4 novembre 2006

Qu'est-ce qu'on peut mettre dans les bagages à main?

André Désiront

« Lorsque je suis arrivée au point de contrôle de la sécurité pour prendre l'avion pour Fort Lauderdale, on m'a remis un sachet de plastique dans lesquels on m'a demandé de placer mes cosmétiques et ma solution nettoyante pour verres de contact, raconte Martine Labrecque, une lectrice qui revient d'un bref séjour en Floride. Pourquoi doit-on placer les liquides et les gels dans un sac de type Ziploc ? Quelles chinoiseries vont-ils encore inventer pour nous compliquer la vie ? »

Beaucoup de chinoiseries encore, probablement. « Les mesures de sécurité sont appelées à évoluer, parce que les terroristes inventent continuellement de nouvelles méthodes pour déjouer les contrôles et que nous devons avoir un pas d'avance sur eux», dit Jacques Duchesneau, président de l'Agence canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA).

Les sacs de plastique
Quant aux sacs de plastique transparents dans lesquels les voyageurs sont priés de placer tous les liquides, gels et cosmétiques qu'ils emmènent dans leurs bagages de cabine, ils feront désormais partie de l'arsenal sécuritaire déployé dans les aéroports de tous les continents. Leur usage a été imposé pour éviter, tout simplement, que les liquides n'éclaboussent la délicate machine à rayons X qui les passe au crible pendant que leur propriétaire franchit le portail détecteur de métaux.

Au Canada et aux États-Unis, ces sacs doivent être équipés d'une fermeture à pression ou à glissière et leur capacité ne doit pas excéder un litre. Quant aux contenants placés dans ces sacs, leur contenu ne doit pas excéder 90ml. L'ACSTA et la Transportation Security Administration américaine se sont entendues pour harmoniser leurs listes d'objets qu'il est interdit d'emmener en cabine. Les passagers sont priés de placer les articles en question d'avance dans des petits sacs de plastique, afin d'accélérer la procédure aux points de contrôle. « La confiscation ou la vérification d'un objet prohibé prend en moyenne quatre minutes, indique Jacques Duchesneau. Leur accumulation risque donc de retarder sérieusement les voyageurs. Heureusement, le public collabore. L'ACSTA a été créée, en 2002. L'année suivante, nos agents ont confisqué un million d'objets prohibés. L'an dernier, ce nombre avait été ramené à 600 000. »

Aéroports d'ici et d'ailleurs
Les liquides et autres gels devaient être placés dans les bagages enregistrés, depuis le 10 août, date à laquelle les autorités britanniques auraient déjoué un complot que de présumés terroristes s'apprêtaient à perpétrer à l'aide d'explosifs liquides. Ces mesures ne se sont pourtant pas traduites par une augmentation significative du nombre de bagages enregistrés. «Nous avons remarqué une certaine augmentation sur nos vols dans les jours qui ont suivi les événements de Londres, mais depuis tout est revenu à la normale», dit Isabelle Arthur, porte-parole d'Air Canada. Même constatation aux Aéroports de Montréal, où on nous assure qu'il n'y a pas eu « d'impacts mesurables sur les convoyeurs à bagages ».

Le 26 septembre, le Canada et les États-Unis décidaient d'autoriser à nouveau que les voyageurs emportent certains liquides et gels dans leurs bagages de cabine et en limitaient la quantité à 90ml ou 3 onces. Les restrictions sont identiques des deux côtés de la frontière : pas de briquets, d'objets contondants comme des ciseaux ou des armes jouets... Les autorités des deux pays n'imposent aucune restriction sur les liquides achetés dans les magasins situés au delà des points de contrôle (donc ceux des zones hors taxes ).

Par contre, les règles sont différentes dans les aéroports du Royaume-Uni : là aussi, les liquides achetés après les points de contrôle sont autorisés, mais ceux provenant d'autres sources restent bannis dans les cabines des avions. Et des normes sévères réglementent la dimension des bagages de cabine (45 cm de largeur, 56 cm de hauteur et 25 cm d'épaisseur).

Pour le continent, l'Union européenne a adopté une série de normes qui entreront en vigueur le 6 novembre. Elle ressemblent comme deux gouttes d'eau à celles qui ont cours chez nous et aux États-Unis, à cette exception près que la capacité maximale des contenants à liquides et à gels est de 100 ml.

Quant aux liquides achetés dans les boutiques situées après les points de contrôle, ils devront être placés dans une sac scellé qu'un vendeur de la boutique leur remettra à l'embarquement et leur origine devra être authentifiée par une facture.

Ceci, afin de permettre aux voyageurs qui effectuent des correspondances sur le territoire de l'Union et dans quelques autres pays (Islande, Norvège et Suisse), de poursuivre leur chemin sans risque de confiscation.

« Je viens de rencontrer mes homologues européens et nous aimerions bien harmoniser les mesures imposées, afin d'éviter les confusions chez les voyageurs qui se déplacent dans plusieurs pays », dit Jacques Duchesneau. Pour bientôt, peut-être...

En attendant, le président de l'ACSTA se réjouit de voir que les files d'attente aux points de contrôle sont beaucoup moins longues au Canada que dans les aéroports américains. Chaque année, 2 milliards de dollars sont investis pour déployer 4400 agents de sécurité dans les 89 aéroports canadiens.

On peut vérifier la liste des objets prohibés et de ceux autorisés dans la cabine des avions sur le site de l'ACSTA à l'adresse www.acsta-catsa.gc.ca.