10 décembre 2010

Le bail de la bibliothèque approuvé sans unanimité

Le conseil municipal de Saint-Constant a autorisé de façon majoritaire la signature d’un bail annuel de 663 000 $ pour le local de la future bibliothèque le 15 novembre.

Hélène Gingras

Le maire se réjouit de cette étape qu’il qualifie «d’élément déclencheur» au développement du projet du Carrefour ferroviaire sur la rue Saint-Pierre.

« Tout est interrelié dans ce projet; la gare de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), la construction du centre commercial, etc. Il fallait aller de l’avant sinon on peut risquer de perdre les investissements promis », a dit Gilles Pepin, qui en avait fait une promesse électorale.

Ce projet d'envergure prévoit l’érection d’une bibliothèque de 19 000 pieds carrés au 2e étage du centre commercial à être rebâti. C’est six fois plus grand que celle actuelle.

« On répond aux normes du ministère de la Culture et des Communications pour une Ville grosse comme la nôtre », a-t-il ajouté.

Au rez-de-chaussée, la Ville aménagera des bureaux pour y relocaliser des employés.

L’actuel bâtiment de la bibliothèque sera conservé pour le Club de l’âge d’or.

Le bail de location de cinq ans à être signé avec le propriétaire du centre commercial comprend la location de 26 787 pieds carrés au coût de 24,75 $ chacun. C'est une plus grande surface à coût moindre que prévu (741 000 $).

Redonner vie à la rue Saint-Pierre
Pour le maire, ce projet majeur permettra de régler le problème de la bibliothèque et de sécurité de la gare du train en plus de revitaliser la rue Saint-Pierre et de générer d’importantes retombées en taxes.

Il reste également à vendre le terrain de soccer à l’AMT pour y ériger un stationnement pour les usagers.

À court, moyen et long terme, des condos seront aménagés dans le voisinage, générant d’autres revenus pour la municipalité.

Trois opposés
L’adoption de la résolution sur la signature du bail a divisé le conseil constitué du maire et de huit conseillers. Gilles Lapierre (de l’opposition), André Sauvé et Pascal Bédard (de l’Équipe Pepin) ont voté contre.

Interrogés par le Journal, les trois ont reproché d’avoir manqué de temps pour prendre connaissance du bail qui faisait une centaine de pages. Il leur avait été remis en fin de journée le jour même du vote.

« On me demande de prendre une décision de 663 000 $ par an en l’espace de quelques heures, dans une assemblée spéciale et sans plan préalable! On vote au pied carré sans esquisse! Ça a ni queue ni tête », reproche André Sauvé, qui fera désormais cavalier seul (voir autre article).

« On n’avait pas le temps de connaître les conditions du contrat, ajoute M. Lapierre. Je ne pouvais pas faire ça pour moi ni pour les citoyens. On n’est pas non plus des professionnels dans le domaine. »

Ils décrient aussi le fait qu’ils réclamaient une étude marchande autre que celle de la firme Raymond Chabot Grand Thornton, afin de démontrer que le tarif de location est compétitif à Saint-Constant. Ils ne l’ont jamais eue.

« Notre mandat prévoit qu’on doit être habile à voter et je n’étais pas en mesure de me faire une idée », rapporte M. Bédard, qui demeure néanmoins avec l’Équipe Pepin.

André Sauvé : « Tout est fait de travers »
Le bail de la bibliothèque est la goutte qui a fait déborder le verre du conseiller du quartier 5.

« Tout est fait de travers », reproche celui qui affirme n’avoir pas eu de réponses satisfaisantes à ses questions de la part du maire.

« Je ne sais même pas qui a négocié le bail pour la Ville. Je ne sais pas non plus où l’argent sera pris pour aménager l’intérieur de la bibliothèque parce qu’on loue une coquille vide », poursuit André Sauvé, reconnu pour son franc parler.

Pour ce faire, il estime que la Ville devra débourser 1,5 M $ à 2 M $ supplémentaires. Du coup, « c’est comme si le loyer passait à 40 $ du pied carré, reproche celui élu en 2005. On va se faire pitcher des roches par les citoyens! »

Il tique aussi face à certains éléments du bail qu’il a eu le temps de décortiquer davantage depuis l’assemblée. Il est question que la municipalité paye un «minimum» annuel de 663 000 $ - « C’est quoi le maximum ? » - et qu’elle assume des frais de raccordement d’aqueduc au centre commercial, quoi qu’il arrive.

« On doit aussi payer pour aménager une slate en béton. Pourquoi ? On est locataires », s’indigne-t-il.

Le prix au pied carré le fait aussi sursauter. « On a décidé de prendre le 2e étage et le gros prix nous suit, alors que ça devrait être moins cher. C'est toujours le cas normalement. »

En raison de «ce manque de transparence», M. Sauvé se dissocie de l’Équipe Pepin.

« En tant que conseiller, j’ai le droit de demander et de savoir », dit l’homme qui entend bien continuer d’avoir accès aux différents employés. Il aurait eu l’ordre de passer par le cabinet du maire.