
Ça m’a frappé hier, en sortant de l’auto à un feu rouge, pour dégager le machin qui fait gicler le lave-glace dans le pare-brise, bouché par la neige.
Je suis tanné.
C’est qu’en reprenant place derrière le volant, j’ai ramené de la neige sur le siège. Il y en avait partout. Ça s’est mis à fondre sur mes pantalons…
J’ai soupiré : Je suis tanné.
Tanné de cet hiver rock and roll. Tanné de mettre mes bottes. Tanné des cernes de calcium sur mes jeans. Tanné de perdre mes mitaines. Tanné de déplacer mon char à cause du déneigement. Tanné d’acheter du lave-glace. Tanné des bouteilles vides de lave-glace qui traînent dans l’auto. Tanné du soleil qui boude. Tanné de la sloche. Tanné de mettre mon manteau moins chaud quand le mercure flirte avec zéro. Tanné d’oublier de switcher mon portefeuille dans le manteau plus chaud. Tanné de la pluie. Tanné des trottoirs glissants. Tanné de mon manque d’énergie hivernal. Tanné d’être blanc comme une pinte de lait. Tanné de ne pas voir les mollets des filles. Tanné de mes bas humides parce que mes bottes ne « respirent » pas. Tanné de ne pas dormir les fenêtres ouvertes. Tanné d’enfiler son habit de neige au petit.
Pas fâché, pas écoeuré, pas en colère contre tout ça. Juste tanné.
Un peu las. Je pense à cette lassitude avec un soupir, même pas en fessant dans le mur…
Bref, voilà. Je suis tanné.
Oui, la luminothérapie. Oui, les vitamines B. Oui, la danse aérobique. Je sais. Je devrais faire tout cela…
Mais il y a de l’espoir. Avec les Francs tireurs, je me tape deux voyages, en février. Le premier, à Bruxelles. Le second, en Haïti. Je vais être parti, grosso modo, la moitié du mois.
Bruxelles : maximum de 9 degrés, demain. Port-au-Prince : 34.
Je sens que je vais être un peu moins tanné, fin février…
Je sens que je vais le redevenir rapidement si Stéphane Dion fait tomber le gouvernement Harper…
Tiens, je vous sens au moins aussi tanné que moi. Écoutez ça, peut-être que ça va vous donner du pep.
Moi ?
Moi je dansais sur la table de cuisine, en bermudas fleuris, les amis.
| Commentaires des lecteurs |
Même chose pour moi : lassitude. L’hiver est vraiment pire à Montréal. Je viens de Trois-Rivières et jamais 5 cm de neige ne m’ont donné de l’angoisse. Si je n’avais pas à me déplacer de mon 450 pour venir à Montréal, ces 5 cm qui s’accumulent ne changeraient rien dans ma vie. Malgré que la corvée d’habiller ma fille de 2 ans 1/2 pour aller dehors demeurerait tout de même. Y fait pas mal chaud avec l’habit d’hiver sur le dos quand elle veut faire le noeud de sa tuque “Tout seule!” quand on sait qu’elle ne sera jamais capable de le faire de toute façon ! C’est-tu le fun aller jouer dehors ! Les joies de l’HIver !
Je suis tannée d’être loin de tout les gens que j’aime.
Je suis tannée de travailler dans des bureaux de grandes sociétés alors que je suis plutôt ”artiste”.
Je suis tannée de vivre mon premier hiver sans neige.
Je suis tannée d’être coincée comme une sardine dans le rer le matin.
Je suis tannée de travailler avec un clavier qwerty anglais le jour et un azerty francais le soir…
Je suis tannée qu'on me fasse toujours les mêmes commentaires quand je dis que je suis québécoise : ha, les cariboux ! Céline Dion ! (et ils essaient même de sacrer…) T’aimes ça les patates ? Arrêtez de nous envoyer vos chanteurs et chanteuses de merde. Vous parler comme au 17eme siècle (ou comme nos grands parents… sourtout quand je lache le mot ”chandail”, c’est vrai que le mot ”pull” est tellement plus francais!).
Et qu’on me pose les mêmes questions : Il y a des bonnes boulangeries au Québec ? Es-ce qu’il fait chaud l’été ? Vous voulez pas prendre les Corses chez vous ?
Je suis tannée que certains Francais pensent que le Québec est (déjà?) un pays, ou alors que c'est un département francais…
Je suis tannée d’entendre parler de Carla Bruni et Sarkozi et de voir leurs faces partout.
Je suis tannée qu’on me fasse remarquer que j’ai le meme nom de famille que Lynda Lemay.
Je suis tannée de me faire dire que j’ai perdu mon accent, ou au contraire qu’il est très présent.
Faut bien qu’il y est des inconvénients à vivre et travailler à Paris pendant 6 mois… Tout les jours (ou presque) je viens lire Cyberpresse pour me garder ”au courant”, et bien sûr, le blogue de Patrick Lagacé. Alors qu’on entend beaucoup parler de la France dans nos médias, ils ne parlent jamais de nous, sinon pendant nos élections.
Tu vas être bien en Belgique, Patrick. À Paris ça tourne aussi entre 8 et 10. Par contre quand il fait 5 on a froid… Je suis rendue moumoune, je le sais, mais c’est aussi que le froid est différent. Ici c’est très humide, on ressent le froid dans nos os, nos muscles. Il pleut souvent, l’hiver c’est comme un long automne, mais ça fait longtemps que ça ne sent plus les feuilles mortes, ce qui enl`rve un certain charme.
Par contre tu seras peut-être tanné de leurs expressions… ” Je te sonne”. En souhaitant qu’une guerre civile n’éclate pas pendant ton passage… C’est chaud, là-bas !
Oublie pas, en Belgique c’est une bise.
Moi aussi chu…
Tanné… qu’à 57 ans je suis à ma pension.
Tanné de voir les autres partir travailler le matin.
Tanné de me lever quand bon me semble.
Tanné de me coucher à l’heure que ça me tente.
Tanné de me faire dire que je suis bronzé même en hiver.
Tanné de me faire demander si je suis Améridien, alors que je le suis.
Tanné de jouer au pool quand ça me chante.
Tanné de faire la belle vie.
Tanné d’écrire lol