Avec l'âge, on a plus de mal à stocker l'information comme il faut, et plus de mal à la récupérer. Mais on peut aussi user de ruse pour ne rien oublier. Voici comment évoluent nos capacités au fil du temps.
Mathieu Perreault
Enfance
La mémoire des enfants est surtout visuelle. Il faut attendre un an avant qu'un bébé commence à chercher un objet qui ne se trouve pas là où il devrait être, par exemple une main cachée derrière un coussin.
Au début du primaire, les enfants se souviennent mieux des règles d'un jeu si les explications sont accompagnées de photos.
Les trucs mnémotechniques commencent aussi à servir, comme utiliser ses jointures pour se souvenir quels mois ont 30 et 31 jours.
À première vue, les enfants ont parfois une meilleure mémoire que les adultes. Ce n'est pas parce que leurs neurones sont plus «frais». Au contraire, c'est à cause de l'immaturité de leur cerveau, qui est moins performant que celui des adultes pour écarter les informations superflues. Résultat : les enfants consacrent toute leur énergie à la mémorisation, parce que c'est ce qu'ils font de mieux. Avant l'âge de 10 ans, un enfant a du mal à oublier les informations non pertinentes, même si on le lui demande. Invité à regarder des images de voitures et à les classer selon la taille, un adulte se concentrera sur cette seule caractéristique et fera fi du reste. Un enfant remarquera tous les détails. Par la suite, il reconnaîtra donc plus facilement les autos vues lors de l'exercice.
Sources : Université d'État de l'Ohio, Université de Floride Atlantique, Université de Cologne
Adolescence
La mémoire progresse. Il faut attendre jusqu'à 13 à 15 ans pour bien se souvenir de plusieurs informations différentes, par exemple une séquence de points sur un écran d'ordinateurs.
Au fil de l'adolescence, l'utilisation de la mémoire autobiographique évolue. Au départ, les souvenirs sont surtout racontés aux parents, et ils servent surtout à construire l'identité de l'adolescent par opposition à eux. Par la suite, les souvenirs sont davantage racontés à des pairs, et leurs qualités rhétoriques ou distrayantes sont davantage mises en évidence.
Sources : Université du Minnesota, Université de Toronto
Vingtaine
La mémoire autobiographique (qui sert par exemple à se souvenir du nom d'une personne rencontrée dans le passé) commence à décliner dès la vingtaine. C'est la même chose pour la mémoire de travail, qui permet de traiter l'information.
La mémoire complexe, elle, est relativement neuve chez les étudiants du cégep et de l'université. Et elle n'est pas exercée à fond - surtout lorsqu'il s'agit de se souvenir de leurs obligations. Les jeunes vivent plus d'imprévus que les gens plus âgés, rencontrent plus de monde et consacrent plus d'énergies à se souvenir de dernières références culturelles, parce que l'opinion de leurs pairs est encore très importante. Leurs priorités sont donc ailleurs.
Lorsqu'on les éloigne des distractions, leurs capacités se révèlent. En laboratoire, les jeunes ayant pris part à une expérience se souvenaient de 75 % de leurs rendez-vous fictifs, contre seulement 60 % de leurs vrais rendez-vous. Chez les cobayes âgés de 75 ans, c'était le contraire : ils retenaient 20 % des rendez-vous appris par coeur en laboratoire, contre 75 % de leurs rendez-vous dans la vraie vie.
Sources : Université de Toronto
Trentaine
Les capacités d'attention diminuent dès 30 ou 40 ans. Il faut donc travailler plus fort pour se souvenir de la même chose. La trentaine est un âge où les responsabilités se diversifient : famille, couple, travail, finances. Cette dispersion complique la tâche de la mémoire.
Les problèmes de sommeil deviennent aussi plus fréquents à cet âge, ne serait-ce qu'avec l'arrivée des enfants. Or, plusieurs études ont montré l'importance de dormir. Une sieste, par exemple, permet d'améliorer de 15 % les résultats à un test de mémoire.
Sources : Université de l'Illinois, City University de New York
Quarantaine
La détérioration de la mémoire poursuit son cours dans la quarantaine, mais sans changement notable avec le rythme de la trentaine. À 45 ans, les gens normaux ont perdu jusqu'au tiers de leur habileté à se souvenir du nom des gens tout juste rencontrés.
Chez les femmes, la ménopause peut accélérer le déclin : si les taux d'oestrogènes baissent trop rapidement, la mémoire et la capacité d'apprendre en souffrent. La thérapie hormonale permet toutefois d'éviter cela.
Les personnes qui ressentent une plus grande crainte de vieillir sont aussi plus à risque. Les personnes d'âge moyen obtiennent de moins bons résultats à un test de mémorisation de mots lorsque les chercheurs sous-entendent qu'elles sont déjà vieilles.
Sources : Université du Kansas, Université McGill
Cinquantaine
Avec l'âge, on se lève en général plus tôt et le sommet d'efficacité de la mémoire survient également plus tôt dans la journée. Le matin, la mémoire s'améliore donc. L'après-midi, elle est toutefois moins bonne que jadis.
À 55 ans, on se souvient deux fois moins qu'à 25 ans du nom des gens tout juste rencontrés. La capacité de lier des informations décline elle aussi. Dans bien des cas, lorsqu'une personne plus vieille se rappelle d'une information, elle ne se souvient donc plus de sa source pour autant.
Au moins une chose s'améliore un peu avec l'âge : l'étendue du vocabulaire. L'âge est donc un avantage dans les professions où l'habileté rhétorique ou le style sont importants.
Les adultes plus âgés sont aussi plus aptes à utiliser la réflexion pour déduire l'information qu'ils tentent de repêcher. Cela peut les rendre plus performants que les jeunes adultes, qui utilisent très peu le lobe frontal du cerveau (siège de la réflexion) de cette manière.
Sources : Université du Michigan, Université de Géorgie, Université de Toronto
Soixantaine
Dans la soixantaine, la chute de la mémoire ralentit. Mais pour bien se souvenir, il faut désormais apprendre dans un environnement contenant le moins de distractions possibles (bruit de fond, télévision, etc.)
Avec l'âge, une liste d'objets pourra être mémorisée presque aussi bien qu'avant, mais se souvenir de l'ordre des objets deviendra plus difficile.
Au travail, la personne âgée dépend davantage de ses collaborateurs et de ses agendas. Elle mise sur son expérience et pallie les défaillances de sa mémoire avec un réseau d'entraide. Ainsi, la productivité des scientifiques et des professeurs d'université ne chute pas beaucoup avant 70 ans. Celle des artistes diminue beaucoup plus tôt, parce qu'il s'agit d'une profession où il est difficile de déléguer du travail.
La retraite est une période charnière. Si la mémoire décline alors tout d'un coup, c'est souvent qu'on cesse de l'utiliser puisqu'on ne peut plus compter sur le travail pour stimuler son cerveau.
Certaines choses se retiennent plus facilement. Puisqu'il y a moins d'activités à l'âge d'or, il y a moins de distractions qui empêchent la prise de la médication. Les personnes âgées sont ainsi deux fois plus susceptibles de bien prendre leurs médicaments que les personnes d'âge moyen.
Avant 65 ans, seulement un Canadien sur 1000 reçoit un diagnostic d'Alzheimer.
Sources : Université de Toronto, Université de Géorgie, Université de l'Illinois
70 ans et plus
Après le plateau de la soixantaine, les capacités de la mémoire recommencent à chuter. Les capacités d'association du cerveau atteignent leurs limites et ne parviennent plus à freiner la dégradation. L'isolement graduel des personnes âgées, moins mobiles, diminue leur soutien social et donc les possibilités de suppléer aux défaillances de leur mémoire.
À 75 ans, les gens ont perdu les trois quarts de leur habileté à se souvenir du nom des gens tout juste rencontrés (par rapport aux gens de 25 ans). Il faut aussi plus d'efforts pour mémoriser un poème. Une enfant de 15 ans y parviendra après deux ou trois lectures, alors qu'il en faudra neuf à 10 à une personne de 70 ans.
Rester en santé aide à garder la mémoire. Plus une personne très âgée se sent en forme, plus son esprit sera alerte et meilleure sera sa mémoire.
À partir de 70 ans, 70 % des gens ont un trouble de mémoire. Et environ un Canadien sur 100 reçoit un diagnostic d'Alzheimer.
Sources : Université du Michigan, Université de Montréal
80 ans et plus
La mémoire décline d'un coup sec. Jusqu'à 84 ans, un Canadien sur 14 souffre d'Alzheimer. Une proportion qui passe à un sur quatre après 85 ans.
20 février 2007
La mémoire s'entretient, comme un muscle. Et quand l'exercice ne suffit plus, on peut toujours ruser pour repêcher autrement l'information qui semble enfouie. Voici comment garder ses neurones en forme.
Mathieu Perreault
Quoi faire
Stimuler son cerveau
Selon des études américaines, augmenter ses activités intellectuelles dans la trentaine et la quarantaine réduit de moitié le risque de souffrir d'Alzheimer à 70 ans. Des activités intellectuelles régulières sont particulièrement importantes pour les hommes, parce qu'ils ont moins de contacts sociaux que les femmes dans leur routine quotidienne.
Même une fois à la retraite, il faut continuer. On peut par exemple développer de nouveaux passe-temps : apprendre à reconnaître les différents oiseaux, les constellations ou champignons. Pour ne pas que la mémoire s'atrophie, il faut aussi s'en servir : apprendre sa liste d'épicerie, plusieurs numéros de téléphone, des poèmes, etc.
Jouer et lire
Selon une étude américaine, les personnes âgées qui jouent fréquemment à des jeux de logique ou de stratégie comme le backgammon, les cartes, les dames ou les échecs sont trois fois plus protégées de la démence que celles qui jouent rarement. Jouer un instrument de musique et danser est presque aussi efficace, et lire, un peu moins. Le bridge, le scrabble et les mots croisés peuvent aussi aider.
Parler deux langues
Le bilinguisme permet de garder un cerveau alerte, selon plusieurs études de psychologues de Toronto. Par exemple, les distractions affectent beaucoup moins les personnes âgées bilingues que celles qui ne parlent qu'une seule langue. Chez les bilingues, la «mémoire de travail», qui permet de traiter les informations, est donc moins endommagée par les années.
Fréquenter l'université
L'éducation protège la mémoire. Les conséquences physiques de la maladie d'Alzheimer (des plaques amyloïdes dans le cerveau) affectent beaucoup moins les capacités des gens instruits. Chez des religieux de Chicago, ceux qui avaient passé plus de 16 ans sur les bancs d'école étaient quatre fois moins susceptibles de souffrir de démence au troisième âge, que ceux qui avaient étudié moins de 12 ans.
Sources : Université Western Ontario, Université Rush, Université du Kentucky, USF
Bouger
Faire de l'exercice trois fois par semaine, entre 15 et 30 minutes à la fois. C'est la recette pour prévenir les problèmes de mémoire proposée par l'Association américaine de psychologie à son dernier congrès annuel. En 2003, des psychologues de l'Illinois ont même fait la preuve neurologique des effets bénéfiques de l'exercice physique sur le cerveau.
Sources : Université Case Western Reserve, APA
Être actif socialement
Fréquenter assidûment ses parents et amis diminue le risque de problèmes de mémoire. Selon une étude américaine, le risque de troubles cognitifs est deux fois moins grand chez les gens qui ont le plus d'activités sociales par rapport à ceux qui en ont le moins.
Source : Université Rush
Bien dormir
Plusieurs études démontrent le lien entre manque de sommeil et manque de mémoire. Dormir permettrait entre autres de consolider ce qui a été appris et de trier les souvenirs.
Vivre en ville
La ville semble favoriser la préservation de la mémoire. Selon une étude canadienne, les citadines de 50 à 64 ans sont moins susceptibles de souffrir de démence que les femmes de la campagne du même âge.
Source : Centre des sciences reine Elizabeth II
Bien gagner sa vie
La richesse protège des problèmes de mémoire, probablement parce que les riches sont plus susceptibles d'avoir des activités professionnelles et intellectuelles variées et intenses. Par contre, comme les gens aisés vivent plus vieux, ils sont plus susceptibles de connaître la démence durant leur vie.
Sources : UCLA, Étude canadienne sur la santé et le viellissement
Se concentrer
Les trous de mémoire peuvent être liés à un mauvais apprentissage des informations. On était distrait, fatigué. Chose certaine, des informations bien classées sont plus faciles à enregistrer et à repêcher. Il est ainsi plus facile de récupérer une information quand on l'organise, quand on la relie à ce qui est déjà connu. Ou quand on la sépare en blocs, dans le cas de numéros de téléphone, par exemple.
Répéter, répéter, répéter
«On va vérifier ta leçon encore une fois.» Les parents savent combien cette phrase peut exaspérer les enfants. Et pourtant, ils ont bien raison. Selon une étude américaine, subir trois tests après une séance d'étude peut presque doubler (de 25 % à 45 %) le taux de bonnes réponses deux mois plus tard. C'est vrai à tous les âges.
Source : Iowa
Se fixer une heure H
Plusieurs études ont montré que la «mémoire prospective», qui nous aide à nous souvenir des tâches à venir, fonctionne mieux si on prévoit les effectuer à un moment très précis plutôt qu'à échéance vague. Par exemple, il vaut mieux se dire qu'on va appeler ses voisins à 21 h, plutôt que de simplement penser qu'il faut les appeler avant qu'ils se couchent. Dans le dernier cas, on risque de se rendre compte à 23 h qu'il est trop tard pour les appeler.
Source : Université de Toronto
Être organisé
Faire des listes et suivre une routine aide à ne pas oublier.
Bien s'alimenter
Selon une grande étude new-yorkaise, les adeptes du régime méditerranéen diminuent de 40 % leur risque de souffrir de la maladie d'Alzheimer. Il s'agit de manger beaucoup de fruits et légumes (800 g/jour), et de manger de beaucoup plus petites quantités des produits céréaliers, produits laitiers, légumineuses, viandes et poissons. Ce régime contient aussi moins de gras et de sucre que le régime alimantaire québécoise moyen. Les aliments contenant beaucoup d'antioxydants (comme les bleuets) devraient en théorie protéger les structures du cerveau, donc la mémoire. Une petite étude japonaise a affirmé cette année que les oignons et l'ail améliorent la mémoire, mais leurs résultats restent à confirmer. D'autres études ont avancé que manger du poisson ou prendre des suppléments d'acides oméga-3 pouvaient aider la mémoire ou ralentir la progression de l'Alzheimer. Mais il est possible que seules les formes légères de l'Alzheimer bénéficient des oméga-3.
Source : Université de Columbia, Université de Melbourne, Université Columbia, Université du Colorado
Prendre des suppléments
Utilisé dans certains pays asiatiques pour améliorer la mémoire, le gingko biloba pourrait être efficace. Une grande enquête, menée depuis l'an dernier par une équipe de neurologues de l'Université de Pittsburgh, va bientôt trancher grâce à un échantillon de 3000 personnes âgées. La vitamine B12 et l'acide folique intéressent aussi les spécialistes de la mémoire. Par contre, aucune étude n'a formellement démontré que des déficiences de ces deux substances aggravent les problèmes de mémoire.
Source : Université de de Pittsburgh, UCLA, Association américaine de psychiatrie gériatrique
Se brosser les dents
Selon une petite étude étonnante, on perd un peu de mémoire chaque fois que le dentiste nous arrache une dent. Après avoir étudié 2000 Suédoises, un chercheur norvégien a découvert que celles qui avaient toutes leurs dents avaient aussi une meilleure mémoire. Perdre ses dents nuirait à l'alimentation, avance-t-il. Et aussi à la mastication, qui pourrait faciliter le flot sanguin au cerveau. Enfin, l'arrachage des dents sectionnerait des nerfs reliés au cerveau. Des recherches similaires ont eu lieu au Japon, sur des souris et des singes. À noter, que cette étude n'est pas encore publiée, et n'a donc pas été vérifiée par un comité de pairs. Elle sera publiée dans le Journal scandinave de psychologie.
Source : Jan Bergdahl, Université d'Uméa
Quoi éviter
S'énerver
Le stress diminue les capacités de la mémoire. Il faut donc éviter les situations stressantes, ou à tout le moins les espacer. Selon une étude américaine, la mémoire décline 10 fois ( !) plus rapidement chez ceux qui sont très vulnérables au stress, par rapport à ceux qui le sont peu. Le risque d'Alzheimer est aussi deux fois plus élevé chez les grands stressés. Une autre étude célèbre a montré que les hormones du stress affectent directement la taille de l'hippocampe, une région du cerveau cruciale pour la mémoire. L'hippocampe peut toutefois reprendre sa taille normale si le stress diminue.
Sources : Université Stanford, UCLA, Université McGill, Université de New York, Université de Washington
Prendre du poids
L'obésité affecte la mémoire. Selon une étude française, les gens dont l'indice de masse corporelle (IMC) est plus élevé (de 30 au lieu de 20) retiennent moins de mots au cours d'un test de mémoire. Cela pourrait être dû à des problèmes vasculaires reliés au surpoids, ou alors à la présence de graisse dans le cerveau, qui affecte les connections entre les neurones.
Source : INSERM, Institut national de santé publique de Finlande
Fumer
Le tabagisme double le risque de démence ou de maladie d'Alzheimer, selon une étude néerlandaise de 1998. Ce risque est toutefois temporaire. Cesser de fumer permet d'améliorer sa mémoire.
Sources : Université Columbia, Centre médical Erasmus à Rotterdam
Rester rivé devant la télé
Écouter trois heures de télévision par jour durant la quarantaine double le risque d'Alzheimer (par rappor t à ceux qui ne regardent jamais la télévision). Ce n'est pas la télévision ellemême qui est nocive, mais le fait qu'elle remplace des activités physiques ou intellectuelles bénéfiques pour le cerveau.
Source : Université Case Western Reserve
S'enivrer
L'alcool peut abîmer les neurones. L'une des principales causes médicales des problèmes de mémoire est l'alcoolisme. Par contre, chez les adeptes du régime méditerranéen, ceux qui avaient la meilleure mémoire de tous les groupes prenaient jusqu'à trois verres par jour, une proportion deux fois plus élevée que la moyenne.
Sources : Université Columia, Centre médical Erasmus à Rotterdam
Se surmener
Le manque de sommeil, le stress, l'anxiété et la déprime qui y sont associés nuisent à la mémoire.
Négliger sa santé
Certains problèmes peuvent affecter la mémoire. Comme la dépression, l'anxiété, la déshydratation, les problèmes de glande thyroïde ou de nutrition. Les médicaments peuvent nuire eux aussi. C'est le cas de certains somnifères, de tranquillisants (Valium), d'anxiolytique, d'antidépresseurs, de bêtabloquants (utilisés pour lutter contre l'hypertension), d'antihistaminiques ou de certains antibiotiques (tétracyclines). Les blessures à la tête peuvent aussi affecter la mémoire, tout comme les accidents cérébraux vasculaires.
Source : Association Alzheimer
Traverser trop souvent les fuseaux horaires
Les vols long-courrier perturbent le sommeil et stressent l'organisme au augmentant le taux de cortisol (l'hormone de stress) dans le sang. Lors d'une étude, le personnel naviguant présentait des temps de réactionplus lents aux tests de mémoire. Pour l'éviter, il faut espacer les longs vols d'au moins deux semaines.
Source : Université de Durham, 2000
Se droguer
Le cannabis affecte la mémoire à court terme. Ses effets sont toutefois réversibles. L'ecstasy perturberait la mémoire des événements récents.
18 février 2007
Avec l'âge, presque tout le monde s'inquiète du déclin de sa mémoire. Et parfois avec raison : d'après les études, les personnes qui se plaignent de leur mémoire courent deux à trois fois plus de risques de souffrir de la maladie d'Alzheimer que les personnes qui ne s'en plaignent pas.
Mathieu Perreault
L'oubli de faits récents est souvent le premier signe de la maladie. Mais mieux vaut ne pas s'alarmer trop vite : entre 80 et 84 ans, plus de 90 % des vieillards sont encore épargnés. Pour obtenir un vrai diagnostic, il faut passer des tests spéciaux et un examen médical.
Aujourd'hui, les coûts de la maladie en soins de longue durée, médicaments et hospitalisations atteignent 5,5 milliards par année, selon la Société Alzheimer du Canada. Cela va augmenter avec le vieillissement de la population. Et avec l'augmentation des cas d'hypertension et d'hypercholestérolémie.
Voici les symptômes qui peuvent annoncer un problème de mémoire :
- votre mémoire défaillante vous cause des problèmes d'alimentation ou d'hygiène;
- vous perdez votre chemin dans des endroits familiers;
- vous répétez plusieurs fois les mêmes phrases ou les mêmes questions dans la même conversation;
- vous avez de la difficulté à suivre une liste d'étapes simple, par exemple une recette de cuisine;
- vos problèmes de mémoire empirent rapidement au fil des semaines ou des mois;
- vous avez plus de difficulté qu'à l'ordinaire à faire des choix ou à compter de l'argent;
- vous ne reconnaissez plus vos parents et amis, ou avez de la difficulté à vous rappeler de leurs noms;
- vous oubliez votre adresse et votre numéro de téléphone;
- vous vous retrouvez parfois à l'extérieur de chez vous ou de votre bureau sans savoir comment et pourquoi vous en êtes sorti;
- vous avez plus de problèmes qu'avant à conduire votre voiture;
- votre comportement a changé;
- vous avez des trous de mémoire plus fréquemment;
- le soir, vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez fait durant la journée;
- vous perdez vos bonnes manières.
Les vedettes aussi
Plusieurs vedettes ont été victimes de la maladie d'Alzheimer. Au Québec, le scénariste et réalisateur Gilles Richer (père d'Isabel Richer), le cinéaste Claude Jutra et le comédien Gratien Gélinas ont été atteints. Ailleurs dans le monde, Rita Hayworth, Charlton Heston, Ronald Reagan et Annie Girardot en ont notamment souffert.
Sources : Institut national du vieillissement des États-Unis, Société Alzheimer, Université Harvard, Collège des médecins de famille du Canada.
19 février 2007
Il y a les NIP, les mots de passe pour ceci et pour cela, les cours de judo de la petite le samedi de 10 h à 14 h, les matchs de hockey du fils les jeudis et samedis soir, les rencontres avec les supérieurs les mardis et vendredis matins.
Louise Leduc, Mathieu Perreault et Mario Girard
Pour tout cela, il y a l'ordinateur, le cellulaire, l'agenda tout court, l'agenda électronique et, si on est chanceux, une secrétaire nous aide à ne pas disjoncter. En ces temps modernes très techno, la mémoire risque-t-elle de s'engourdir ?
Faisons un petit saut dans le temps, et partons à la rencontre de l'homme de Néanderthal, dont la naissance remonte à plus de 250 000 ans. Avant le BlackBerry, avant le Post-it, avant l'écriture, avant, même, les petits dessins dans les cavernes.
Ariane Burke et Michèle Drapeau, paléoanthropologues et professeures à l'Université de Montréal, signalent que la mémoire du Néanderthalien devait couvrir au moins un an d'événements clés. À quelle saison poussent tels fruits? Où se trouve l'arbre qui en donne le plus? À quel moment arrivera l'été? L'hiver? Et la migration des troupeaux? Quand pourra-t-on chasser ce grand mammifère si bon pour la panse? Où se trouvent les ressources premières pour fabriquer les outils ?
«Le Néanderthalien se déplaçait sur plusieurs centaines de kilomètres, sans carte, signale Mme Burke. Nous, on se perd dans le bois. Lui ne pouvait pas se le permettre. La transformation de la pierre en outils, qui se faisait en plusieurs étapes, supposait aussi une mémoire visuelle et gestuelle certaine.»
Par contre, contrairement à nous qui tentons gentiment de nous rappeler du prénom de la conjointe et des enfants du quatrième voisin de bureau, l'univers social du Néanderthalien était assez limité. Au total, son entourage n'était pas composé de plus de 25 ou 30 personnes. Les petits cocktails et les 5 à 7 au cours desquels il faut se rappeler du nom de chacun étaient aussi très rares.
Normale, cette perte de mémoire ?
À l'époque, il n'existait pas non plus de séances «d'entraînement à la mémoire». Ces rencontres, organisées de nos jours par l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, sont destinées aux gens âgés. Et pourtant, note Sylvie Belleville, chercheuse en neuropsychologie, «les gens de 40 ans sont de plus en plus intéressés à y participer».
Mais est-ce normal d'oublier tant de choses? «À partir de la vingtaine, la mémoire commence à diminuer, signale Sylvie Belleville. Les gens très éduqués, aux professions exigeantes, s'inquiètent souvent de ne plus se sentir aussi allumés.»
Les nouvelles technologies sont-elles à blâmer? Sylvie Belleville n'en croit rien. À son avis, les aides-mémoires et les ordinateurs qui nous évitent d'apprendre par coeur le nom des capitales de ce monde ne nous ramollissent pas le cerveau. «Ce que l'on trouve aujourd'hui dans Internet, on le trouvait autrefois dans les livres de toute façon. Un enfant de 8 ans d'aujourd'hui en sait plus qu'un grand chercheur d'il y a 300 ans», croit Mme Belleville.
Une mémoire atrophiée
Tous ne sont pas aussi positifis. Ainsi, James J.O'Donnell, auteur de Avatars of the Word, croit au contraire que la mémoire s'atrophie dangereusement en ce début de 21e siècle.
«Il est maintenant possible de retrouver facilement sur Internet une adresse ou un numéro de téléphone à l'étranger, voire une citation d'un livre», explique en entrevue M. O'Donnell, de l'Université Georgetown à Washington. «Il n'est même plus nécessaire de se souvenir du nom d'un livre ou de son auteur, parce qu'on peut chercher à tâtons avec Google et trouver facilement. Nous avons de moins en moins de raisons de nous servir de notre mémoire.»
«Certains pensent que libérer notre cerveau de l'esclavage de la mémorisation est une bonne chose, poursuit M. O'Donnell. Je n'en suis pas sûr. Je ne crois pas que les zones du cerveau qui servent à la mémoire peuvent être utilisées pour autre chose. Nous ne nous servons plus de la totalité de nos capacités.»
Quand le poids des années se fait sentir et qu'on ne peut plus compter sur le travail pour se stimuler, il devient plus important que jamais de s'imposer un effort mental. Que ce soit en faisant des mots croisés ou en boudant les béquilles électroniques, constate la responsable de la Clinique de la mémoire de l'hôpital du Sacré-Coeur, Nathalie Shamlian. «Bravo aux gens qui le font! dit-elle. Quelle résilience. Ils ont spontanément le gros bon sens de faire les bonnes choses. Ils appliquent naturellement ce que les scientifiques prennent des années à formuler. Moi, je crois beaucoup à cela et j'encourage les gens à le faire.»
17 février 2007
Mathieu Perreault et Louise Leduc
La mémoire fascine. On n'a qu'à penser à l'admiration que suscitent les champions du jeu Quelques arpents de piège. Le collègue qui se souvient toujours des dates et des noms peut avoir l'air plus compétent qu'il ne l'est réellement. Et que dire des conteurs-nés, ceux qui se souviennent de multiples détails d'une anecdote amusante et ont invariablement une demi-douzaine de personnes suspendues à leurs lèvres.
Depuis une dizaine d'années, plusieurs études ont montré que la perte de mémoire liée à l'âge mine la confiance en soi et suscite beaucoup d'anxiété. De là à penser qu'une bonne mémoire augmente les chances de succès social ou professionnel, il n'y a qu'un pas.
«La confiance en soi est étroitement liée au succès professionnel», explique Thomas Crook, un psychologue américain qui vient de publier The Memory Advantage. «On a d'habitude une meilleure opinion des gens confiants que des gens hésitants ou qui montrent de l'insécurité. Or, il est bien établi qu'une bonne mémoire améliore la confiance en soi. Quand on semble bien assuré, on va plus facilement convaincre les autres de la pertinence de ses projets.»
La perte de mémoire est un frein social important. «Quand on commence à oublier les noms des gens qu'on rencontre, on se sent gêné, dit M. Crook. Dans un cocktail, on va moins avoir tendance à aller saluer une personne qu'on connaît. On va utiliser des salutations plus génériques, moins chaleureuses, et on fera moins bonne impression. Ce n'est pas pour rien que les politiciens posent des questions personnelles aux gens qu'ils rencontrent, par exemple sur la santé de leurs enfants. C'est une technique efficace pour avoir du succès. Mais pour ça, il faut avoir une bonne mémoire.»
Si on est mal équipé sur ce point, il ne faut pas désespérer. «Les gens hésitent souvent à utiliser des notes ou des agendas pour pallier les défaillances de leur mémoire. On serait fou de s'en passer, estime le psychologue qui dirige une compagnie d'évaluation des effets des médicaments sur les facultés cognitives. Les effets négatifs sont amplement compensés par la confiance en soi qu'apportent les informations stockées dans notre agenda.»
Plus intelligents ?
Les gens dotés d'une mémoire phénoménale, capables de vous dire en ordre les noms de tous les premiers ministres du Québec à ce jour ou les noms des moindres insectes, sont-ils pour autant plus intelligents ?
La mémoire est le plus souvent le reflet de l'intelligence générale. «Normalement, si vous avez un quotient intellectuel de 150, vous avez aussi une très bonne mémoire», dit Laurent Mottron, professeur au département de psychiatrie à l'Université de Montréal. Voilà pour la règle générale. Il peut cependant arriver, dit-il, que des personnes dotées d'une mémoire phénoménale aient une intelligence ordinaire. Et certains autistes ont des résultats hors du commun lors de tests de mémoire.
Des 11 sous-tests du test de Wechsler - le plus communément utilisé pour mesurer le quotient intellectuel, quatre sollicitent beaucoup la mémoire. La plupart du temps, les mémoires exceptionnelles sont dépendantes de certains facteurs, tel l'effet de fréquence, explique le Dr Mottron. Ainsi, «un joueur d'échecs professionnel aura une mémoire phénoménale des patterns de jeux parce qu'il en a déjà vu des milliers dans sa vie. Une autre personne spécialisée en ornithologie mémorisera plus facilement qu'un non-initié une séquence de cartes d'oiseaux, parce que ces oiseaux auront une représentation dans son cerveau». Cette mémoire ne serait cependant pas automatiquement transmissible d'un domaine à l'autre. Ce n'est pas parce que l'on a en tête tous les noms d'oiseaux de la terre qu'on sera nécessairement plus apte à mémoriser rapidement des listes entières de différentes sortes de voiture. «En fait, certaines études avancent que la plupart des gens n'auraient de l'espace dans leur cerveau que pour un seul domaine d'expertise», précise le Dr Mottron.
17 février 2007
Louise Leduc et Marie Allard
À l'école, la mémoire n'occupe plus la même place que jadis. Difficile de convaincre les jeunes de l'utilité d'apprendre une information par coeur alors que tout est disponible en un clic de souris. «Les élèves se disent : Pourquoi je retiendrais la date de la fin de la Deuxième Guerre mondiale si je sais qu'en faisant une petite recherche dans Internet, je vais la trouver?» rapporte François Guité, enseignant à l'école secondaire De Rochebelle, à Québec.
À leur défense, le prof souligne «qu'aujourd'hui, le bagage collectif de la société est si énorme qu'on ne peut pas tout apprendre». Il leur faut faire des choix : même s'ils ne retiennent pas les grandes dates de l'histoire, plusieurs se souviennent du mode d'emploi de leur lecteur MP3. Quel adulte peut en dire autant ?
Le ministère, les enseignants : tous ont amorcé un virage avec la réforme scolaire. «Les anciens programmes misaient davantage sur l'apprentissage du par coeur, reconnaît Marie-France Boulay, porte-parole du ministère de l'Éducation. Ne solliciter que la mémoire n'assure pourtant pas une acquisition durable des connaissances.» Avec la réforme, les élèves appliquent ce qu'ils savent «dans le cadre de travaux ou de résolutions de problèmes concrets», explique-t-elle.
«De faire réciter par coeur, machinalement, une règle grammaticale à toute une classe, ça ne se voit plus», confirme Pascale Lefrançois, professeure en didactique du français à l'Université de Montréal (et, accessoirement, ex-championne de la dictée de Bernard Pivot en 1990).
«Cependant, pour la conjugaison et pour l'orthographe, il n'y a souvent pas grand-chose à comprendre. Les listes d'exception, pas le choix, il faut les apprendre.»
Même chose en maths : apprendre ses tables de multiplication permet de sauver un temps fou. La seule différence entre les élèves qui prennent du retard et leurs camarades qui suivent le rythme attendu, c'est que le deuxième groupe connaît ses tables, selon le chercheur américain Herbert Ginsburg. «Cela voudrait dire que la mémorisation est importante», indique Louise Poirier, spécialiste de l'enseignement des mathématiques à l'Université de Montréal.
Au Québec, le débat entre les tenants du par coeur et ceux qui favorisent l'emploi de la calculatrice fait toujours rage dans les écoles. La France vient de régler la question : de 15 à 20 minutes par jour de calcul mental seront bientôt obligatoires au primaire. Il y a une «nécessité absolue» d'un exercice systématique du calcul mental pour maîtriser «la mémorisation et les automatismes», a dit le 23 janvier Gilles de Robien, ministre de l'Éducation en France.
Aux États-Unis, un psychologue spécialiste de la mémoire se montre tout aussi inquiet. «Je ne serais pas surpris que la mémoire décline dans les générations futures», affirme en entrevue l'auteur du livre The Memory Advantage, Thomas Crook. «Les enfants d'aujourd'hui n'apprennent pas à faire travailler leur mémoire, à l'utiliser dans des conditions difficiles. Il se peut que rendus au troisième âge, les enfants d'aujourd'hui se retrouvent démunis. Et qu'ils connaissent un déclin plus précoce.»
Un examen avec ses livres
À l'université, dans certains domaines comme le droit, il n'y a aucune commune mesure entre ce qui était attendu des étudiants il y a 25 ans et ce qui est mesuré aujourd'hui. Lise Tremblay, directrice de l'École du Barreau, note qu'aujourd'hui, tous les examens se déroulent à livre ouvert.
«Les étudiants sont exposés à des situations réelles et on leur demande de résoudre des cas. Il y a 25 ans, on leur demandait plutôt, par exemple, de se souvenir par coeur du délai maximum pour intenter tel type de procédure.»
Les étudiants qui pensent qu'ils n'auront qu'à réfléchir avec un grand R se trompent toutefois, nuance Dominique Dubé, psychologue au Centre d'orientation et de consultation psychologique à l'Université Laval. «Certains échouent aux examens simplement parce qu'ils ne réalisent pas qu'il est important d'apprendre certaines choses par coeur, encore aujourd'hui.»
La mémorisation est d'autant plus sollicitée que les professeurs ont souvent autre chose à faire que de corriger les examens de leurs étudiants. Cette tâche est donc souvent confiée à de simples étudiants à la maîtrise ou au doctorat, qui corrigeront à l'aide d'une grille très précise. Le concept X est là, dans la réponse? Parfait, c'est bon, raconte M. Dubé. L'étudiant n'a pas recraché précisément ce mot ? C'est raté.
17 février 2007
On entend toujours parler de «la» mémoire, alors qu'il en existe en réalité plusieurs types. Chacune a son rôle et toutes ne sont pas autant affectées par l'âge.
Mathieu Perreault
La mémoire à court terme ou mémoire de travail
Limitée, elle sert à traiter les informations. On l'utilise en lisant, en calculant ou pour retenir brièvement un numéro de téléphone trouvé dans le bottin. On aura oublié le tout au bout de quelques secondes à quelques minutes maximum.
On s'en sert aussi pour retrouver ses clés ou ses lunettes. C'est une mémoire limitée : la plupart des gens peuvent se souvenir au maximum d'entre cinq et neuf de ces informations en même temps. Et le nombre de «casiers» disponibles diminue encore en vieillissant. Chez les personnes stressées, l'anxiété non maîtrisée occupe de l'espace qui devrait être disponible pour apprendre.
Un peu comme la tour de contrôle d'un aéroport, la mémoire à court terme fait le tri en laissant passer certaines informations dans la mémoire à long terme (ce qui suppose répétition et traitement en profondeur). Les autres sont éliminées.
La mémoire à long terme : entrepôt des souvenirs et des connaissances
Quasi illimitée, elle sert à emmagasiner différents types d'informations, qui seront plus ou moins faciles à repêcher avec le passage du temps.
La «mémoire procédurale» permet l'apprentissage graduel d'habiletés comme apprendre à patiner ou à taper sur un clavier. C'est la plus inébranlable : en général ces apprentissages ne s'oublient pas.
La «mémoire sémantique» enregistre des mots, des capacités, des faits et des concepts à long terme. Elle se maintient elle aussi assez bien avec l'âge, et permet ainsi d'étendre ses connaissances.
La «mémoire épisodique» enregistre les événements de notre vie. C'est la plus abîmée par l'âge, ce qui explique pourquoi nos souvenirs d'enfance s'effacent graduellement.
SOURCES : Georgia Tech, Université d'État de San Diego, Université de Montréal, le livre How to Find Lost Objects.
17 février 2007
Pour s'évaluer
www.vivre100ans.fr/rester_en_forme/mental/jeux.htm
Le gym du cerveau. Tests cognitifs de mémoire assez ardus qui consistent à reproduire des blasons médiévaux aussi fidèlement que possible. D'autres jeux exigent de retenir le dernier mot de plusieurs phrases. Pas facile !
www.doctissimo.fr/html/psychologie/bien_memoriser/index_bien_memoriser.htm
Petits jeux de questions et réponses pour vérifier ses connaissances sur la mémoire, ses ennemis et son entretien.
www.qiqcm.com/memoires/m2/intro.htm
Enfin un test plus facile. Encourageant quand on a échoué aux autres. Avec ses limites.
www.icn.ucl.ac.uk/facetests/myabilities.php
Plusieurs tests mis au point par des chercheurs londoniens, experts de la prosopagnosie, un problème de mémoire qui rend difficile la reconnaissance des figures humaines. Vos résultats serviront à faire avancer la science.
Pour s'exercer
Plusieurs centres de gériatrie ont mis sur pied des programmes d'entraînement cognitif visant notamment à améliorer la mémoire des personnes âgées.
Au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), par exemple, un programme en six à huit séances, par groupes de quatre ou cinq personnes, combine des stratégies mnémotechniques comme l'association d'une tâche et d'un lieu (quand je serai dans la cuisine, je dois me souvenir de prendre mes pilules), et de gestion du stress. Les résultats préliminaires d'études sur des programmes similaires montrent que les améliorations sont importantes.
Avez-vous une bonne mémoire ? Tests, conseils et exercices pour s'améliorer. De Sandrine Coussinoux, Dominique Imbert, Natacha Quintard. Adapté pour le Québec par Hélène Matteau et Benoît Lavoie. Flammarion Québec, 128 pages, 16,95 $
Votre mémoire bien la connaître, mieux s'en servir. De Bernard Croisile, LAROUSSE. 44,95 $