9 mai 1994


On aperçoit ci-haut Louis, en compagnie de
son père et de sa grande soeur Stéphanie, écoutant très
attentivement les explications de l'agent William Bumbray.
photo : Bernard Brault

Marie-France Léger

Les policiers du poste 14, situé au 12 001 Cavendish, à Saint-Laurent, font des efforts constants pour attirer dans leurs rangs des jeunes des communautés ethniques mais la méfiance persiste.

C'est ce qu'a expliqué hier le capitaine Jean-Pierre Laperle à l'occasion de la Journée porte ouverte organisée dans le cadre de la Semaine de la police. Le poste 14, un des trois postes régionaux de la police de la CUM, regroupe plus de 170 policiers.

Les policiers italiens sont nombreux et on compte quelques Portugais et Espagnols. Mais on n'y trouve actuellement qu'un seul policier noir et qu'un seul policier asiatique. Pourtant, 70 ethnies différentes composent la population de Saint-Laurent.

« On fait beaucoup pour aller les chercher. Mais il y en a encore très peu. Dans leur pays d'origine, on a souvent peur de la police, a constaté le capitaine Laperie. Cette année, on a eu un projet avec la communauté laotienne. On est allé les rencontrer. »

« Entrer dans la police, c'est souvent mal vu de leur famille. On avait un autre policier vietnamien avant et ses proches n'acceptaient pas qu'il soit dans la police. Le jeune Vietnamien qui est avec nous maintenant n'a pas les mêmes problèmes avec sa famille », a souligné de son côté le lieutenant Jacques Fradette.

Un objectif de rapprochement
Des journées comme celle d'hier servent justement à rapprocher les policiers de la population. Entre 12h et 17h, les familles du secteur ont visité les locaux administratifs, le bureau des enquêtes, les cellules, la salle de tir et elles se sont familiarisées avec les équipements.

Le poste 14 est un des rares postes de la CUM à être équipé d'un système FACE, un ordinateur qui confectionne entre autres les portraits-robots de suspects. Les visiteurs ont également noté la présence de caméras de surveillance qui captent ce qui se passe à l'intérieur des cellules et dans le poste. « Nos caméras n'enregistrent pas. On aimerait avoir un équipement plus moderne mais ça coûte très cher », a repris Jacques Fradette.

L'agent William Bumbray, de la Police jeunesse, a dirigé hier quelques visites guidées. Il a «enfermé» un petit groupe de curieux dans la cellule pour mineurs et ensuite dans une des cellules avec barreaux réservées aux plus vieux, histoire de leur donner un petit frisson. « Ici, le menu est simple, un sandwich au jambon ou un sandwich aux oeufs. Pour ceux qui suivent un régime particulier, c'est plus difficile » a-t-il lancé avec bonne humeur.

Dans la salle de tir, les jeunes étaient particulièrement impressionnés, surtout quand un policier leur a permis de soupeser un .357 magnum, vidé de ses balles, barillet ouvert. Le jeune Louis, 14 ans, avait les yeux grand ouverts. «Ça m'impressionne, tout ce travail que font les policiers. Ça fait deux ou trois ans que je pense à ça. Je vais m'inscrire à un cégep qui donne des cours de techniques policières. Parmi mes amis, il n'y en a pas beaucoup qui veulent être policiers. Ils me disent que c'est des mangeux de beignes. Moi, j'aimerais enquêter dans une voiture banalisée», a-t-il expliqué avec enthousiasme.