6 février 2008


Un couple de quinquagénaires a été retrouvé sans vie dans cette maison de Saint-Laurent. « À notre arrivée, les flammes s'échappaient de la porte du garage,
dans les chambres à coucher et le toit. On a trouvé des traces d'accélérant », a expliqué Josée Gosselin, du Service de sécurité incendie de Montréal.

Un couple périt dans un incendie

Des bidons d'essence ont été retrouvés sur les lieux

Un drame familial pourrait avoir entraîné dans la mort un deuxième couple en quelques jours à Montréal. C'est ce que tentera de déterminer l'enquête policière à la suite de la découverte d'un homme et d'une femme, hier matin, au milieu des cendres de leur maison unifamiliale de l'arrondissement de Saint-Laurent.

Hugo Meunier

C'est une des principales hypothèses retenues pour expliquer ce mystérieux incident, qui semait hier l'émoi chez les voisins et les proches des victimes.

Des bidons d'essence éparpillés dans plusieurs pièces de la maison, des portes verrouillées, des gens sans antécédents : les premiers éléments recueillis n'écartent aucune piste.

I1 faut dire également que les informations entourant la mort de Karthikeyan et Saroya Sinnathurai, âgés de 56 et 50 ans, transpiraient au compte-gouttes.

Tout a débuté un peu après 1 h dans la nuit de lundi à hier, lorsqu'un appel a été reçu chez les pompiers pour un incendie dans une maison de la rue Rochon. « À notre arrivée, les flammes s'échappaient de la porte du garage, dans les chambres à coucher et le toit.. On a trouvé des traces d'accélérant», a expliqué hier Josée Gosselin, du Service de sécurité incendie de Montréal.

Les pompiers ont dû défoncer les portes pour pénétrer dans la maison. Les corps des victimes gisaient à l'intérieur.

Le sinistre a été maîtrisé au milieu de la nuit par la quarantaine de pompiers sur les lieux.

Le beau-frère de la femme, âgé de 39 ans, a réussi à échapper au brasier par une fenêtre située à l'arrière de la maison.


L'arrière de la maison

Quelques heures plus tard, la modeste résidence avait des airs de fin du monde. Une fine bruine tombait sur la maison calcinée, située dans un secteur tranquille parsemé d'arbres centenaires.

Les fenêtres avaient volé en éclats, la fumée noire avait léché la brique. Le système d'alarme retentissait toujours à l'intérieur de la résidence.

Les voisins et proches des victimes étaient consternés. À commencer par Bavan, le neveu des Sinnathurai. « On ne sait pas ce qui s'est passé, on ne pense pas que ce soit criminel », a laissé tomber le jeune homme, ébranlé, qui a déjà habité au sous-sol de la résidence.

Bavan dit n'avoir aucun indice, et rejette l'hypothèse du suicide. « C'est une famille heureuse », a-t-il affirmé. Son oncle Karthikeyan travaillait comme agent de sécurité.

Quant à l'autre occupant de la maison, Bavan a indiqué qu'il se portait bien. Il s'en est tiré avec des brûlures légères au dos. L'homme est partiellement handicapé depuis un grave accident de travail survenu l'an dernier. « Je trouve incroyable qu'il se soit enfui par la fenêtre, il avait de la difficulté à se déplacer », a lancé Patricia, une voisine.

Cette autre voisine était secouée par les événements. « Je suis dévastée ! Je trouve difficile de croire à la présence d'accélérant », a-t-elle indiqué.

Comme les victimes étaient originaires du Sri Lanka, plusieurs membres de cette communauté étaient sur place hier, aussi en quête de réponses.

De leur côté, les enquêteurs des crimes majeurs du Service de police de Montréal et des incendies criminels tentent toujours de dissiper l'épais brouillard qui enveloppe l'affaire. Une autopsie sera pratiquée.

Si l'incident s'avère un drame familial, il s'agirait du deuxième en trois jours à survenir sur le territoire montréalais. Dimanche, un homme dans la cinquantaine a tué sa femme avant de se suicider, dans leur maison de L'Île-des-Soeurs.

Triste ironie, ces drames surviendraient en pleine semaine québécoise de la prévention du suicide.

Des statistiques alarmantes sur le nombre élevé de suicides chez les personnes âgées de 50 ans et plus viennent également tout juste d'être publiées par l'Association québécoise des retraités des secteurs publics et parapublics. On y apprend que 33 % des gens qui se sont enlevé la vie au Québec en 2006 avaient plus de 50 ans.


Comme toutes les télés diffusaient en direct bien avant 6h00 du matin, les agents des relations médias
du SPVM ont fini par se pointer vers 7h15, dans leur belle voiture au nouveau look...

6 février 2008

Traces d'accélérants

Couple mort dans l'incendie de sa maison

Les enquêteurs n'écartent aucune hypothèse

Un couple d'origine sri-lankaise est mort dans la nuit de mardi à Montréal dans un incendie qui cache un double meurtre ou un meurtre suivi d'un suicide.

« Nous n'avons jamais pensé qu'une telle affaire pourrait se produire », lance Easwaran Bavan, visiblement dépassé. Vers 1 heure dans la nuit de mardi, un feu a éclaté dans le petit bungalow de son oncle et de sa tante, situé à l'angle des rues Rochon et Muir, dans Saint-Laurent.

L'homme et la femme, Karthikeyan Sinaththkrai, 56 ans, et Saroya Karthikeyan, 50 ans, ont péri dans les flammes. Le frère de la femme, qui habite avec le couple, s'en est miraculeusement sorti en sautant d'une fenêtre.

Secouru par un voisin qui avait entendu une déflagration et par un chauffeur de taxi qui passait par là, l'homme de 39 ans, qui est handicapé depuis un accident de travail, a été transporté à l'hôpital, où il a été soigné pour des brûlures légères.

De l'essence partout
« Mon mari a entendu un wouf ! Il est allé à la fenêtre mais il n'a rien vu. Vingt minutes plus tard, nous avons entendu les pompiers et vu les flammes », raconte Nina Artinian, qui habite juste en face.

Appelés par le voisin, les pompiers ont rapidement maîtrisé le brasier et découvert les corps. Mais une autre surprise les attendait : de l'essence avait été répandue et des bidons jonchaient le sol, un peu partout dans la maison. « Ils ont trouvé des traces d'accélérants, c'est la raison pour laquelle les enquêteurs des incendies criminels ont été appelés », explique le porte-parole de la police de Montréal, Yannick Paradis.

Les enquêteurs des crimes majeurs de la police ont suivi peu après. Double meurtre, meurtre suivi d'un suicide ? Drame conjugal ? Pour le moment, ils n'écartent aucune hypothèse.

Des autopsies pratiquées ce matin sur les corps des victimes devraient permettre d'en savoir plus.

Sans histoire
L'homme était gardien de sécurité alors que la femme restait à la maison. Ils habitaient le secteur depuis plusieurs années et les voisins les ont décrits comme étant des gens paisibles et souriants.

« Ils avaient l'air très pacifiques », dit Mohinder Gulati, une agente d'immeubles qui habite le secteur depuis plus de 35 ans.

« C'était des gens très gentils et tout à fait normaux. C'est triste », a affirmé une autre voisine qui n'a pas voulu s'identifier, toujours sous le choc.


Le poste de commandement mobile servant de bureau aux enquêteurs des crimes majeurs. Ils était encore sur place à 18h30.
photos : Guy Maguire


6 février 2008

Couple die in St. Laurent fire

Suspicious origin. Relative escapes by jumping through window

Annie Sutherland

A couple from Sri Lanka were killed when an intense fire of suspicious origin ripped through a brick bungalow in St. Laurent early yesterday.

Flames devoured the carefully maintained house on Rochon St., which featured a large lawn and shrubbery shielded against the winter. Windows were smashed and blackened, and storm gutters littered the front lawn. There were large holes in the roof where firefighters had hacked in to get at the embers.

Found dead inside the home were Saroya Karthikeyan, 50, and her husband, Srikaran Karthikeyan, 56. A third occupant of the home scrambled to safety out a window.

The fire is considered criminally set and not accidental, pending further investigation, Montreal police Constable Lynne Labelle said.

"The firefighters said they saw containers of accelerant inside the house but our investigators have not confirmed that," she said yesterday afternoon.

The couple had no record with police and officers had never been called to the house, Labelle added.

A neighbour called 911 shortly after 1 a.m. to report flames at the house at the corner of Muir St. The fire department arrived shortly thereafter. The blaze was concentrated at the front of the house.

A 39-year-old man, a brother of the woman who died, climbed out a window at the rear of the house. He was taken to a hospital and treated for minor burns, Labelle said.

Investigators interviewed him yesterday in the hope he could shed light on what happened.

Bavan Easwaran, a nephew of the dead couple, said his aunt and uncle had immigrated to Canada in 1983 and lived on Décarie Blvd. before they bought their house on Rochon eight years ago.

Easwaran said his uncle, who escaped, "heard an explosion and then his room was on fire and he jumped out the window."

The couple were quiet and kept to themselves, neighbours said.

"I woke up and saw big flames coming from the house," said Vijityhaa Sanmuganathan, out shovelling her driveway at noon yesterday.

"I knew this family to say hi to, and that they were Sri Lankan like me. They were good people."

Nina Artinian, who lives across from the couple on Rochon, was red-eyed and sleep-deprived as she cleared her walkway.

"I haven't been to sleep since 1 a.m.," Artinian said after watching the fire. "I don't know why they could not save them.

"They were very quiet. They didn't do anything to anyone. They were very nice people," she added, dissolving into tears.

Investigators removed the bodies late yesterday. Autopsies are to be performed.

Once the coroner releases the bodies, the family will make funeral arrangements, Easwaran said.


10 février 2008

Un incendie fait deux morts à Saint-Laurent

Pascal LeBlanc

Vers 1h du matin, le mardi 5 février, un appel a été placé au service de pompiers par un résident de la rue Rochon. Arrivé sur place, le service d’incendie a constaté que des flammes s’échappaient des fenêtres et du toit d’une maison unifamiliale située au 505, rue Rochon. Les corps d’une femme et d’un homme, ont été retrouvés à l’intérieur, ainsi que des bidons d’essence. Un autre homme a réussi à s’échapper du brasier par une fenêtre et s’en est sorti avec des blessures mineures.

Deux types d’enquêtes sont présentement en cours pour tenter de résoudre cet incendie mystérieux. Des équipes des incendies criminels, ainsi que des crimes majeurs du Service de police de Montréal étudient le dossier, mais au moment de mettre sous presse, peu de renseignements étaient disponibles. Les résultats de l’autopsie sur les corps de Karthikeyan et Sarroya Sinnathurai, âgés respectivement de 56 et 50 ans, pourraient révéler plus de détails. L’homme de 39 ans qui a réussi à s’extraire des flammes a reçu son congé de l’hôpital le jour même, après avoir été traité pour des brûlures légères au dos. Aussi d’origine sri-lankaise, l’homme prénommé Bavan ne croit pas que le couple se soit suicidé.