17 octobre 2007
Sous-compactes : un retour en force
Éric Lefrançois
«Small is big», et pas seulement au Québec: plusieurs consommateurs canadiens et américains découvrent ou redécouvrent les nombreuses vertus des voitures urbaines et écologiques. Et pour stimuler la demande, l'industrie s'efforce depuis deux trois ans d'enrichir l'offre.
Ainsi, moins d'un an après avoir lancé les deux modèles City, Volkswagen revoit sa copie. Et pour cause puisqu'ils ont permis à la marque allemande de retrouver la clientèle qui a jadis fait sa fortune. D'ici à la fin de l'année, les City devraient représenter, à elles seules, près de 50% des ventes de VW au pays.
Pour se tailler une part de marché plus importante, VW rend son offre plus séduisante encore pour 2008 et habille ses «vieux» châssis d'une carrosserie plus moderne. Hormis les portières et le toit, tous les panneaux de carrosserie des Golf City et Jetta City exhalent la nouveauté.
Le sérieux aussi, comme en font foi les clignotants intégrés aux rétroviseurs extérieurs de la Golf City, comme sur les automobiles de catégorie supérieure, ou l'aspect «très classe» de la partie avant de la Jetta City, qui n'est pas sans rappeler une certaine Passat...
Volkswagen ne s'arrête pas là. Elle refait aussi une beauté intérieure à ses deux modèles d'entrée de gamme. Une nouvelle sellerie, un bloc d'instrumentation tout neuf et des appliques en aluminium (Jetta City) améliorent la qualité «perçue». À cela s'ajoute une chaîne audio (de série) dotée d'une prise auxiliaire et d'un port USB.
La longue liste d'accessoires de série comprend notamment une colonne de direction réglable aussi bien en hauteur qu'en profondeur, le baquet du conducteur réglable en hauteur et des essuie-glaces à balayage intermittent. La marque allemande a également révisé la nomenclature de son catalogue d'options.
Sur le plan technique, Golf City et Jetta City adoptent des éléments suspenseurs à la géométrie révisée et, en option, une boîte automatique à cinq rapports. Cette dernière est accompagnée d'un ordinateur de bord qui transmet de l'information pratique au conducteur comme l'économie de carburant, l'autonomie du véhicule ou encore la durée du déplacement.
Certains constructeurs renouvellent; d'autres affinent. C'est le cas de Hyundai, qui ajoute au catalogue de l'Accent une version SR, plus musclée. Elle se reconnaît à ses éléments aérodynamiques spécifiques et à sa présentation intérieure «plus sportive».
Un peu mince sans doute, mais Hyundai permet à l'acheteur d'ajouter des jantes de 17 pouces, un échappement moins restrictif, des ressorts plus rigides et même un sélecteur de vitesses à course rapprochée. Avec tous ces équipements, l'agrément de conduite promet d'être plus relevé. La facture aussi.
Smart profite aussi de la rentrée automnale pour faire descendre dans la rue sa seconde génération de ForTwo. Bien que la biplace du constructeur allemand ait conservé la mine joyeuse et craquante de sa devancière, sa refonte n'en est pas moins profonde. Légèrement plus longue et plus large, la ForTwo promet cependant de garder sa proverbiale agilité. En revanche, elle s'engage à être plus accueillante, y compris pour vos bagages.
Ces transformations jouent naturellement sur le poids de cette voiture, mais ses performances ne devraient pas en pâtir car le moteur évolue lui aussi. Au lieu du moteur turbodiesel, on y trouve un trois cylindres de 1 litre avec calage variable des soupapes. Côté transmission, la boîte robotisée comptera cinq rapports au lieu de six, tout en promettant des passages de vitesses plus rapides.
Espérons que le gain sera perceptible, car il s'agit d'un des reproches souvent formulés à l'égard de la ForTwo.
Tendances
Qui dit petite voiture dit petites marges bénéficiaires. Les spécialistes estiment à 300 000 véhicules la production minimale pour amortir les coûts d'un petit modèle. Pas de problèmes pour les constructeurs japonais et européens, qui disposent d'un marché national pour ce type de voitures. Pour les Américains, l'expérience est beaucoup plus aléatoire, sauf s'ils font assembler leurs produits en Corée, en Europe ou... en Chine.
Ce sera le cas de Chrysler qui, à l'aide de son nouveau partenaire chinois Chery, proposera au cours de la prochaine année une sous-compacte qui s'annonce comme la moins coûteuse sur le marché (environ 10 000$). Ford entend lui aussi grossir les rangs de cette catégorie avec une sous-compacte étroitement dérivée de la Mazda 2 vendue actuellement en Europe. Celle-ci sera offerte au cours de l'année 2008 (vraisemblablement à l'automne comme modèle 2009).
Les prix
Chevrolet Aveo 12 995$- 15 495$
Honda Fit 14 980$ - 20 880$
Hyundai Accenz 14 295$ - 19 795 $
Kia Rio 13 595$ - 19 445$
Nissan Versa 14 598$ - 21 598$
Pontiac Wave 12 995$ - 15 495$
Smart ForTwo nd
Suzuki Swift + 13 995$ - 17 395$
Toyota Yaris 13 915$ - 18 725$
Volkswagen Golf City 15 300$
Volkswagen Jetta City 16 900$
Voir dans mon dossier Beetle l'article du 22 octobre 2007 d'Éric Lefrançois : Les City de Volkswagen, une offre irrésistible mais...
22 octobre 2007
Éric Lefrançois
Les chiffres sont formels: cette année, ce sont les City qui apportent de l'oxygène à Volkswagen Canada. Sans ces allemandes au rabais, assemblées au Mexique (Jetta) et au Brésil (Golf), le distributeur canadien perdrait près de la moitié de ses immatriculations.
Si les City gonflent les ventes de Volkswagen et «ne cannibalisent pas celles des autres produits, ni ne torpillent l'image sérieuse de la marque», elles génèrent toutefois peu de profits. Alors pourquoi donc investir des centaines de milliers de dollars dans la refonte, même partielle, de produits en sursis? Pour faire le plein de (jeunes) clients, bien sûr, mais aussi pour satisfaire aux demandes répétées des concessionnaires qui souhaitent depuis des lustres des modèles d'entrée de gamme comme la Lupo vendue en Europe par exemple, mais interdite de séjour sur nos terres.
Ces précisions étant faites, ces City proposent aux consommateurs un achat simple et bon marché. Ici, le prix fait foi de tout et aucune autre voiture n'en offre autant aujourd'hui à ce prix-là: 15 300$ pour la Golf City et 16 900$ pour la Jetta City. En fait, les pseudo rivales de ces siamoises germaniques - hormis sans doute la Versa de Nissan - se cantonnent à des dimensions bien plus citadines et à une liste d'accessoires de série parfois plus courte que le coupon caisse d'un marchand de journaux.
Cela dit, on connaît par coeur les principaux attributs de ces City: prix alléchant, habitabilité au-dessus de la moyenne (pour la catégorie, s'entend) et comportement sûr. Des qualités aujourd'hui assaisonnées d'un soupçon de nouveauté comme en font foi les contours modernisés des carrosseries qui les habillent. La Jetta City, par exemple, reprend à son compte plusieurs éléments visuels des Volkswagen actuelles ou anciennes.
À l'intérieur, autre coup de plumeau bien senti pour enjoliver cet habitacle poussiéreux avec un bloc d'instrumentation tout neuf, des appliques en aluminium «type Sport» (dixit VW) et un système audio étonnamment sophistiqué (port USB, prise auxiliaire et tout le bataclan) pour une automobile de ce prix. Même si la présentation intérieure trahit par endroits son âge, la qualité de l'assemblage et le choix des matériaux sont, eux, bien dans l'air du temps.
Pour rendre l'offre plus irrésistible encore, Volkswagen revoit la nomenclature des accessoires offerts de série et moyennant supplément. Une colonne de direction inclinable et télescopique (de série), des disques aux quatre roues (de série), un correcteur de stabilité électronique (option de 450$) et maintenant une boîte semi-automatique à six rapports (1400$) assortie d'un ordinateur de bord. Une transmission résolument moderne qui, hélas, est loin de donner des ailes au moteur de 2 litres, anime les City.
Au mieux, elle permet de réduire le nombre de décibels, d'améliorer la consommation et l'autonomie de ces deux véhicules. Par ailleurs, les éléments suspenseurs ont également été (partiellement) retouchés pour améliorer la précision de conduite. Même si elles ne sont pas les plus vives, ni les plus économiques de la catégorie, les City se révèlent de meilleures routières que bon nombre de leurs rivales.
Fiables ?
Les City représentent sans doute l'une des meilleures affaires de l'heure. Mais la question fondamentale demeure: sont-elles fiables? No...ui. Indécis? Non, partagé. Il est vrai que les antécédents des City ont de quoi donner la frousse. Il est tout aussi vrai de dire que plusieurs problèmes ont été corrigés au fil des ans, même si les visites chez les concessionnaires demeurent fréquentes pour plusieurs à en juger le courrier reçu.
Cependant, si l'on prête foi aux différents sondages menés auprès de consommateurs nord-américains, les gros bobos touchent principalement le système électrique et la qualité d'assemblage (vibrations, bruits, robustesse de certaines composantes, etc.). Toutes les autres taches ont pâli ou, au mieux, disparu. Mais le risque demeure. Êtes-vous audacieux ? Êtes-vous fait pour Volkswagen ?
L'essentiel
• La Jetta City pose depuis quelques jours déjà dans les salles d'exposition Volkswagen. La Golf City, elle, se laisse désirer un peu et ne fera son entrée qu'au mois de novembre.
• Selon VW, 40% des Golf City vendues au pays circulent quotidiennement sur les routes du Québec.
• Les Golf City et Jetta City ne seront pas éternelles. Volkswagen Canada planche actuellement sur une remplaçante. Plusieurs scénarios sont à l'étude, y compris celui d'importer la prochaine génération de Lupo.
• Les City ne sont pas diffusées sur le marché américain. En revanche, outre au Canada, on les retrouve au Mexique et aussi en Afrique du Sud.
Les frais de ce reportage ont été payés par Volkswagen Canada