En pelletant à la hâte parce qu'on est pressé d'en finir et en bougeant son corps sans calcul ni ménagement, on se donne mal au dos et on se survolte le coeur.
Gilles Angers
Prenez ça cool, mesurez vos mouvements et réprimez votre envie de soulever de lourdes charges sous prétexte de gagner du temps, recommande Anne Cloutier, physiothérapeute et copropriétaire de la Clinique de physiothérapie Montcalm.
«Au matin d'une grosse chute de neige, levez-vous plus tôt. Bref, donnez-vous un peu de temps afin de pelleter posément», recommande-t-elle.
Marche à suivre
Pour le faire, et surtout pour vous garder de spasmes musculaires, d'entorses lombaires ou d'hernies discales, écartez légèrement les pieds, avancez l'un d'eux de quelques centimètres. Votre position au sol sera plus sûre. Puis, fléchissez légèrement vos jambes, dirigez la pelle droit devant vous, en la faisant obliquer vers le sol, tout en évitant de porter le tronc vers l'avant.
Alors, chargez la pelle raisonnablement. «Plus la neige est lourde, moins on emplit», précise Mme Cloutier qui est également enseignante clinicienne à la faculté de médecine de l'Université Laval. Puis, redressez les jambes tout en soulevant la pelle. Ensuite, tournez «tout d'un bloc» vos pieds, vos jambes et votre tronc, face au lieu où vous mettrez votre neige. Gardez les bras et votre pelle près du corps. Maintenant, dirigez-vous vers votre ourlet de neige, déposez-y le contenu de votre pelle sans allonger la tête et le tronc. «Autant que possible, évitez de la lancer», recommande encore la physiothérapeute.
Cependant, jamais au grand jamais on ne doit maintenir les jambes et les pieds fixes tout en faisant pivoter son tronc et se hâter, du même élan, de lancer la neige au loin. «Dans ce cas, la pression sur les disques est grande et il y a risque d'une hernie discale», met en garde Mme Cloutier.
Gratte
Si vous employez une «gratte chasse-neige», suffit de la pousser simplement. En cela, elle est sans mal pour le dos. Pourvu qu'on n'allonge ni la tête ni le corps et qu'on garde ses bras assez près de soi. Mais, s'il faut transporter la neige, on bougera tel qu'avec une pelle. Concernant la pelle-traîneau, elle est faite pour être poussée. Non pour tirer, insiste la physiothérapeute. On la chargera, bien sûr, avec modération.
En ce qui a trait aux pelles à manches ergonomiques, elles sont, à première vue, confortables et maniables, mais pour pousser la neige sur le sol même. «Pour soulever, transporter et déposer la neige, rien ne laisse croire à sa supériorité», estime Mme Cloutier.
Avant de pelleter
Par ailleurs, il est bon, selon elle, de faire quelques exercices avant de sortir pelleter. «Durant deux ou trois minutes, il suffit de reproduire, mais sans précipitation, les gestes qu'on posera en pelletant. On sautillera légèrement pour activer le cardio, on disposera ses muscles et articulations au travail qu'ils auront à accomplir», détaille-t-elle.
Enfin, chaussez-vous bien. «Vos bottes ou vos espadrilles doivent être solides et antidérapantes. Autrement, vous risquez de vous retrouver les quatre fers en l'air et le dos moulu», metelle en garde.
De son côté, l'Association des chiropraticiens du Québec, afin de vous empêcher de prendre les «bouchées» trop grosses, recommande de déneiger plusieurs fois lors d'une journée de tempête. «Enlevez des petites quantités de neige à la fois. Laissez travailler vos cuisses et vos bras plutôt que votre dos. Prenez des pauses souvent», résume l'organisme.