Bonne nouvelle pour les personnes fatiguées : une petite sieste à la mi-journée semble réduire le risque de problèmes cardiaques mortels selon les résultats d'une vaste étude publiés lundi dans le magazine Archives of Internal Medicine.
D'après cette enquête, la plus vaste jamais réalisée pour étudier les effets de la sieste, ceux des 23.681 adultes grecs suivis en moyenne pendant six ans qui font la sieste d'au moins une demi-heure au moins trois fois par semaine risquent trois fois moins que les autres de mourir d'une crise cardiaque ou d'un autre problème de coeur.
Le phénomène est particulièrement visible chez les hommes travaillant notent les auteurs, qui précisent que les sujets étaient pour la plupart âgés d'une cinquantaine d'années. La sieste pourrait être bonne pour le coeur, en réduisant le stress, dont le travail constitue l'une des sources les plus fréquentes.
Les résultats devraient être à peu près les mêmes chez les femmes, mais le Dr Dimitrios Trichopoulos de l'Université de Harvard et de l'Ecole médicale de l'Université d'Athènes, a jugé le nombre de patientes mortes pendant l'étude trop faible pour en être sûr : 48 des femmes, dont six qui travaillaient, sont décédées de problèmes cardiaques, contre 85 pour les hommes, dont 28 qui travaillaient.
Certains chercheurs estiment que le stress pourrait directement influer sur la santé du coeur, par l'effet nocif des hormones du stress, ou indirectement, en amenant les gens à faire moins d'exercice physique, à manger et à fumer davantage.
Il se pourrait, a noté le Dr Marvin Wooten, spécialiste du sommeil à l'hôpital Saint-Mary de Columbia, dans le Milwaukee, que les adeptes de la sieste "soient juste des gens qui prennent mieux soin d'eux-mêmes" que les autres, ce qui est également bon pour le coeur.
Siesta in Healthy Adults and Coronary Mortality in the General Population
Androniki Naska, PhD; Eleni Oikonomou, BS; Antonia Trichopoulou, MD; Theodora Psaltopoulou, MD; Dimitrios Trichopoulos, MD
Background Midday napping (siesta) is common in populations with low coronary mortality, but epidemiological studies have generated conflicting results. We have undertaken an analysis based on a sizable cohort with a high frequency of napping and information on potentially confounding variables including reported comorbidity, physical activity, and diet.
Methods Among participants in a general population cohort (the Greek European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition [EPIC] cohort), 23 681 individuals who at enrollment had no history of coronary heart disease, stroke, or cancer and had complete information on frequency and duration of midday napping, as well as on potentially confounding variables, were followed up for a mean of 6.32 years. Data were modeled through Cox regression, using time to coronary death and treating deaths from other causes as censoring events as outcomes.
Results Among men and women, when controlling for potential confounders and using those not taking siesta as a referent category, those taking a siesta of any frequency or duration had a coronary mortality ratio (MR) of 0.66 (95% confidence interval [CI], 0.45-0.97). Specifically, those occasionally napping had a 12% lower coronary mortality (MR, 0.88; 95% CI, 0.48-1.60), whereas those systematically napping had a 37% lower coronary mortality (MR, 0.63; 95% CI, 0.42-0.93). Among men, the inverse association was stronger when the analysis was restricted to those who were currently working at enrollment, whereas among women, a similar analysis was not possible because of the small number of deaths.
Conclusion After controlling for potential confounders, siesta in apparently healthy individuals is inversely associated with coronary mortality, and the association was particularly evident among working men.
Author Affiliations: Department of Hygiene and Epidemiology, University of Athens Medical School, Athens, Greece (Drs Naska, Trichopoulou, Psaltopoulou, and Trichopoulos and Ms Oikonomou); Hellenic Health Foundation, Athens (Dr Trichopoulou); and Department of Epidemiology, Harvard School of Public Health, Boston, Mass (Dr Trichopoulos).