25 janvier 2018

Pitié, ces artistes vivent en enfer !

Sophie Durocher

Dans un peu plus d’un an, les vaillants employés de l’ONF déménageront leurs pénates en plein quartier des spectacles, dans leur tout nouveau siège social. Hier à Radio-Canada, Céline Galipeau nous a présenté un reportage sur le chantier de ces futurs locaux.

Vous pouvez le voir ici.

Misère ! À entendre parler le reporter Maxence Bilodeau, c’est comme si en ce moment les employés de l’ONF étaient exilés dans un goulag.

Pour décrire les locaux actuels de l’ONF il a parlé de: «Un édifice du bout du monde », « perdu le long de l’autoroute métropolitaine ».

Ville St-Laurent, c’est le bout du monde ? Ils ne sont quand même pas à Ouagadougou ou à Kuujjuak, bordel !

Un peu plus, et il utilisait pour parler de l’emplacement de l’ONF les mêmes termes que Trump utilise pour décrire Haïti, « le shithole de la Métropolitaine ».

Le plus drôle, c’est quand Bilodeau interviewe une cinéaste d’animation : « Comme y’a rien d’autre à faire ici, vous étiez condamné à créer », lui lance-t-il.

Voyons donc, ces pôvres employés de l’ONF ont-ils été expulsés de la vie normale des créateurs et obligés de vivre dans la Sibérie culturelle de Côte-de-Liesse ? C’est sûr que c’est pas évident de trouver de la salade de quinoa ou des espressos servis par un barista tatoué à barbe, mais ce n’est quand même pas le trou du cul du monde !

Vous vous demandiez comment les créateurs ont pu survivre toutes ces années dans un tel désert culturel ? « On est condamné à manger ensemble », lui répond la cinéaste d’animation qui semble vraiment trouver que c’est un terrible frein à la création de ne pas pouvoir manger dans des petits restos sympas du quartier des spectacles à l’heure du lunch.

Imaginez comme ils doivent souffrir, les grands créateurs de l’ONF : ils sont obligés... j’ai de la difficulté même à vous en parler... ils sont obligés de côtoyer... un concessionnaire automobile.

Mais c’est intenable !

Dans un an, quand les 250 employés de l’ONF auront déménagé dans les splendides locaux du quartier des spectacles, et que vous les croiserez dans un petit resto sympa du coin, en train de déguster un verre de vin bio ou un carpaccio de betteraves avec leurs amis peintres, galéristes ou designers, j’espère que vous aurez une petite pensée pour eux. Enfin, ils auront pu réintégrer leur milieu naturel, le cœur névralgique de la création.

Enfin, ils auront pu échapper à la prison, que dis-je, à la torture de vivre parmi la plèbe, entourés de vendeurs de chars !