11 décembre 2007

Je poke, donc je suis

J'ai ouvert mon compte Facebook il y a six mois, cynique comme tout. Chaque fois que j'allais gosser dans mon profil, consulter mes courriels, répondre à un poke ou envoyer une chanson à un «ami», je me disais: Maudit que c'est niaiseux.

Six mois plus tard, je ne suis plus cynique, je ne me sens plus niaiseux. Je suis sur Facebook, c'est un arrêt obligé de tous mes voyages sur le web. Facebook est une rallonge de mon identité réelle, l'abri Tempo de ma vie virtuelle.

Je suis monté dans le train Facebook par effet de mode. Par conformisme social, totalement. Tanné d'entendre «Es-tu sur Facebook?» et de me faire envoyer des invitations à m'y joindre, j'ai fini par cliquer sur ACCEPT.

Six mois plus tard, je réalise que Facebook est surtout la manifestation bien concrète, bien tangible d'une réalité bien moderne: une partie de notre identité, de nos jours, se trouve sur le web. Ça, ça existait déjà, je sais avant juin 2007. Mais Facebook a ajouté LE truc qui manquait à notre identité virtuelle: celles des autres. Une communauté. Une place publique.

Tiens, j'écris ces lignes à 18h 56, lundi. J'embarque sur Facebook, question de voir ce que mes «amis» vivent, pensent, font.

Je vois que Pascale est «en amour».

Que Martin «a besoin d'air frais».

Que Sylvie est «furieuse parce que les gars sont pas honnêtes et j'aimerais qu'ils cessent de me prendre pour une conne».

Émilie «en a marre des murs beiges de l'université», Charles est «à la maison», Jacinthe «a plein de bonnes idées», Denis «a retrouvé la voix», mon ami Brett (que j'ai pas vu depuis l'université, que j'ai retrouvé via Facebook) «est content d'avoir fini de couvrir le procès Pickton», Sara a le rhube.

Et je vois que le papa de Véronique «est fort comme Rambo»...

Tout ce que je viens de vous lire est tiré de la section «statut» de quelques-uns de mes «amis», un espace où, en quelques lignes, on résume ce que l'on «est», à ce moment bien précis. Chacun de nos amis est avisé d'une mise à jour de notre statut.

Comme je disais: une place publique, un espace commun...

Facebook, c'est ce besoin humain viscéral, millénaire, pas tuable: être ensemble, en gang, en groupe, jaser, échanger. Entre amis.

Je n'ai pas une très grosse famille. Ma tante du Nouveau-Brunswick est tout ce qui reste avec sa fille, du «côté de ma mère» de mon arbre généalogique. Facebook, pour garder le lien, c'est providentiel. Exemple: ce week-end, j'ai mis sur mon profil une photo de mon fils. Comme ça, sans y penser.

Message de ma tante, sous la photo: Il est pareil comme toi, quand t'avais son âge !

La connaissant, elle a bien dû brailler, à Moncton...

Facebook, c'est aussi ça. C'est garder un lien, c'est entretenir des relations, sans y penser. Et, je le dis avec un peu de honte: sans effort. Sans trop d'effort. Facebook permet de garder contact facilement.

Ce qui m'amène aux anti-Facebook.

Eh, misère, les anti-Facebook...

Les anti-Facebook chipotent: pourquoi avoir des «amis» virtuels, quand on peut les voir en personne? Ils sont tout fiers de dire que, eux, non, ils «perdent pas de temps là-dessus, pfff ! ». Qu'ils vivent « dans la vraie vie ».

Bref, le vieux débat du web: la «vraie vie» contre la «vie virtuelle».

Faux débat. Mauvais débat. Ceux-là sont dans le champ.

On n'aime pas moins ses amis parce qu'on a des «amis» sur Facebook. On peut mâcher de la gomme et surfer sur le web en même temps, merde.

Facebook ne bouffe pas de temps à ma vie réelle. La télé, par contre, bouffe combien de temps à nos vies? On est rendu à quoi, 24, 26 heures d'écoute par semaine, en moyenne ?

Non, je ne fréquente pas moins mes amis à cause de Facebook.

Je regarde moins de télé, par contre.

Facebook est un changement de paradigme, de culture, d'époque. Facebook, c'est Google, c'est YouTube, c'est Hotmail, c'est iTunes, c'est un club de rencontres, c'est un fan-club, c'est la cour d'école, c'est un rave et c'est une arène politique. Tout ça en même temps. Tout ça imbriqué, interrelié, en interactivité.

C'est une révolution, surtout. Comme le fut Google. Riez si vous voulez.

Il y a de tout, sur Facebook. Pas que des «amis». Il y a des pétitions. Des cadeaux à donner, à recevoir. Des groupes d'intérêts politiques, sociaux, sportifs, culturels. Il y a, bref, de la vie intelligente, sur Facebook...

Tiens, il y a un groupe «Je n'aime pas Patrick Lagacé» sur Facebook. Quand je suis tombé dessus, il n'y avait que trois membres. J'y ai invité tous mes amis! Je suis heureux d'avoir fait gonfler le nombre de membres de ce groupe-là. Il y a une poésie à combattre nos ennemis par l'absurde, non ?

Je disais que je suis monté dans le train Facebook par conformisme, par effet de mode.

Mais j'y suis encore parce que je suis un animal grégaire, une bête sociale. Un être humain, quoi...

Un être humain du XXIe siècle. Un pied dans le réel. L'autre dans le virtuel.


11 décembre 2007

Facebook et mes bigoudis

Il y a une douzaine d'années, j'ai suivi un programme de formation professionnelle pendant un an, à Paris, avec un groupe de journalistes d'un peu partout sur la planète.

Malheureusement, l'organisme qui chapeautait le tout n'existe plus et c'est terriblement dommage. Mais m'est resté de cette année un réseau d'amitiés journalistiques en Europe et en Amérique, que je chéris plus que tout. Si bien que, au printemps dernier, lorsqu'un ami journaliste d'Oslo - une sorte de Michel Désautels norvégien - a proposé qu'on crée un groupe d'anciens de ce programme sur Facebook pour raviver les échanges et aider à garder le contact, j'ai dit oui tout de go.

J'avais entendu parler du concept Facebook par un long article du New Yorker sur le fondateur l'an dernier, mais je n'avais alors aucune idée de ce qui m'attendait.

Suis-je devenue accro depuis ? Pas du tout. J'aime bien, mais j'y marche avec l'assurance d'une matante qui doit traverser une rivière alors qu'elle ne sait pas nager.

Bref, je suis partante, mais craintive.

Autant j'aime bien l'idée de cet outil informatique et tout ce qu'il permet de faire pour échanger avec les amis - photos, invitations, liens, vidéos, etc. - autant je suis terrifiée à l'idée que ma bulle privée soit envahie.

Autant j'aime quand je reçois une demande d'amitié d'un vieil ami ou d'une connaissance intéressante, autant je sursaute quand un pur inconnu se manifeste. Chaque fois je me sens prise au dépourvu : « Mais où il a pris, ça, lui, que j'étais sur Facebook ? »

Matante ! Allô !

Le problème avec l'internet, c'est que les frontières de la vie privée y sont imprévues. Avec mon blogue, j'ai l'impression que les lecteurs sont très près, parfois presque trop tellement l'interaction est immédiate. Comme si vous étiez dans mon salon à me regarder écrire. Avec le courriel, aucun problème. Je reçois du courrier. J'efface ou je réponds. Je me sens loin, plus protégée, allez savoir pourquoi.

Sur Facebook, j'ai l'impression que chaque fois que je parle, ma bulle pourrait crever. Si bien que je n'arrive pas à me convaincre de sortir du mode pépère des débuts, de peur de trop en dire, d'ouvrir mon jeu.

Voyez. Je vous écris et j'ai peur de ce que ça va donner sur Facebook.

Je pense que je vais me désabonner.

Dans le fond, tout ce que je voulais, au début, c'était une «plateforme» pour me tenir au courant de la vie de mes copains journalistes dans le monde. Et me voilà avec l'impression d'être en chemise de nuit et en bigoudis devant vous tous.


11 décembre 2007

Gare à votre vie privée

En ajoutant récemment à sa plateforme publicitaire un mouchard virtuel suivant à la trace les activités de ses membres sur une trentaine de sites affiliés, Facebook a déclenché une levée de boucliers sans précédent aux États-Unis. Rien d'étonnant, disent les experts du droit à la vie privée : le site de réseautage est particulièrement gourmand en renseignements personnels. Il suffit de lire le formulaire de consentement pour le constater.

Tristan Péloquin

Annoncée le 6 novembre dernier comme une grande nouveauté permettant aux utilisateurs de «se brancher sur les choses qui les passionnent vraiment», la nouvelle plateforme publicitaire de Facebook est d'abord passée presque inaperçue.

Puis les premières vagues ont déferlé deux semaines plus tard, lorsque le groupe de pression américain MoveOn.org a dénoncé l'existence de «Beacon», nouvelle fonction de la plateforme permettant aux utilisateurs d'afficher sur leur profil tous leurs achats effectués en ligne sur 35 sites affiliés. En louant par exemple un film sur le site de Blockbuster, les membres se faisaient proposer par Beacon d'afficher le titre et une photo du boîtier sur leur profil, et d'en aviser tous leurs amis sur le «news feed».

A priori, rien de trop inquiétant jusque-là, puisqu'une option permettait facilement de décliner les demandes de participation ponctuelles de Beacon. Mais une enquête approfondie de la firme Computer Associates a révélé que Beacon, loin d'être aussi anodin qu'il n'y paraît, rapporte secrètement à Facebook non seulement toutes les activités de ses membres sur ses 35 sites affiliés, mais il le fait même si les utilisateurs ont fermé leur page Facebook et, pire, même s'ils ont formellement décliné l'invitation de participer au programme.

Mitraillé de reproches à cause de cette controverse, Facebook a annoncé la semaine dernière des modifications majeures à Beacon.

«Nous avons mal fait notre boulot en lançant cette option, et je m'en excuse», a dit Mark Zuckerberg, le jeune fondateur de Facebook, sur son blogue.

L'entrepreneur de 23 ans ne fait aucune mention dans son mea-culpa des informations recueillies en secret par Facebook, se contentant de dire que le mécanisme aurait dû permettre une inclusion volontaire des membres plutôt qu'une inclusion automatique avec possibilité de retrait (opta in plutôt qu'opta out).

Tsunami virtuel : internautes insatisfaits
Partout sur la Toile, l'affaire Beacon s'est peu à peu transformée en tsunami virtuel. Des milliers d'internautes stupéfaits des façons de faire de Facebook ont exprimé leur frustration.

Et, pourtant, le formulaire de consentement de cinq pages que tous les utilisateurs de Facebook doivent obligatoirement signer avant de créer leur profil (formulaire auquel s'ajoutent d'ailleurs une cinquantaine d'autres pages pour le Code de conduite, la Politique de droits d'auteur, les Conditions d'utilisation et les autres règlements internes du site) est on ne peut plus clair.

«Facebook peut recueillir de l'information à votre sujet auprès de différentes sources, comme les journaux, les blogues, les services de messagerie instantanée ainsi qu'auprès de tous les autres utilisateurs de Facebook (notamment dans les légendes photos) et ce, de façon à vous offrir une expérience plus utile et plus personnalisée», peut-on lire dans le document disponible uniquement en anglais.

«Par exemple, si vous indiquez quel est votre film favori dans votre profil, nous pouvons nous en servir pour vous livrer une publicité soulignant la sortie d'un film similaire dans votre ville. Mais nous ne disons pas à la compagnie de film qui vous êtes», précise Facebook un peu plus loin.

Une «liberté d'action gigantesque»
«Le contrat de Facebook est un des plus nuls qu'il m'ait été donné de voir», affirme sans détour Vincent Gautrais, titulaire de la chaire de l'Université de Montréal en droit de la sécurité et des affaires électroniques.

« Non seulement donne-t-il une liberté d'action gigantesque à Facebook, mais il compte un nombre démesuré de pages - j'en ai compté en tout et pour tout plus de 60 - écrites en petits caractères. Et il suffit d'un clic pour le signer. Je trouve que c'est une pratique très adolescente», ajoute-t-il.

Trop de risques
Benoit Gagnon, spécialiste de la sécurité cybernétique à la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, déplore pour sa part que rien dans le contrat de Facebook n'indique précisément ce qui est fait pour protéger les teraoctets de données personnelles recueillies par le site.

«D'une part, aucun système de sécurité informatique n'est à l'abri des hackers. Mais on peut aussi se demander ce qui se passe si les données sont perdues, si un employé malhonnête s'en empare, ou encore si Facebook est vendu à une autre entreprise», lance-t-il. Quiconque tomberait sur la banque de données personnelle d'un utilisateur pourrait facilement usurper son identité en imitant presque à la perfection son comportement, craint le spécialiste.

«Malheureusement, les façons de faire comme celle de Facebook ont été reconnues récemment par la Cour suprême dans un litige concernant Dell, déplore Vincent Gautrais. L'attitude des tribunaux est de dire: «On ne nous a pas fait la preuve que c'est difficile de lire un contrat semblable. Alors c'est correct de les imposer en exigeant un simple clic de souris.»


11 décembre 2007

Des traces électroniques qui déragent

Pour les chasseurs de tête comme Marko Boyer, qui gagne sa vie en dénichant des candidats pour des postes à combler dans de grosses entreprises, Facebook est une manne.

Tristan Péloquin

«J'y trouve toutes sortes d'informations. Elles sont parfois positives, parfois négatives, mais chose certaine, j'évite beaucoup de démarches inutiles en consultant d'abord le profil d'un candidat potentiel», dit-il.

Facebook n'est d'ailleurs pas sa seule source d'informations sur le web. «Je me sers aussi beaucoup de Google et de LinkedIn (un site de réseautage pour gens d'affaires) dans mon travail», indique-t-il.

«Je cherche la moindre trace électronique qui pourrait m'aider à mieux cerner un individu. Un profil sur Facebook peut, par exemple, me donner une idée de l'apparence physique d'un candidat, du genre de propos qu'il tient, et s'il a l'air dynamique», précise le chasseur de têtes qui, pour le compte de Courtech, recrute notamment des avocats pour de grandes firmes montréalaises.

«Il m'arrive aussi d'y trouver des informations plus délicates. Souvent, ce sont des blagues à caractère discriminatoire, sexuel ou religieux, ou encore des idées politiques. Si je tombe sur de telles informations, je le souligne dans mon rapport», ajoute M. Boyer.

Plusieurs firmes d'enquêtes privées qui s'affichent dans les Pages Jaunes utilisent les mêmes méthodes, explique Rhéaume Perreault, conseiller en ressources humaines agréé chez Heenan Blaikie.

«Pour tout ce qui est enquête de pré-emploi, particulièrement pour les métiers de cols blancs, les vérifications sur l'internet sont monnaie courante, dit-il. Elles s'ajoutent maintenant aux enquêtes de crédit et aux vérifications d'antécédents criminels faites par ces firmes.»

Selon une enquête menée en 2006 auprès de 100 employeurs par la firme de recrutement ExecuNet, 77% des employeurs utilisent les moteurs de recherche internet pour glaner de l'information sur un candidat potentiel. Plus du tiers d'entre eux ont avoué avoir éliminé une candidature sur la base de ce qu'ils ont trouvé sur la Toile.

«Le seul conseil que je peux donner aux gens, c'est de prendre conscience que tout ce qu'ils écrivent sur des supports électroniques laisse des traces quasi indélébiles, dit Marko Boyer. Il faut faire preuve d'une prudence extrême sur le Net.»

À défaut d'être prudents, les internautes peuvent aussi se retourner vers ReputationDefender, une jeune entreprise internet de la Sillicon Valley qui, moyennant un abonnement mensuel d'une dizaine de dollars, surveille la Toile à la recherche de la moindre information concernant ses clients.

«Nous leur envoyons une fois par mois un rapport de veille. S'il y a une information les touchant qu'ils souhaitent faire disparaître de l'internet, nous nous en occupons pour 29,95$», explique Paul Pennelli, directeur du marketing de l'entreprise.

«Il n'y a aucune garantie que nous arriverons à faire disparaître les informations, précise-t-il. Nous ne faisons par exemple aucune approche auprès des sites de journaux ou gouvernementaux, sur lesquels nous n'avons aucun pouvoir. Par contre, sur des sites comme YouTube, nous pouvons arriver à faire retirer un clip ou une information dérangeant. Nous expliquons la situation et le point de vue de notre client, et notre succès dépend largement de la complexité du cas», résume M. Pennelli, qui assure compter plusieurs vedettes d'envergure parmi sa clientèle.

Selon lui, si les moteurs de recherche comme Google et Yahoo! ont généré beaucoup d'inquiétude par leur capacité de conserver en cache des données pendant plusieurs années, les sites de réseautage comme Facebook apportent une toute autre problématique.

«Ils sont une source majeure de tension entre les usagers parce que les gens qui s'en servent n'ont pas le contrôle sur ce que les autres utilisateurs disent d'eux», résume M.Pennelli.


11 décembre 2007

L'amitié démocratisée

En à peine six mois le site de réseautage Facebook est devenu incontournable: 6,9 millions d'internautes canadiens y retournent au moins une fois par mois, dont plus de 200 000 Montréalais. Montréal serait la neuvième ville d'origine des utilisateurs. En tête de liste, on retrouve Londres, Toronto et Vancouver.

Nicolas Ritoux

Un peu plus de six mois après son ouverture au grand public, ce site de réseautage, auparavant réservé aux campus universitaires américains, enregistre chaque jour 250 000 nouveaux utilisateurs.

Sur Facebook, beaucoup sont des nouveaux accros du web qui n'ont jamais été friands de réseautage en ligne. Pour preuve, San Francisco n'apparaît même pas dans le palmarès des 25 villes d'origine des utilisateurs; d'ordinaire, c'est là que naissent et meurent la plupart des succès du web. Facebook semble avoir recruté une nouvelle vague d'internautes, auparavant peu actifs sur le web.

Parmi eux, Nancy (nom fictif), conseillère à la clientèle dans une agence de publicité de Montréal: «J'ai embarqué avec tout le monde dans la grosse vague du printemps et, par un effet boule de neige, je suis rendue à 160 amis, et des vrais! Habituellement, je ne me sers pas vraiment du web, en dehors du travail. Je ne magasine pas en ligne et je ne vais pas dans les sites de rencontre. Mais sur Facebook, j'ai rencontré plusieurs hommes intéressants. C'est une séduction plus subtile, du fait qu'on se rencontre par personnes interposées et qu'on échange du contenu. Mais je m'en sers aussi pour le courriel, les invitations à des événements, etc.»

Même chose pour Natasha, 30 ans (nom fictif), responsable de projet chez un câblodistributeur: «Je passe une heure et demie chaque soir sur Facebook, alors qu'avant je ne touchais pas à mon ordinateur en rentrant du bureau. J'ai repris contact avec des amis du secondaire, des gens que j'avais perdu de vue; on a recommencé à jaser. Je continue à penser que c'est une perte de temps de faire de l'ordinateur chez soi, mais Facebook, c'est différent. C'est un réseau social où je corresponds avec des gens que je connais bien.»

«J'ai beaucoup d'amis dans la trentaine qui ne s'intéressaient pas au web et se sont mis à Facebook», dit Hugh McGuire, entrepreneur web montréalais.

«Certains d'entre eux sont des expatriés dont je n'entendais plus parler depuis des années. Un des atouts qui séduit ce nouveau public, c'est le fait qu'on doive donner son vrai nom, contrairement à la plupart des sites de réseautage où on peut facilement se cacher derrière un personnage», pense M. McGuire.

C'est le cas de Marc-André Fortin. Ce travailleur de la construction de 27 ans n'avait pas touché à un ordinateur depuis 10 ans. Maintenant, il passe deux à trois heures par jour sur Facebook. «Je revois du monde que j'ai pas vu depuis longtemps; je participe à des pools de hockey et je rencontre même des jolies filles. Dans mon milieu, personne ne fait de l'internet. Ça me prenait Facebook pour me motiver. Le courriel et le clavardage, ça ne me disait rien, mais là, j'échange vraiment avec des amis.»

Bref, il semble que Facebook a réussi là où les sites de réseautage précédents ont échoué, de Friendster à MySpace en passant par Orkut, Tribe.net, LiveJournal et une quarantaine d'autres qui offrent des fonctions similaires.


11 décembre 2007

Mark Zuckerberg dans la cour des grands

'histoire commence à être connue: quelque part dans un dortoir d'université aux États-Unis, un étudiant invente un site internet de réseautage social. Des centaines de personnes s'y joignent. Puis des millions. L'étudiant est soudainement en demande. Il passe à Good Morning America et sourit à la une du USA Today. Dans la constellation du Net, une nouvelle étoile est née.

C'est ce qui est arrivé à Mark Zuckerberg cette année. Son site, Facebook, n'a pas été inventé en 2007, mais c'est cette année qu'il a pris son envol. Aujourd'hui, Facebook compte 43 millions d'abonnés, selon un article publié récemment dans le journal Hollywood Reporter. Sur le Net, c'est encore le site de réseautage MySpace qui règne, avec 70 millions de membres. Mais le nombre d'inscriptions à MySpace a été multiplié par six depuis le début de l'année, tandis que MySpace a connu une croissance d'à peine 20%.

À 23 ans, M. Zuckerberg, ancien d'Harvard, se retrouve ainsi à la tête d'une entreprise de 350 employés. Fondée sur le campus d'Harvard, au Massachusetts, Facebook a son siège social à Palo Alto, en Californie. Petite ville située dans la Silicon Valley, Palo Alto est connue pour ses résidants célèbres: Steve Jobs, fondateur d'Apple, et Sergey Brin et Lawrence Page, cofondateurs de Google.