusach.

« Tu vois, c'est facile ! », lance ce sympathique Français d'origine à l'accent marseillais, véritable passionné d'aviation, qui a démarré ici son école de pilotage il y a 18 ans.

« Pour décoller un avion, dit-il à son élève en riant, tout ce qu'il faut, c'est un peu d'argent. Mais pour le faire atterrir, il faut du talent ! »

Quelques minutes plus tard, sa maxime lui donne raison. L'instructeur reprendra les commandes de l'appareil pour que Richard Grenier réussisse à le poser sécuritairement sur la piste, à Mirabel.

Un rêve, un cadeau
L'avion redémarre ensuite et le deuxième décollage, tout en douceur, est beaucoup mieux réussi. Retour vers Mascouche en passant par la rivière des Mille-Îles pour une nouvelle tentative d'atterrissage, sur une piste beaucoup plus courte et étroite.

C'est un peu impressionnant et l'avion semble arriver à grande vitesse. Sous la supervision de l'instructeur, Richard Grenier réussit tout de même à poser l'avion... presque sans aide.

Voilà, c'était sa surprise d'anniversaire offert par sa femme, qui l'attend en face du hangar avec son fils et un ami qui filment tout.

« J'ai adoré », dit-il en retirant son casque d'écoute, les yeux encore écarquillés.

Projet de retraite
Sa femme lui a offert ce stage d'un jour quand ce nouveau retraité, ex-propriétaire d'une manufacture d'accessoires de réfrigération, s'est mis à rêver de piloter un avion pour aller à la pêche. M. Grenier avait vécu l'expérience avec un copain, l'été dernier.

Mais par où commencer quand on veut savoir si le pilotage est fait ou non pour soi ?

Ni lui, ni sa femme, ne savaient qu'un tel stage était offert. C'est leur ami pilote qui leur en a parlé.

Pour 185 $ environ, ALM Par Avion présente une heure et demi de théorie suivie de 45 minutes de vol. Durant le cours théorique, les pilotes d'un jour apprennent pourquoi un avion vole et les principes de base de la mécanique, des instruments et de la réglementation.

ALM Par Avion (450-474-0975) remet à ses stagiaires une vidéo produite grâce à des images captées par des caméras à l'intérieur et à l'extérieur de l'avion durant le vol.


29 mars 2009

Au moins une fois dans sa vie

Dany Doucet

ALM Par Avion a offert jusqu'ici pas moins de 5000 stages comme celui que s'est fait offrir Richard Grenier.

Chaque fois, les stagiaires décollent et font atterrir l'avion eux-mêmes avec l'aide d'un instructeur qui garde pieds et mains sur les commandes. Il n'y a jamais eu un seul incident.

Parmi les «pilotes d'un jour», certains constatent que c'est plus compliqué ou épeurant que prévu, bref que le vol n'est pas fait pour eux.

En revanche, d'autres découvrent une nouvelle passion et s'inscrivent immédiatement, ou dans les années qui sui-vent, à une formation de pilote privé.

C'est le cas de Richard Grenier qui a confirmé son intention de devenir pilote pour occuper son temps de retraité. « Pour le plaisir, pour la pêche et pour le thrill de voler », dit-il.

« Les gens veulent essayer, mais ne savent pas par où commencer. C'est ça le but du stage: donner la chance aux gens de piloter un avion au moins une fois dans leur vie », explique Rémi Cusach.

55 heures de vol
En général, il y deux moments dans une vie où les gens décident de s'inscrire à un cours de pilotage: lorsqu'ils sont jeunes, n'ont pas de famille ni trop d'obligations; ou lorsqu'ils arrivent à la retraite et ont du temps et de l'argent.

Entre les deux âges, c'est plus difficile.

Il faut compter entre six mois et un an pour compléter le cours théorique et le cours pratique qui nécessite 55 heures de vol au minimum.

Le coût du cours dépend de l'école et du type d'avion que l'on choisit.